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    Europe

    Les monarchies européennes, entre phénomène et paradoxe

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    Les Pays-Bas ont un nouveau roi : Guillaume Alexandre, 46 ans. Il a été intronisé ce mardi 30 avril suite à l’abdication formelle de sa mère, la reine Beatrix. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont participé aux festivités à Amsterdam. Philippe Delorme, responsable éditorial du magazine spécialisé Point de Vue Histoire, revient sur le rôle de ces monarchies dans l'Europe du XXIe siècle.

    RFI : Pourquoi la monarchie néerlandaise est-elle si populaire ?

    Philippe Delorme : C’est vrai que c’est un peu paradoxal puisque ce sont les Néerlandais qui, au XVIIe siècle, ont inventé la république en se séparant de l’Espagne. On peut penser que c’est parce que cette monarchie est exemplaire qu’elle a su justement se renouveler avec les générations. La reine Beatrix n’est pas la première à abdiquer. Sa mère Juliana et sa grand-mère Wilhelmine l’avaient fait avant elle. Donc c’est une monarchie qui est très attentive à la modernité, qui sait se renouveler, qui sait se remettre en question et qui est surtout très professionnelle.

    Il y a un terme pour la décrire. On l’appelle la « monarchie à bicyclette ». Qu’est-ce que cela veut dire ?

    Ça c’était à l’époque de la reine Juliana dans les années 1960 où elle avait donné un grand coup de balai dans le faste et le décorum de la monarchie en se promenant comme beaucoup de Hollandais dans les rues à bicyclette. C’est vrai que c’est, parmi ces monarchies du nord de l’Europe, l'une des plus ouvertes sur le peuple. Le nouveau roi, qui s’appellera d’ailleurs Guillaume Alexandre et non pas Guillaume IV, a préféré garder son prénom pour régner, il est très proche des fêtes populaires. On le voit souvent dans les provinces néerlandaises au contact des gens.

    Et son épouse, la reine Maxima, est également très populaire. Pourquoi ?

    Justement, c’est un phénomène qu’on retrouve un petit peu dans toute l’Europe, ces princesses qui ne sont pas nées dans des palais. C’est vrai pour Letizia en Espagne, c’est vrai pour Catherine Middleton en Angleterre, Mette-Marit en Norvège. Ce sont des roturières qui sont devenues princesses en épousant l’héritier du trône et qui se sont finalement très bien mises dans la peau d’une princesse, qui sont très professionnelles, qui jouent leur rôle avec beaucoup de sérieux et qui, en plus, connaissant la société de l’intérieur puisqu’elles en viennent, sont plus capables de faire le lien entre ces vieilles institutions parfois un peu poussiéreuses que sont les monarchies et la population aujourd’hui telle qu’elle vit.

    Quel est le rôle du souverain aux Pays-Bas ? A-t-il un rôle politique ou est-ce que c’est une simple fonction représentative ?

    Un petit peu entre les deux, c’est-à-dire qu’en temps normal, lorsque tout va bien, lorsque le régime politique tourne bien, le roi a un rôle très effacé et un rôle plutôt de représentation. Il incarne justement le passé, l’histoire du pays, sa continuité nationale, mais lorsqu’il y a une crise politique, lorsqu’on se demande quel Premier ministre trouver lorsqu’il n’y a pas de majorité bien claire, le roi peut avoir un rôle politique. Cela a été vrai aussi en Belgique, par exemple : dans le pays voisin, pendant deux ans il n’y a pas eu de gouvernement et c’est le roi Albert II qui a tenu le pays en main pendant ces deux ans.

    Pour Guillaume Alexandre, à quoi peut ressembler son règne ? Y aura-t-il une différence avec le règne de sa mère Beatrix, une évolution ?

    Oui, nécessairement, parce que c’est une nouvelle génération, qu’il a une épouse particulièrement dynamique, particulièrement charismatique. Ce qui n’était pas le cas de Beatrix dont le mari, le prince Claus, était assez mal à l’aise dans son rôle de prince consort. Donc on peut penser que ce sera un roi encore plus ouvert, et en même temps une certaine continuité parce que c’est quelqu’un qui a une formation universitaire poussée, une formation militaire, une formation diplomatique. Il connaît très bien les dossiers. Il seconde sa mère depuis très longtemps et la transition va se faire de manière souple. On ne va pas assister à une révolution dans la manière d’être roi aux Pays-Bas.

    On a aussi vu en Grande-Bretagne un retour de flamme monarchiste avec les noces de William et Kate, la grossesse de Kate en cours. Est-ce qu’en cette période de crise, la monarchie est à la mode en Europe ?

    Oui, il y a une dizaine de pays qui ont encore un roi ou un prince à leur tête. Je dirais que dans ces pays-là, c’est un supplément d’âmes, une manière pour ces pays de conserver un lien privilégié avec leur passé, avec leur histoire, avec leur identité, dans un monde qui est de plus en plus uniformisé et où de plus en plus les repères disparaissent. C’est vrai qu’on a besoin comme cela de symboles forts, de symboles qui unissent les gens. Et c’est vrai que ces pays qui ont gardé leur institution monarchique ont ce supplément, ce privilège d’avoir ce roi ou cette reine qui permettent de réunir tout le monde en dehors du jeu purement politique.

    Mais il y a aussi des cas où il y a des remises en cause : l’Espagne, la Belgique, par exemple ?

    Oui, surtout l’Espagne. En Belgique, le roi a eu quand même un rôle assez important. Mais en Espagne, c’est vrai que là c’est justement le contre-exemple d’un roi vieillissant, fatigué, et qui pourtant a été quelqu’un d’exemplaire, qui a instauré la démocratie dans son pays et qui, vieillissant, a fait un certain nombre d’erreurs, et qui devrait un peu prendre l’exemple de la reine Beatrix et passer la main à son fils, le prince Felipe qui ferait certainement avec Letizia un excellent couple royal en Espagne.

    Est-ce que ce n’est pas un anachronisme en 2013 dans un pays comme les Pays-Bas d’avoir encore un souverain ?

    Pas nécessairement. Le sens de l’histoire marxiste a vécu. Ce n’est pas un anachronisme, c’est une chance plutôt pour ce pays d’avoir ce symbole supplémentaire de son unité et de son histoire qui est acceptée en plus par une immense majorité de la population. Il y a à peu près 80% des Néerlandais qui sont favorables à cette institution qui fonctionne bien, qui n’empêchent pas la démocratie mais qui au contraire l’accompagne. Donc c’est plutôt un système qui marche et qui marche aussi dans d’autres pays, en Scandinavie par exemple ou dans le Benelux. 

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