GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 15 Novembre
Vendredi 16 Novembre
Samedi 17 Novembre
Dimanche 18 Novembre
Aujourd'hui
Mardi 20 Novembre
Mercredi 21 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Europe

    Le Nôtre : maître des jardins à la française depuis 400 ans

    media

    Tous les grands jardins de France célèbrent cette année le 400e anniversaire de la naissance d'André Le Nôtre, l’un des seuls jardiniers au monde dont le nom sonne comme une marque. Il est à lui seul le représentant du jardin géométrique, ordonné, taillé au cordeau. Versailles, Chantilly, Vaux-le-Vicomte, Fontainebleau, le jardin des Tuileries à Paris et beaucoup d'autres dans toute l'Europe se refont une beauté pour lui rendre hommage.

    André Le Nôtre est connu parce qu'il a réalisé des jardins exceptionnels, mais pour le reste, c'est un homme qui n'a jamais théorisé son travail et n'a pas laissé d'écrits. C'était un praticien génial qui a créé une nouvelle esthétique et qui a eu une filiation très importante. Depuis quatre siècles en effet ses disciples ont essaimé des jardins à la Le Nôtre dans toute l'Europe aristocratique et princière en s'inspirant de ses dessins. Il était issu d'une famille de jardiniers, son père était jardinier des Tuileries, de Catherine de Médicis au Louvre, ainsi que son grand-père.

    Jusqu'aux limites de l'horizon

    Pour autant, Le Nôtre n'est pas l'inventeur des jardins à la française, c'est une facilité de langage. Le jardin à la française existe avant Le Nôtre, dès le XVIe siècle. Il est l’inspiration des jardins italiens, c'est-à-dire un jardin clos, délimité par un mur. A l'intérieur, il y a des topiaires (des arbustes sculptés), des fontaines, des statues et au-delà du mur, c'est la campagne. Le Nôtre va bouleverser tout ça de façon radicale, il va aménager tout le territoire situé entre le mur de clôture et l'horizon. Il apporte la conquête de l'espace avec lui. Et le paysage travaillé par l'homme va jusqu'aux limites de l'horizon et si possible à 360 degrés.

    « Les éléments caractéristiques des jardins créés par Le Nôtre, c’est d’abord bien évidemment le principe de symétrie, cette idée que la symétrie est un principe de perfection, explique Pierre-André Lablaude, l'architecte en chef des Monuments historiques en charge des jardins de Versailles. Le deuxième principe, c’est un jardin qui est étagé en terrasses horizontales pour que les parterres puissent être bien vus depuis les parties hautes. Plus les sols descendent et plus le végétal, lui, au contraire, monte. Les parterres sont ras, ou au niveau du château, mais ils vont s’élever d’abord par les bosquets et ensuite par les éléments forestiers du paysage plus lointain. Voltaire disait qu’un jardin à la française va du peigné (près du château) jusqu’au sauvage (quand on s’éloigne) ».

    Le Nôtre a créé l'image d' une nature organisée, hiérarchisée, codifiée. Avant lui, la nature est hostile, c'est le chaos. Au XVIIe siècle règne l'idée d'un principe d'ordre appliqué à l'univers. Il veut faire que la nature soit belle avant tout, donc symétrique. Il est le premier à organiser l'espace à une très grande échelle : le grand axe de composition de Versailles fait 12 kilomètres de long, du jamais vu en Europe. C’est ce gigantisme appliqué aux jardins qui va frapper les esprits jusqu'à aujourd'hui.

    La rareté des fleurs...

    Le Nôtre a transformé la nature en décor. Le jardin bouge peu avec les saisons, il est immortel en quelque sorte. Par ailleurs, il n’y a que très peu de fleurs dans les jardins originaux à Versailles. Pierre André Lablaude explique que la fleur est ce qu'il y a de plus cher, de plus rare et de plus précieux. Au XVIIe, il y a deux parterres à Versailles, dont l’un d’eux devant les appartements du roi. L’autre est composé de fleurs en pots qui peuvent être rentrées la nuit, car les fleurs sont si rares qu'elles sont volées dans les jardins de Versailles. Les fleurs, à l'époque, c'est un marché qui est régi par deux monopoles : les Hollandais qui ont le monopole des bulbes et les Marseillais qui importent par bateaux les fleurs méditerranéennes qui viennent de Turquie, de Grèce.

    ... et la cherté du jardin

    L'ampleur et la richesse de ces jardins, crées pour plaire à Louis XIV, c'est le goût de Le Nôtre. Mais pour les réaliser, il faut beaucoup d'argent. « Si on veut maîtriser l’ensemble du paysage visible jusqu’à l’horizon, il faut être propriétaire du terrain, affirme Pierre-André Lablaude. Le Nôtre encourage donc ses commanditaires à acheter les terrains qui entourent les jardins, pour pouvoir maîtriser l’ensemble du paysage. Quand Louis XIV arrive à Versailles, le jardin fait 90 hectares. A la mort du roi, le parc fait 6 000 hectares ! »

    Avant Versailles, André Le Nôtre avait travaillé dans de nombreux jardins, à Lille, à Saint-Cloud, à Paris. Il a aussi conçu le jardin de Vaux-le-Vicomte pour Nicolas Fouquet (le surintendant des finances de Louis XIV). A l'arrestation de Fouquet, Le Nôtre se met au service de Louis XIV et il gardera la faveur du roi pendant plus de quarante ans sans être à proprement parler un courtisan. « C’est quelqu’un qui parlait au roi avec franchise, et c’est ce que le roi appréciait chez lui. Le Nôtre était l’aîné, il avait vingt-cinq ans de plus que Louis XIV, qui n’avait pas connu son père et qui recherchait peut-être la proximité d’un aîné », commente le spécialiste.

    Une référence mondiale

    On doit à Le Nôtre les plus beaux jardins d'Europe et c'est la référence pour tous les jardiniers, même si l'air du temps n'est pas à la domestication de la nature. « Avec le développement de la sensibilité écologiste, poursuit Pierre-André Lablaude, on est de plus en plus dans une vision de la nature qui est celle du jardin à l’anglaise au XVIIIe siècle. C'est-à-dire "laissons la nature faire, laissons-la libre, ne la brutalisons pas", la pensée moderne se situe plutôt de ce côté-là et non de celui de Le Nôtre. Il est de plus en plus à l’opposé de la vision moderne que l’on peut avoir de la nature et du paysage. »

    Chronologie et chiffres clés
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.