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Lezajsk : un exemple du renouveau de la culture juive en Pologne?

media Lezajsk, date d'anniversaire de la mort du rabbin Elimélekh, le 3 mars 2013. © RFI/Maya Szymanowska

Entre fascination, nostalgie et culpabilité, la Pologne nourrit une relation complexe avec sa communauté juive. Qui était la plus nombreuse au monde avant 1945, et qui compte aujourd'hui à peine 30 000 membres. Mais depuis la chute du régime communiste et avec elle, l'avènement de la démocratie, la vie culturelle et religieuse reprend. Lezajsk, une ville située au sud-est du pays est un bon laboratoire de ces récents bouleversements. C'est ici que se rencontrent, se confrontent et se côtoient une fois par an, la population locale, les touristes, les Polonais convertis au judaïsme et des milliers de juifs hassidiques qui viennent du monde entier pour prier sur la tombe de leur saint rabbin Elimelekh Weisblum.

De notre correspondant en Pologne

Nous sommes à 350 kilomètres au sud-est de Varsovie, sur les contreforts des Carpates. Lezajsk est une petite ville de 15 000 habitants. Qui une fois par an se remplit d'hommes et de femmes tout de noir vêtus, venus en pèlerinage sur la tombe de leur saint hassidique. Un spectacle qui nous transporte dans un autre temps, avant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. Un tiers de la population de Lezajsk était alors composé de juifs, pour la plupart hassidiques.

Un petit marché est installé en bas du cimetière, des salles de prières pour les hommes et les femmes où l'on sert de la nourriture et des boissons chaudes. Durant trois jours et trois nuits les autocars déversent les pèlerins qui restent à Lezajsk parfois uniquement quelques heures. Goldie Kornblut, originaire de Belgique, qui vient ici pour la troisième fois, est persuadée que c'est grâce à ses prières, que ses deux fils se sont mariés cette année.

Lezajsk : le Lourdes des juifs hassidiques

La tombe du tsadik Elimelekh de Lizhensk, un sage rabbin, est un peu le Lourdes pour des juifs hassidiques. Sa tombe est une petite maisonnette blanche posée en haut de la colline au milieu de ce qui reste du cimetière juif. Elle est dotée de deux entrées : une pour les femmes et une pour les hommes. Et elle abrite la stèle mortuaire du sage rabbin et de son fils. Les pèlerins sont parfois si nombreux, qu'une queue se forme jusqu'en bas du vallon. Beaucoup prient dehors face au mur de l'édifice mortuaire. Certains ont amené des chaises dépliantes. D'autres passent debout des heures sans faire attention au froid.

Le rabbin Elimelekh, né en 1717 et mort en 1786, à Lezajsk, est une figure essentielle pour les juifs hassidiques. C'est lui qui a développé le concept de Tsadik, qui est une sorte de guide spirituel et politique. Le hassidisme, un mouvement mystique très répandu en Europe de l'Est à partir du XVIIe siècle prône les vertus de la prière, de la joie et du cœur. Et c'est par la danse et les chants que les hassidiques expriment leur foi... souvent rentrant dans une véritable transe.

Les liens avec la population locale : entre fascination et méfiance

Dans la petite rue qui grouille de visiteurs venus d'ailleurs on voit aussi des Polonais catholiques, qui viennent des villes voisines et même de Varsovie pour voir cette fête.
Entre fascination et méfiance, les deux communautés se toisent, se côtoient mais ne se mélangent guère. Lezajsk est à l'image du reste de la Pologne. Une exception : les Polonais qui ont découvert récemment leurs racines juives. Un phénomène grandissant, une véritable mode dans certaines grandes villes. D'après différentes estimations ils seraient entre 100 et 150 000 dans ce cas. Et beaucoup se tournent vers le judaïsme pour mieux affirmer leur identité fraichement retrouvée.

Cette habitude de venir massivement sur la tombe du Tsadik Elimelekh est relativement récente. Les pèlerinages n'ont repris timidement que dans les années soixante-dix quand la Pologne commençait à ouvrir un peu ses frontières. Le véritable boom des visites des juifs hassidiques date des années quatre-vingt-dix, après la chute du régime communiste.

Un centre européen du hassidisme à Lezajsk ?

Côté église, à la maison du Pèlerin de Lezajsk, les juifs hassidiques ont été logés une fois : la sœur tenant l'accueil raconte, encore horrifiée, le fait qu'ils aient enlevé les crucifix dans les chambres, mais refuse de le dire au micro et finalement avoue que c'est une histoire qu'elle a entendue. Un vent nouveau souffle pourtant ici aussi : le prêtre fraichement nommé à la paroisse de Lezajsk ne cache pas sa curiosité de la culture hassidique et tient un discours franchement œcuménique. De même, le maire de la ville Piotr Urban met en avant le projet du festival des Trois Cultures (réunissant chaque été des artistes polonais, ukrainiens et juifs) comme signe de la politique de l'ouverture et de tolérance menée par la ville.

Malgré ces déclarations d'intention, le problème de logement de tous ces pèlerins juifs demeure. Avec un seul hôtel et la Maison du pèlerin qui leur est interdite, la communauté juive a eu l'idée de construire un Centre européen du hassidisme sur les terrains qui lui appartiennent déjà. Ce serait un lieu de recueillement et de séjour. Mais pour l'instant les autorités locales n'ont pas délivré de permis de construire. Le maire concède que ce sujet provoque encore beaucoup d'émotion.

La nuit tombe sur Lezajsk. Avant de repartir vers leurs pays respectifs, les danseurs s'enflamment une dernière fois. D'autres démontent les tentes. Dans quelques heures, Lezajsk plongera de nouveau dans le silence. Jusqu'à l'année prochaine.

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