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Europe

Allemagne Angela Merkel France François Hollande Nicolas Sarkozy Union Européenne

Relations franco-allemandes: des noces d'or sans romantisme

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La France et l’Allemagne célèbrent ce mardi 22 janvier le cinquantième anniversaire du traité d'amitié franco-allemande, dit « Traité de l’Elysée ». Ces célébrations interviennent sur fond de malentendus entre les deux pays et sans grand projet d’avenir. Même si les deux Etats continuent d'entretenir des liens très étroits.

De notre correspondant à Berlin,

Dans un article récent, le quotidien Le Monde a dénoncé les festivités prévues cette semaine pour célébrer la coopération entre les deux pays alors que ce qu’on appelle, par un raccourci médiatique un peu simpliste, « le couple franco-allemand » accumule les coups de canifs dans le contrat de mariage conclu en 1963.

« Discorde créative »

Mais les dissensions actuelles depuis l’élection de François Hollande ne doivent pas faire oublier que la relation franco-allemande n’a été qu’une suite de crises et de compromis trouvés sur la base de conflits et de points de vue divergents. C’est ce que la politologue du European Council on Foreign Relations à Berlin, Ulrike Guérot, appelle « la discorde créative ». Les deux pays les plus importants de l’Union européenne sont par leurs conceptions économiques et financières deux prototypes de deux modèles présents sur le Vieux Continent. Un compromis entre la France mettant plus l’accent sur une politique de la demande et la solidarité, et une Allemagne plus libérale, insistant sur la rigueur budgétaire, est susceptible d’être repris par l’ensemble des partenaires. Surtout si d’autres pays sont associés, ce qui est plus nécessaire qu’autrefois dans une Europe à 27.

« Merkozy »

Pour Ulrike Guérot toujours, la quasi-symbiose entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel - baptisée « Merkozy » - était « un désastre » car ce mécanisme ne fonctionnait plus.

L’alignement de la France sur les positions allemandes contribuait à présenter les propositions faites par Paris et Berlin comme l’expression d’une hégémonie germanique qui a suscité des réactions négatives en Europe, notamment dans les pays du sud particulièrement frappés par la crise.

« Merkozy » ne doit pas faire oublier que les débuts de ce même couple ont été tout sauf sereins. Berlin a peu apprécié le projet d’Union pour la Méditerranée de Paris auquel les pays du nord de l’Europe ne devaient d’abord pas participer. Les hésitations de l’Allemagne critiquées par la France au début de la crise de l’euro ont été également illustrées par cette première phase difficile.

L’engagement résolu d’Angela Merkel en faveur de Nicolas Sarkozy, le refus de la chancelière de recevoir le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande ont laissé des traces. Pour se démarquer de son prédécesseur, le nouveau chef de l’Etat français a, dès son élection, insisté sur les différends avec Berlin, notamment sur la politique européenne, exigeant une attention plus soutenue à la croissance à côté de l’assainissement des finances publiques et prônant une plus grande solidarité entre les pays de l’Union.

Asymétrie

Plus globalement, la relation franco-allemande souffre d’une asymétrie entre les deux partenaires nocive pour le bon fonctionnement de cette coopération. Les difficultés économiques et budgétaires de la France font craindre en Allemagne un décrochage de Paris qui dans le pire des cas serait fatal pour l’Europe, l’Allemagne ne pouvant à elle seule sauver l’Europe. « La France sera-t-elle la nouvelle Grèce ? », s'interrogeait ainsi il y a quelques semaines le quotidien populaire Bild Zeitung. La presse allemande a d'ailleurs tiré à boulets rouges sur la France depuis l’élection de François Hollande, dénonçant les réformes économiques du nouveau président et ce que les commentateurs allemands considèrent comme l’impossibilité du pays voisin de se réformer.

Hormis la zone euro, un certain nombre de dossiers viennent entacher les noces d’or franco-allemandes. Sur le plan international, il s'agit tout d'abord de la réserve allemande à soutenir autrement que verbalement - et avec deux avions de transport - la France dans son intervention au Mali. Une situation critiquée en Allemagne et qui rappelle l’abstention de Berlin lors de l’intervention en Libye. A cela s’ajoutent sur un plan bilatéral les bisbilles de l’automne dernier qui ont vu capoter la naissance d’un géant mondial de l’aéronautique avec une fusion d’EADS et du britannique BAE ou, plus récemment, le rapatriement des réserves en or de la Bundesbank encore entreposées à Paris.

Merkollande : le nouveau tandem franco-allemand 11/10/2013 - par RFI écouter

Partenaires malgré tout

En dépit de ce bilan quelque peu négatif, le cadre global fonctionne. Il n’existe pas au monde deux Etats qui entretiennent autant de relations : échanges entre les responsables politiques et les fonctionnaires, jumelages entre communes, doubles diplômes universitaires, mariages mixtes, etc… Chaque pays reste pour l’autre le principal partenaire. Certes, de récents sondages montrent que les bons vieux clichés ont la vie dure, qu’il s’agisse des Allemands consciencieux et travailleurs d’un côté et des Français champions du savoir-vivre de l’autre.

La première génération qui a posé les fondements de cette relation pour surmonter les guerres du passé et mettre en œuvre une nécessaire réconciliation n’interpelle plus les jeunes. A une relation privilégiée quelque peu romantique et en partie exclusive a succédé une normalisation et une banalisation. Le pays voisin est plus perçu comme un partenaire que comme un ami.

De grands symboles ne sont pas à attendre des célébrations de ce cinquantième anniversaire. Beaucoup a déjà été fait et le risque du gadget médiatique existe. La résolution commune des deux gouvernements mettra l’accent sur l’élargissement des échanges de jeunes au-delà des étudiants, jusqu’à présent surtout visés, et sur les questions énergétiques - malgré de grandes différences sur le dossier nucléaire.

Cinquante ans après, le couple franco-allemand n’enthousiasme plus que des convaincus dont l’écho ne dépasse guère leur petit quant-à-soi. Un nouvel élan ne peut résider que dans des actes qui dépassent le strict cadre bilatéral pour notamment faire de nouvelles propositions franco-allemandes - ou franco-germano-polonaises ? - pour l’Europe de demain, qui se font attendre depuis les années 90.

Pour le quarantième anniversaire du traité de l’Elysée il y a dix ans, le gouvernement et le parlement allemand s’étaient rendus à Versailles, symbole de la défaite française de 1870 et de celle de l’Allemagne en 1918 avec le traité du même nom signé sur place.

Cette fois, voyage retour. François Hollande arrive dès aujourd’hui à Berlin où il rencontrera avec Angela Merkel des jeunes français et allemands à la chancellerie avant un dîner commun. Les célébrations du cinquantenaire auront lieu avant mardi. Comme cela est le cas depuis dix ans, les deux gouvernements tiendront un Conseil des ministres commun et les ministres auront des rencontres bilatérales. Une résolution commune sera publiée.

Parallèlement, les deux Parlements se rencontreront. Environ 450 députés français seront à Berlin pour une session commune avec le Bundestag mardi après-midi. Le Bundestag et l’Assemblée nationale adopteront lors de cette session commune une résolution prévoyant notamment un renforcement de leur coopération. La journée s’achèvera en musique avec un concert à la Philharmonie de Berlin avec 2 500 invités, dont 1 000 personnes ayant œuvré au sein de la coopération franco-allemande.

Et les amateurs de reliques pourront toujours se procurer la pièce de deux euros fabriquée pour l’occasion ou le timbre franco-allemand publié pour célébrer l’événement.

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