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    Culture

    Ouverture au public du MuCEM, la nouvelle muse de Marseille

    media Le MuCEM dans le port de Marseille avec vue sur la Méditerranée. La passerelle relie le musée au fort Saint-Jean (à gauche). Siegfried Forster / RFI

    C’est un musée qui éblouit par son emplacement spectaculaire, sa beauté architecturale et son élan culturel. L’enjeu essentiel réside pourtant ailleurs : ce vendredi 7 juin, après des travaux pour 191 millions d'euros, le MuCEM s’ouvre au grand public et ouvre un nouveau chapitre dans la relation entre Marseille et ses habitants, entre Marseille et la France, entre Marseille et la Méditerranée. Premier musée national délocalisé en région, le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée ambitionne de libérer un territoire, d’être un phare culturel et le premier musée au monde consacré aux civilisations méditerranéennes.

    Le MuCEM, ne l’appelez-pas simplement un musée. Inauguré par le président François Hollande, c’est une véritable muse qui s’apprête à accueillir à partir d’aujourd’hui son public. Une médiatrice entre les civilisations méditerranéennes et les sociétés contemporaines qui a élu domicile à Marseille, la cité phocéenne, vieille de 2 600 ans. A première vue, il y a ce bâtiment éblouissant, conçu par l’architecte Rudy Ricciotti. Une construction étonnante dont on ne cesse d’arpenter tous les coins, passerelles et côtés pour l’admirer finalement toujours davantage, après avoir en vain essayé de la saisir. Ce carré noir de 72 mètres de côté, drapé d’une jolie robe en dentelle de béton qui le protège de la mer, du mistral et des rayons de soleil omniprésents. Le tout est encore amplifié par cette constellation magnifique : un musée sur les civilisations de la Méditerranée installé sur une petite presqu’île, entourée de cette mer et située à l’entrée du port où des bateaux venus des calanques voisines ou de l’autre rive de la Méditerranée jettent l’ancre !

    Le MuCEM e(s)t la vocation de la Méditerranée

    Déjà avant l’ouverture officielle de ce vendredi 7 juin, les Marseillais ont afflué en masse pour contempler ce nouveau phare au rayonnement culturel dans leur port. Quand Notre-Dame de la Garde reste jusqu’à aujourd’hui le symbole de la ville acclamée pour ses vertus de la protection, le MuCEM incarne l’espoir d’un avenir meilleur grâce au monde culturel de la Méditerranée. Car c’est bien des civilisations de la Méditerranée dont il est question à l’intérieur du J4, le titre officiel du nouveau bâtiment qui renvoie au quai mythique dans le port autonome.

    Pas moins de trois grandes expositions questionnent les relations complexes que ces civilisations méditerranéennes ont engendrées et qu’elles entretiennent jusqu’à aujourd’hui. A la clé, la promesse d’un avenir radieux. Est-ce que le MuCEM peut réussir là où la politique avait échoué avec le projet de l’Union de la Méditerranée ? « La culture me semble être le vecteur qui peut rassembler les gens beaucoup plus que la politique qui a plutôt tendance à diviser, déclare Bruno Suzzarelli, le président du MuCEM. Etant un musée qui s’intéresse à toutes les populations de la Méditerranée, à toutes les cultures, le MuCEM a vraiment vocation à rassembler. »

    Au bazar méditerranéen du genre

    «At Home with Thomas and Nancy» (2010) de Régine Mahaux. La photo, exposée au MuCEM dans « Au Bazar du genre », montre un homme qui attend un bébé. Derrière il y a une faïence française du XVIe siècle, «La création d’Eve», suite de Bernard Palissy. Siegfried Forster / RFI

    Néanmoins, le MuCEM n’a pas l’intention d’être un long fleuve tranquille comme le montre Au bazar du genre, féminin - masculin en Méditerranée, l’exposition qui étonnera et détonnera certainement le plus. Sans tabou, les questions qui fâchent et déchirent des sociétés toutes entières y sont posées sur des cimaises mobiles obéissant à un dispositif giratoire : le transgenre, l’homosexualité, la virginité, l’avortement. Dans ce Babel des genres, une robe de mariée pink d’Act Up côtoie des strings syriens bling bling, une Libanaise qui projette en vidéo la recette ancestrale pour préserver la virginité d’une fille répond à un hymen artificiel en kit acheté sur internet, une photo des footballeuses iraniennes fait face à une « douche » sonore qui pulvérise des injures homophobes, pendant que Le sommeil (1866) de Gustave Courbet et Les mariés (1992) de Pierre et Gilles mettent joyeusement en scène l’homosexualité.

    « Cette exposition est une sorte de manifeste pour dire ce qu’un musée de société comme le nôtre peut faire passer à ces publics à propos de ce qui se passe aujourd’hui, explique le commissaire Denis Chevalier. Le genre, cela ne laisse jamais indifférent. Cela touche chacun à son intimité, à sa relation avec l’autre. Mon idée n’est pas d’imposer un point de vue, c’est de poser des questions de telle façon que le public puisse à la sortie se poser des questions sur lui-même et sur sa relation à l’autre. La transformation, la dynamique, les mutations qui se sont effectuées dans le genre depuis cinquante ans, partout en Méditerranée, elles viennent du fait qu’il y a des groupes – d’abord des femmes, puis des minorités sexuelles – qui ont manifesté leur envie que cela change. »

    Les quatre singularités de la civilisation méditerranéenne

    Hutte (2013) de Sarakatsans, bergers semi-nomades, fraternité des bergers d’Epiros, Marseille. Roseaux, paille, bois. Exposé dans la Galerie de la Méditerranée du MuCEM. Siegfried Forster / RFI

    Fait surprenant, un tiers des 350 objets exposés dans Au bazar du genre vient des collections du Musée des Arts et Traditions populaires dont la fermeture à Paris en 2005 avait précédé l’ouverture du MuCEM à Marseille. La nouvelle vocation de montrer les civilisations méditerranéennes a provoqué une mutation plus que réussie d’un musée ethnographique en musée de société. Une mue qui est aussi visible dans l’exposition permanente. La Galerie de la Méditerranée montre d’une manière magistrale les fondements et les quatre singularités de la civilisation méditerranéenne : l’agriculture du blé, les trois monothéismes, la citoyenneté et les droits de l’homme et la découverte, en 1498, que la Méditerranée est une mer parmi d’autres.

    Le commissaire Zeev Gourarier explique les quatre singularités de la civilisation méditerranéenne 11/10/2013 - par Siegfried Forster Écouter

    Le parcours très complexe et difficile est rythmé par une scénographie ludique qui permet de réunir aussi bien un globe terrestre du Moyen Age, qu'une cloche pour âne des Alpes-de-Haute-Provence ou une machine hydraulique égyptienne et le buste de Palmyre. Zeev Gourarier, le commissaire de la Galerie et directeur scientifique des collections du MuCEM, explique qu’il n’a pas choisi le point de vue d’un pays pour expliquer l’histoire de ce bassin de civilisations. « Mon point de vue est situé bien avant que ces vingt pays existent et qui changent assez régulièrement. Le bassin, par contre, a dix mille ans. Alors quels sont les traits communs à ces  pays riverains qui font que ce bassin est différent des autres. Cela n’a rien à voir avec les frontières qui sont humaines et provisoires et qui se déplacent. »

    Le noir et le bleu du rêve méditerranéen

    « Bleu II » (1961) de Joan Miro, exposé à l’entrée de l’exposition « Le Noir et le bleu » au MuCEM. Siegfried Forster / RFI

    Le point de vue et le dialogue entre les pays riverains est aussi le sujet central de la troisième grande exposition qui représente le plus l’enjeu global du MuCEM. Le Noir et le bleu, un rêve méditerranéen questionne l’histoire à travers les récits des deux côtés de la rive. « Le noir serait en l’homme le sens de l’inhumain dont il participe ». La citation d’Annie Le Brun (2010) clôt ce parcours très intelligent qui avait commencé avec les monstres noirs de Goya  et le Bleu II  (1961) de Miro. Tout ce qui s’ensuit est écrit à deux mains : l’expédition d’Egypte de Napoléon vue par les Egyptiens de l’époque et par le cinéaste Youssef Chahine deux siècles après. Le rêve d’une Méditerranée libre et en paix fracassé par les guerres et réinventé après-guerre par le monde du savoir comme par des artistes et des poètes. Le tourisme de masse qui écrase le rêve.

    L’installation vidéo Tag’Out (2011) de l’Algérien Ammar Bouras qui nous plonge à travers 13 vidéos et 2 tirages numériques dans l’Algérie de la « décennie noire » dès 1991. A la fin, ce sont des vidéos des révolutionnaires de Tunis, du Caire, de Benghazi et les indignés d’Athènes et de Madrid, tous filmés en 2011, qui nous soufflent le chaud et le froid de ce rêve méditerranéen. Thierry Fabre, le commissaire de l’exposition, nous livre son rêve méditerranéen pour le MuCEM dans dix ou vingt ans : « Que ce soit un phare qui soit dans l’hospitalité et dans la réciprocité, qui serve de repère, qui sera un des lieux où l’on comprenne le monde méditerranéen dans ses relations avec l’Europe, dans sa complexité et qui dépasse les mouvements de repli, de peur et de haine que l’on voit poindre à l’horizon d’une partie de l’Europe et d’une partie de la Méditerranée. Et que ce soit un musée qui fasse le pont entre les cultures.  C’est ça l’enjeu et ce musée peut jouer un rôle assez rare. »

    Un musée-passerelle

    C’est à ce moment précis qu’il faut parler des deux passerelles du MuCEM : 135 et 69 mètres de long, fines et précieuses comme une baguette Mikado placée au-dessus d’une tranchée. Elles relient le J4 au Fort Saint-Jean, monument historique, longtemps interdit d’accès à la population, et au plus vieux quartier de Marseille, le Panier. Donner la plus belle vue aux Marseillais, désenclaver un quartier et relier le nouveau terrain muséal au Vieux-Port, voilà les raisons pour lesquelles l’architecte Rudy Ricciotti se vante à juste titre d’avoir « libéré un territoire ». Et bien sur, il garde l’espoir que le 7 juin 2013 entrera dans l’histoire marseillaise comme la date d’une nouvelle libération.

    En partenariat avec RFI et Radio Monte Carlo Doualiya, France 24 le MuCEM fête ce 7 juin à 22 h l'ouverture au public avec un concert gratuit sur l'esplanade du fort Saint-Jean. Le MuCEM accueille une création du groupe The Khoury Project des trois frères palestiniens et la chanteuse andalouse Estrella Morente.
    RFI et Monte Carlo Doualiya proposent ce 7 juin une programmation spéciale.

     

    RFI DOSSIER SPECIAL - MUCEM + MP2013

    __________________________________________
    Le MuCEM, un grand musée de civilisations pour l’Europe et la Méditerranée
    . Ouverture au public à partir du vendredi 7 mai. Grand week-end portes ouvertes. Gratuit les 7, 8 et 9 juin.

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