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    Turquie: violences à Istanbul, le gouvernement lâche du lest

    media Des manifestants, à Taksim, affrontent les gaz lacrymogènes de la police au cours d'une manifestation contre la démolition du parc Gezi, le 31 mai 2013. BULENT KILIC / AFP

    Le gouvernement turc a marqué une pause, ce samedi 1er juin, en rouvrant l'accès à la place Taksim, au deuxième jour des violents affrontements qui ont opposé à Istanbul la police aux manifestants qui dénoncent sa politique. Le Premier ministre Erdogan a ordonné aux forces de l'ordre de se retirer en milieu d'après-midi de la place. Immédiatement, des milliers de personnes brandissant des drapeaux turcs ont envahi les lieux dans une immense clameur de victoire.

    Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

    Alors que des groupes de citoyens, de manifestants, essayaient toujours ce samedi matin, par centaines, d'occuper, de conquérir, comme une « Bastille stambouliote », la place Taksim, symbole de la résistance populaire aux grands travaux de modernisation de la ville par le Parti du Premier ministre Erdogan, la police a de nouveau fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires

    Les heurts ont duré toute la nuit, dans les quartiers centraux de la rive européenne, dans le quartier de Besiktas également. Les indignés de cette ville sont toujours des milliers à converger vers cette place, à tenter de l’occuper. Un groupe est même venu de la rive asiatique de la ville mais ses membres sont bloqués par des barrières et par les gaz lacrymogènes.

    Des dizaines de blessés

    Le soulèvement du peuple d’Istanbul se poursuit donc. Un soulèvement tout à fait surprenant, imprévisible, massif, suscité par l’incroyable violence de l’assaut des forces de police, vendredi toute la journée, qui a fait des blessés par dizaines, dont trois parlementaires, des touristes, et des interpellations également très nombreuses.

    Dans des dizaines de villes du pays, des rassemblements populaires de plusieurs milliers de personnes parfois, ont montré que la mobilisation d’Istanbul traduisait un vrai ras-le-bol de la population turque contre la politique du gouvernement Erdogan.

    Dès le premier jour, alors que la mobilisation, pour préserver cet espace vert qu'est le parc Gezi et les arbres de la place Taksim, était tout à fait symbolique, même ridicule, la police avait entrepris de nettoyer manu militari, et déjà à coups de gaz lacrymogène, ce jardin public, et d’arracher les arbres en plein milieu de la nuit.

    Cette marche forcée a visiblement décuplé le mécontentement de la population, qui grâce aux médias sociaux, s’est rassemblée de plus en plus nombreuse, jour et nuit, et a même campé dans le parc, place Taksim.

    Or durant ces quatre jours, pas un mot, ni du maire de l’arrondissement, ni de celui d’Istanbul. Seul le Premier ministre a eu ce commentaire malheureux : « Vous faites ce que vous voulez, notre décision est prise ».

    Les travaux suspendus par un tribunal d'instance

    C’est cette obstination, ce manque de concertation et de dialogue social, qui lasse la population. Cette dernière critique le pouvoir sans partage du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui multiplie les décisions régaliennes.

    Cette population ne supporte plus les grands travaux qui transforment la ville à vitesse grand V, pour construire partout des centres commerciaux, comme celui qui devait être érigé sur la place Taksim. Pourtant, un tribunal d’instance a ordonné vendredi la suspension des travaux. Les autorités sont donc obligées de revoir leur copie.

    Colères profondes

    Bien sûr, les Stambouliotes, qui n’ont pas beaucoup d’espaces verts, veulent défendre le seul parc, quasiment, du centre-ville. Mais il y a un ras-le-bol beaucoup plus profond contre le Parti de la justice et du développement au pouvoir depuis dix ans, pour sa modernisation à marche forcée mais aussi pour des mesures régulant la vie de la population turque. Par exemple, les restrictions sur les ventes d’alcool ou les restrictions sur la consommation de tabac.

    On a ainsi vu ces manifestants occuper vendredi la grande avenue piétonne et brandir ostensiblement des cannettes de bière, des boissons alcoolisées, et proclamer : « Nous ne voulons pas de cet ordre sans partage, cette manière de gouverner autoritaire et autocratique ».

    Intransigeance des autorités

    C’est un véritable coup de semonce, un véritable avertissement. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan y reste pourtant sourd. Pour lui, ces manifestations ne remettent pas en cause le projet et il somme, ce samedi, les contestataires de cesser leur mouvement « immédiatement ».

    Sur les réseaux sociaux, la jeunesse continue de se mobiliser. Sur Facebook, des pages se sont créées, comme la page International support for Ocupy Gezi Park, Istanbul. Sur Twitter, les jeunes Stambouliotes appellent les médias internationaux à diffuser les informations pour soutenir la démocratie turque. A l'image de Mehmet, qui affirme : « J'ai appelé mon père qui vit à l'autre bout du pays, à Mersin, il n'était même pas au courant. Les médias, la télé n'en parlent pas ».

     

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