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    «Entre les deux rives de la Méditerranée» (4/5): «Cadavre exquis»

    media Dans son installation «Gaza Zoo» (2009), l'artiste palestinien Sharif Waked montre un âne dans une douche, peint pour qu'il ressemble à un zèbre. Ce camouflage a eu lieu dans un zoo de Gaza, endommagé par les incursions militaires israéliennes. Siegfried Forster / RFI

    Le procédé est surréaliste dans le meilleur sens du mot. L’exposition Cadavre exquis revisite une pratique des artistes surréalistes, qui consiste à faire réagir chaque participant à la création précédente. Quinze artistes méditerranéens – dont le prix Nobel de littérature Orhan Pamuk, mais aussi Nourredine Ferroukhi, Sigalit Landau ou Ilias Poulos - ont honoré l’invitation du musée Granet à Aix-en-Provence pour créer une « suite méditerranéenne ». Le sous-titre rend visible l’ambition du parcours : engendrer un dialogue par excellence entre les cultures du pourtour méditerranéen. Entretien avec Bruno Ely, directeur du musée Granet.

    L’exposition est intitulée Cadavre exquis, suite méditerranéenne. De quelle suite s’agit-il ?

    C’est un peu comme une suite musicale ou poétique où vont se mettre bout à bout un certain nombre de créations d’artistes différents, de quinze pays différents, et qui vont chacun à leur manière garder à la fois tout à fait leur identité et s’inscrire dans une création commune puisque chacune de ces œuvres présentées est une création spécifiquement faite pour cette exposition.

    Cadavre exquis, c’est un jeu inventé par les surréalistes. Est- ce que la méthode est toujours d’actualité au XXIe siècle ?

    Elle est d’actualité, mais pour un respect de liberté d’avoir aussi une façon large de concevoir le Cadavre exquis et non pas le petit bout de dessin comme les amis d’André Breton pouvaient le faire. C’est d’avoir fait se rencontrer les artistes avant leur création, c’est d’avoir fait venir ces artistes au musée pour qu’ils prennent possession du lieu, les avoir fait dialoguer entre eux pour qu’ensuite, à leur manière, chacun crée dans son pays par rapport à son passé, à sa culture, par rapport à son identité, une œuvre qui puisse raconter une ou plusieurs histoires à l’intérieur du parcours.

    Ce sont des créations entre les deux rives de la Méditerranée. En quoi peut-on ressentir cette spécificité, cette particularité ?

    D’abord parce qu’il y a les langues de chacun de ces pays. Beaucoup de ces installations, projections, vidéos portent une identité forte par la langue qui est utilisée soit écrite, parfois sur les murs directement, soit parfois dans les vidéos, soit le son qui nous porte cette différence presque systématique. En même temps, il y a aussi cette idée que nous voulions dans la diversité des identités, la diversité des expressions. Nous avons, par exemple, deux écrivains poètes, une chorégraphe, une musicienne, des vidéastes, peintres, sculpteurs, donc des différents supports, des différents moyens de création qui se conjuguent et qui rajoutent encore à cette forme de complexité que nous souhaitions dans ce projet. Dans le catalogue, ce sont des psychologues, des historiens, des économistes, des politologues, des artistes qui se sont exprimés dans ce qu’on appelle un glossaire, plutôt que de faire de longs textes. Ce sont des mots qui ont un lien évidemment avec la Méditerranée et qui se trouvent définis par l’ensemble de ces personnalités et de ces métiers très différents.

    Ce sont des commandes spécifiques pour cette exposition. Dans quel état avez-vous trouvé la création contemporaine méditerranéenne ?

    Je dirais : dans un état d’effervescence. Nous souhaitions évidemment ne pas gommer toutes les références politiques, économiques de ces différents pays. En même temps, nous souhaitions mettre en avant ce qu'était la poésie, l’humour, le décalage, la vision d’en haut, c’est-à-dire ne pas s’enfoncer dans ce qu’est la réalité matérielle, mais rester au niveau de ce que, intellectuellement, on peut avoir de mieux dans l’humanité. De ce point de vue-là, nous avions un travail de mise à distance de deuxième, voire de troisième degré, pour affronter la réalité. Il n’était pas question du tout de l’oublier et de l’oblitérer, mais de la voir différemment.

    Bruno Ely, commissaire de l'exposition "Cadavre exquis, suite méditerranéenne". 11/10/2013 - par Siegfried Forster Écouter

    On passe d’une idée de la Tour de Babel effondrée, cette tour qui avait été construite pour l’unité de l’humanité qui s’est désagrégée dans la décomposition justement des langues, et dans la multiplication des langues, dans un repas qui fait référence évidemment au dîner de Platon, à la scène du Christ. Une artiste chypriote s’est emparée de l’image d’Aphrodite parce que c’est la divinité de Chypre. Une chorégraphe marocaine montre comment elle va puiser dans le désert, la source de son inspiration. Le Turc Orhan Pamuk, prix Nobel de la littérature en 2006, nous fait découvrir pour la première fois son jardin secret. Il était aussi peintre et dessinateur. Il ne l’avait jamais révélé auparavant, c’était l’écrivain qui avait dominé. Et là, on voit au travers de ses dessins et au-delà de son discours comment le côté plastique est quelque chose d’essentiel pour lui. Le Palestinien Sharif Waked fait une proposition très forte autour du zoo de Gaza, où on a peint des ânes en zèbres, puisqu’il n’y a plus de zèbres. On fait croire qu’il y a encore des zèbres, mais ce sont des ânes peints et son installation est au deuxième, troisième degré, tout à fait exceptionnelle par rapport à ce que vit la Palestine et à la réalité géopolitique de ce pays.

    Cadavre exquis tourne autour de la question de la Méditerranée. Est-ce qu’il y a un dialogue avec l’exposition Ici, Ailleurs à Marseille, qui interroge également la création contemporaine méditerranéenne ?

    Notre projet est antérieur, il date d’il y a presque quatre ans maintenant. On s’est engagé très vite dans le processus de la capitale européenne de la culture, et le musée Granet a décidé d’être vraiment pionnier dans toutes ces opérations. Marseille est arrivé ensuite avec son projet Ici, Ailleurs, qui avait un même concept. La différence avec Aix, c’est que nous n’avons pas une exposition collective. Ce n’est pas une œuvre commune. C’est une exposition où des identités différentes ont accepté de travailler ensemble pour créer finalement un parcours commun. Ce qui crée une forme de cohérence et une cohésion dans la diversité. L’intérêt majeur de cette exposition, c’était de mettre en exergue l’identité et montrer que ces identités différentes pouvaient produire ensemble un résultat.

    Ilias Poulos, artiste grec. 11/10/2013 - par Siegfried Forster Écouter
    RFI DOSSIER SPECIAL - MUCEM + MP2013

    ____________________________________
    Cadavre exquis, suite méditerranéenne
    , jusqu’au 13 avril 2013 au musée Granet, Aix-en-Provence. En co-production avec Marseille-Provence 2013.

     

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