Les obsèques de Margaret Thatcher sous haute surveillance
C'est une journée particulièrement sensible en Angleterre, et donc placée sous très importante surveillance policière. Les obsèques de Margaret Thatcher auront lieu ce mercredi matin 17 avril à Londres, en présence de la reine, en la cathédrale Saint-Paul. Les autorités craignent des débordements et de violentes manifestations rassemblant de nombreux détracteurs de la « dame de fer ».
Avec notre envoyée spéciale à Londres, Béatrice Leveillé
De nombreuses personnalités doivent assister à l’enterrement de Margaret Thatcher. La reine, bien sûr. Mais aussi tous les anciens Premiers ministres britanniques, Frederik De Klerk, le président sud-africain qui a mis fin à l’apartheid, le président du Conseil italien Mario Monti, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, ou le Canadien Stephen Harper, ainsi que des célébrités, comme la chanteuse Shirley Bassey ou l’actrice Joan Collins.
Il y aura au moins 4 000 policiers dédiés à la sécurité de ces 2 000 invités, et à celle du public qui viendra rendre hommage à l’ancienne Première ministre britannique, tout au long du parcours de son cercueil de Westminster à la cathédrale Saint-Paul ce matin.
Boston dans tous les esprits
Les attentats de Boston ont contraint les autorités à renforcer les mesures de sécurité. Les manifestations des anti-Thatcher sont malgré tout autorisées, mais ils doivent déclarer leurs intentions à la police. Une police qui est habituée à faire face à ce type de situation.
Mais évidemment, les équipes du contre-terrorisme et du renseignement sont sur le qui-vive. En plus des nouvelles menaces que peuvent faire planer les explosions de Boston sur cet évènement, celles des républicains irlandais ou d’al-Qaïda sont prises en compte, tout comme les éventuelles actions de militants d’extrême gauche, qui pourraient être tentés de faire usage de la violence.
A l'université de Londres, le souvenir de Margaret Thatcher divise les étudiants |
Avec notre envoyée spéciale à Londres, Béatrice Leveillé A l’université de Londres, des autocollants « la sorcière est morte », collés sur les grilles d’entrée, donnent le ton. Les jeunes Britanniques sont divisés en deux camps. Sophie, une étudiante française, a pu le constater dès son arrivée. « Je commençais à rencontrer des amis anglais, et on parlait un petit peu de politique, explique celle-ci. Je sors une citation de Thatcher. Et là, tous les Anglais s’arrêtent, et ils me disent : ‘mais tu viens de citer Thatcher ?’. Ils trouvaient ça choquant, c’était vraiment des anti-Thatchériens. Et une de mes amies, pour m’expliquer, m’a un petit peu prise à part et elle m’a dit : ‘écoute, rends-toi compte que pour nous,Thatcher c’est un peu l’équivalent de votre Marine Le Pen, sauf que nous, elle a été au pouvoir’ ». Les pro-Thatcher sont presque aussi nombreux : « Il y a beaucoup de personnes qui admirent quand même son travail, et qui reconnaissent qu’elle a pris des décisions difficiles, mais qui devaient être nécessaires pour le pays, ajoute l'étudiante française. Après, quand ils viennent d’une famille assez aisée, qui sont blancs, qui n’ont pas eu à avoir les problèmes de la fermeture des mines, ou que la TVA soit passée de 8 à 20 % à un certain moment, je pense qu’ils ont moins été touchés. Leurs familles ont moins été touchées. C’est pour ça que, peut-être, ils sont plus favorables à la politique thatchérienne ». Pour ces jeunes, qui n’ont pas connu Margaret Thatcher au pouvoir, elle est le visage de Meryl Streep, dans la La Dame de fer, un film « oscarisé » qui a ému ceux qui viendront lui rendre hommage ce mercredi. |

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