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    Europe

    Portugal: la colère de la rue face à une nouvelle cure d’austérité

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    Elèves modèles de l’Europe depuis deux ans en raison des programmes d'austérité mis en place, les Portugais sont aujourd'hui révoltés. Ce jeudi 27 juin, ils organisent une journée de grève générale contre de nouvelles mesures qui visent à ramener le déficit public du pays à 5% du PIB.

    Les Portugais se mobilisent dans tout le pays à l’appel des deux principaux syndicats du pays, l’UGT, l’Union générale des travailleurs et la CGTP, la Confédération générale des travailleurs du Portugal. Les doléances sont nombreuses. Les Portugais s’opposent à la suppression de 30 000 postes de fonctionnaires, à l’allongement de leur temps de travail de 35 à 40 heures par semaine, sans compensation. Ils protestent aussi contre la hausse générale des impôts, le gel des pensions de retraite, la diminution des remboursements de la sécurité sociale…

    Ces coupes, dans presque tous les domaines, enfoncent le pays dans la pauvreté, s’insurge Paula Bernado, numéro deux de l’Union générale des travailleurs : « En ce moment le Portugal est un pays où les politiques économiques sont centrées sur l’assainissement des finances publiques. Il y a eu un coût social très, très élevé. Un coût qui se traduit par une très forte augmentation du chômage, aujourd’hui le taux du chômage des jeunes dépasse les 40%. Il y a aussi une hausse du chômage en général qu’on a jamais connue dans notre pays ».

    Pour Paula Bernado, la politique d’austérité a réduit le pouvoir d’achat des ménages. Une situation qui est responsable de l’appauvrissement des employés et des retraités : « Ce n’est pas possible de continuer à avoir des politiques d’austérité qui freinent les investissements, la croissance économique, et qui conduisent de plus en plus de gens au chômage ».

    Le plan d’aide de la troïka

    La politique d’austérité a été mise en place il y a deux ans en échange d’un prêt de 78 milliards d’euros de l’Union européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne.

    Mais malgré cette aide, la situation n'a fait qu'empirer. « Vous avez un pays qui doit faire face à une dette publique considérable, plus de 120% de son PIB, et qui se trouve dans l’incapacité de gérer tout seul cette dette d’où la nécessité de faire appel à des créanciers internationaux », explique Jesus Castillo, économiste spécialiste de l’Europe du Sud chez Natixis. « Ceux-ci disent aux Portugais, 'il va falloir se serrer la ceinture et redresser votre économie', sauf que on ne voit pas comment on va faire repartir cette croissance parce que les facteurs traditionnels de la croissance sont totalement absents du pays, donc vous avez une situation où l’horizon semble bouché de tous les points vers lesquels vous pouvez regarder », précise l’économiste.

    Un « horizon bouché », qui pourrait s’éclaircir si des changements radicaux étaient effectués. « Il faut améliorer le pouvoir d’achat des personnes pour augmenter le marché intérieur et il faut valoriser les salaires, les pensions, parce que si on ne le fait pas, les entreprises vont continuer à fermer leurs portes, les travailleurs vont continuer à être licenciés », déplore Graciete Cruz, membre de la Commission exécutive de la CGTP, la Confédération générale des travailleurs du Portugal. Elle demande la démission du gouvernement, responsable, selon la CGTP du marasme dans lequel se trouve le pays aujourd’hui : « Il faut un changement de politique. Il faut organiser des élections anticipées, parce que ce gouvernement ne résout aucun des problèmes du pays ».

    L’émigration des Portugais

    Depuis 2008, 800 000 emplois ont été détruits au Portugal. Cela veut dire que 15% de l’emploi a été détruit, ce qui a eu un effet considérable sur le revenu des ménages. Depuis 2008, il y a eu aussi une baisse cumulée de 12% des salaires, donc avec une perte de pouvoir d’achat considérable : « Depuis ces deux dernières années, c’est une baisse de 6% du pouvoir d’achat et c’est quelque chose de très impressionnant et de très violent pour les consommateurs », analyse Jesus Castillo.

    Autre problème auquel le pays doit faire face : le départ des Portugais. Ils sont de plus en plus nombreux à quitter le pays dans l’espoir de trouver un travail : 100 personnes par jour en moyenne en 2012. Et par ricochet, le taux de natalité est lui aussi en baisse, commente Manuel Villaverde Cabral, sociologue et chercheur émérite à l’université de Lisbonne. « Le Portugal a un taux de natalité extrêmement bas, de l’ordre de 1.3, ce qui est très loin de ce qui est nécessaire pour le remplacement des générations. On l’attribue surtout à l’émigration de jeunes en âge de reproduction et qui ne sont plus là et qui n’ont pas de bébés, ou s’ils les ont, ils ne les ont pas au Portugal ; comme cela c’est d’ailleurs passé dans les années 60-70 ».

    Mais depuis 1986, le Portugal fait partie de l’Union européenne et doit se plier aux règles de ses créanciers, à l'instar de la Grèce et de l’Espagne. Pour l'économiste Jesus Castillo, il faut que la solidarité européenne soit à l’œuvre : « On pourra pas relancer la croissance sans faire de l’investissements dans ces pays et ces pays ne peuvent plus le faire par eux-mêmes. » Et une des solutions pour l’économiste serait d’envisager « une forme de fédéralisme européen ». Les pays de la zone euro qui sont en meilleure santé ou qui disposent d’excédent d’épargne pourraient aider les pays européens en difficulté, comme le Portugal, mais aussi la Grèce ou encore l’Espagne, à financer des « dépenses intelligentes » qui permettent de reconstruire une économie, et « donc de relancer la croissance, c’est de l’investissement qui va générer de l’emploi et de la croissance ».

    Attirer les investisseurs

    Pour attirer les investisseurs, le Portugal table sur le tourisme et notamment sur les Européens en quête de résidence secondaire. Bruxelles et le FMI sont d'accord pour aider Lisbonne à mettre en place une fiscalité avantageuse pour les nouveaux résidents.

    Pour l’heure, l’UE a décidé d’allonger d’environ sept ans la durée des prêts accordés au Portugal, et aussi à l’Irlande, dans le but de faciliter leur retour sur les marchés financiers. Les experts de la troïka sont, par ailleurs, arrivés ce lundi 24 juin au Portugal pour préparer la prochaine évaluation trimestrielle de la situation économique et budgétaire, qui débutera officiellement le 15 juillet.

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