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    Plus de 70 pays pénalisent l’homosexualité

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    Le17 mai 1990, les Nations unies et l’OMS cessaient de considérer l’homosexualité comme une maladie mentale, un trouble du comportement. Aujourd’hui, ce sont une soixantaine de pays qui participent à cette journée mondiale. Louis-Georges Tin, militant contre l'homophobie et le racisme, à l'origine de cette journée avec l'IDAHO, est l'invité de Caroline Paré sur RFI.

    Caroline Paré : Est-ce qu’il est possible de dresser aujourd’hui une carte de l’homophobie dans le monde ?

    Louis-Georges Tin : L’homophobie dans le monde persiste. Plus de 70 pays pénalisent l’homosexualité. Sept d’entre eux la condamnent à la peine de mort. Et nous avions lancé une campagne pour une dépénalisation universelle de l’homosexualité, avec une déclaration à l’Assemblée générale des Nations unies. Nous attendions que la France porte une résolution, c'est-à-dire un texte contraignant sur ce même sujet.

    François Hollande s’y était engagé et il n’a pas tenu sa promesse. C’est l’une des raisons pour lesquelles je quitte mes fonctions, d’ailleurs, aujourd’hui. Je ne suis plus, ce jour, le président du comité IDAHO. D’autres personnes me succèdent, car nous sommes vraiment écoeurés de la démission du président français. C’est vraiment un sujet de regret.

    Qu’est-ce que vous attendiez, concrètement ?

    Depuis 2010, la France s’est engagée à porter cette résolution, pour que véritablement, un texte soit voté aux Nations unies, pour condamner cela. Qu’il n’y ait plus de pays qui puissent comme cela, impunément, pénaliser l’homosexualité.Voilà pourquoi, nous avons travaillé. Et les choses, malheureusement, piétinent. On va de conférences en rapports et de rapports en conférences. Et Monsieur Hollande a trahi ses promesses, une de plus.

    40% des pays membres des Nations unies, aujourd’hui pénalisent, c'est à dire, ont voté des lois qui font peser une menace de prison, voire de mort sur les personnes homosexuelles. Est-ce qu’il y a des régions particulièrement concernées ?

    Globalement, les régions où s’applique la charia, sont les régions où s’applique la peine de mort pour les homosexuels. Cependant, il ne faut pas négliger des pays comme le Brésil ou les Etats-Unis, qui sont évidemment de grandes démocraties, mais où les agressions homophobes sont extrêmement nombreuses. Et puis même, dans notre pays, la France, les suicides de jeunes homosexuels sont très nombreux. Il faut savoir qu’en moyenne en Europe, les jeunes homosexuels sont exposés à un risque de suicide, à peu près treize fois plus élevé que les autres. Ce qui veut dire qu’il y a des pays où les homosexuels sont mis à mort, et puis il y en a d’autres où ils se suicident. Ce n’est pas beaucoup mieux.

    Est-ce que l’on en parle davantage aujourd’hui ?

    Avec la polémique sur le mariage pour tous, bien sûr on en a parlé. Il faut saluer cette grande avancée au niveau national, mais qui s’est payée assez cher par un retour de l’homophobie, qui d’ailleurs n’avait jamais disparu.

    Retour de l’homophobie notamment, constatée sur certains médias, en particulier via Internet, puisque l’Association SOS homophobie recense, en quelque sorte, les témoignages de ceux qui subissent directement ces attaques ou insultes anti-homosexuelles, et a constaté que l’essentiel de ces insultes quand elles sont écrites, s’effectuent via le net ?

    Sur Internet, les gens ont le sentiment d’une certaine impunité. Du coup, ils se croient tout permis. Et ce n’est pas sans conséquence. On a vu des jeunes gens, par exemple, se suicider, parce qu’ils avaient été victimes de cabales sur internet. Des photos privées avaient été diffusées. Et donc, ce n’est pas une homophobie virtuelle. Ce n’est pas parce qu’elle est sur internet qu’elle est virtuelle.

    En France on recense au niveau de l’Etat les agressions racistes. Ce n’est pas le cas pour les agressions homophobes. Est-ce que vous le regrettez ?

    Absolument. Et ça fait partie des nombreuses recommandations que nous avons faites, notamment dans le domaine de l’éducation, où les choses restent inchangées. Il faudrait évidemment qu’on avance là-dessus.

    On dit souvent que ces grandes journées de mobilisation, que ce soit pour le droit des femmes, que ce soit pour le droit des enfants, et aujourd’hui pour les droits des homosexuels, ne servent à rien. Qui est ciblé par cette journée de mobilisation ?

    Quand j’ai lancé cette journée, elle a été célébrée dans 40 pays. Maintenant dans plus de 100 pays. Il y a eu des actions à l’Assemblée générale des Nations unies, à l’Unesco. Il y a eu, par exemple, les premières mobilisations gays et lesbiennes publiques en Chine, en Bulgarie et dans d’autres pays, à l’occasion de cette journée.

    On l’a vu récemment à Singapour ?

    Aujourd’hui plus de cent pays. Donc véritablement, pour les personnes de tous ces pays, je vous assure, ça fait une très, très grande différence, et surtout pour des gens qui ne sont pas forcément homosexuels. Il se trouve que quand on est un humaniste, un démocrate ou un républicain, c’est important, après tout, de lutter contre toutes les discriminations. C’est une journée utile, parce que c’est une journée pour les droits humains. Un professeur peut dire : « Je suis prof d’histoire ou de philo. Je ne vais pas forcément aller à la Gay Pride. Mais le jour de la journée contre l’homophobie, je peux en parler avec mes élèves ».

    Ce débat en France a un petit peu délié les langues, pour le meilleur et pour le pire. Est-ce que vous considérez que certains partis politiques ont fait à cette occasion le choix de la discrimination ?

    Absolument. On peut voir que l’UMP, qui est un parti très divisé, avec les rivalités entre Fillon et Copé, a cherché à faire l’union sacrée sur le dos des homosexuels. Et puis l’église de France a jeté de l’huile sur le feu. Sans doute aussi, pour faire diversion par rapport à ces problèmes et scandales de pédophilie.

    Il n’empêche que pendant les débats, même si les personnes, les interlocuteurs se prononçaient contre l’union homosexuelle, le mariage homosexuel, chacun faisait bien attention à ne pas employer des mots qui pourraient éventuellement engager des poursuites judiciaires.

    C’est le signe d’une homophobie policée, d’une homophobie honteuse. Dans la rue les gens disent n’importe quoi. Mais effectivement, à l’Assemblée les députés ont appris à avoir une homophobie soft, qui n’est pas plus soft. Mais l’est en apparence.

    Alors au-delà des Etats, au-delà des religions, au-delà des clergés, il y a également des secteurs qui sont en quelque sorte des terreaux homophobes. On pense en particulier au sport, par exemple au football. Est-ce que vous avez des actions précises vers ces milieux-là ?

    Nous avions lancé, le 17 mai 2009 avec Rama Yade, un plan contre l’homophobie dans le sport. Le sport c’est particulier, parce que c’est un des bastions du virilisme, et en même temps c’est un domaine qui est un grand pourvoyeur de modèles. Et si on ne fait rien, on laisse finalement prospérer un milieu sexiste et homophobe. C’est pour cela qu’il faut réagir.

    Parce que dans d’autres milieux sportifs, il y a des vedettes qui ont fait leur coming out, c'est à dire qui ont révélé au grand public leur homosexualité. C’est très rare, dans le football.

    C’est très, très rare dans le football et dans les sports collectifs en général. Et c’est pour ça qu’i faut utiliser absolument ce domaine. Nous disons notamment qu’il faut conditionner l’attribution des budgets sportifs à la promotion des valeurs républicaines, que l’argent public subventionne des valeurs républicaines et qu’on ne laisse pas tout se faire, sans sourciller.

    Pour aller plus loin :

    • Dictionnaire de l’homophobie, livre Collectif dirigé par Louis-Georges Tin, publié aux Presses universitaires de France
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