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    Europe

    Danièle Bousquet : «Le droit d'avoir un enfant est un droit qui appartient à la femme»

    media Des opposants à l'avortement ont manifesté devant le Parlement irlandais, mercredi 10 juillet, la veille du vote. REUTERS/Cathal McNaughton

    Le Parlement irlandais a voté ce jeudi 11 juillet un texte autorisant pour la première fois l'accès à l’avortement. Il demeure toutefois réservé uniquement aux grossesses mettant en danger la vie de la mère, ce qui exclut de fait les situations de viol, d’inceste, ainsi que les cas de handicap diagnostiqué chez l’enfant à naître. Danièle Bousquet, présidente du Haut conseil à l'égalite entre les femmes et les hommes, commente cette réforme extrêmement limitée. Propos recueillis par Caroline Paré.

    RFI: Dans les faits, nous l’avons entendu, la loi n’apporte rien de révolutionnaire, mais il s'agit quand même un grand pas pour l’Irlande.

    Danièle Bousquet : Je dirais que c’est bien sûr une avancée, mais une toute petite avancée, parce que ça ne change rien finalement, pour les femmes qui se trouvent – je le dis volontairement comme ça – punies d’une grossesse imposée, qu’elles n’ont pas voulue. Autant c’est un grand bonheur d’avoir un enfant qu’on a souhaité, autant, je crois, c’est quelque chose d’épouvantable que d’être victime d’une grossesse qu'on ne souhaite pas mener à terme.

    Cette toute petite avancée ne change rien au mouvement qui existe aujourd’hui en Europe et qui vise à remettre en cause les droits à l’avortement. Il ne faut pas oublier qu’on a encore Malte, pays qui, aujourd’hui, n’autorise pas l’avortement. On a encore trois pays en Europe [ndlr: la Pologne, Malte et Chypre appliquent des politiques très restrictives en matière d'avortement].

    On voit bien que c’est un gros problème en Europe parce que, dans des pays comme l’Espagne par exemple, qui avait un droit à l’avortement, on revient dessus : le ministre de la Justice remet en cause les choses. La Lituanie aussi remet en cause les choses. En fait, on voit bien qu’il y a un mouvement en Europe qui remet en cause les droits des femmes, et en particulier ce droit très important qui est le droit à l’avortement.

    Dans le cas de Dublin en particulier, la Cour européenne des droits de l'Homme a peut-être fait bouger les choses, puisqu’elle avait condamné l’Irlande pour avoir interdit l’avortement à une femme qui était en rémission d’un cancer par exemple.

    Effectivement, la Cour européenne des droits de l’Homme, la Cour de justice, avait condamné l’Irlande, et à juste titre. C’était une femme qui était en fin de vie et qui disait que sa grossesse risquait d’accélérer sa fin et l’Irlande lui avait interdit d’avorter. C’est invraisemblable !

    Puis il y a eu, au printemps dernier, cette jeune femme de 30 ans, qui est morte parce qu’on lui a interdit un avortement après qu’elle ait fait une fausse-couche et elle est morte ! Et vous avez, comme ça, de part le monde, des dizaines de milliers de femmes qui, chaque année, meurent parce que des hommes décident qu’elles n’ont pas le droit d’avorter. Au nom de quoi ils décident que ces femmes vont mourir ? C’est un scandale humanitaire ! Et en Europe on voit qu’il y a des tentatives aussi régulières de remettre en cause ce droit élémentaire des femmes à décider de leur maternité.

    Il y a aussi, d’un autre côté, des mouvements de pression très importants, des mouvements traditionalistes, catholiques. Par exemple, dans le cas de l’Irlande, 35 000 personnes encore ont  manifesté dans les rues de la capitale samedi dernier.

    Oui, mais on en retrouve partout. Ce sont ces mêmes mouvements intégristes, conservateurs, qui agissent partout en Europe pour qu’on revienne sur ce droit à l’avortement. Le cas de l’Irlande n’est pas un cas isolé: ce sont des mouvements concertés, organisés, actionnés par les forces conservatrices américaines. Elles ont beaucoup d’argent et  financent tous ces mouvements, qui eux viennent dire à quel point c’est scandaleux que des femmes ne puissent disposer de leur droit à avoir un enfant. C’est un droit élémentaire ! Comment peut-on imaginer qu’on puisse imposer à une femme d’avoir un enfant malgré elle ?

    Je disais tout à l’heure que c’est magnifique, merveilleux, d’avoir un enfant quand on l’a désiré. C'est une horreur quand cet enfant vous est imposé, pour la femme comme pour l’enfant à venir. C’est scandaleux de voir que l’argent finance ces mouvements qui vont protester dans la rue. Dans tous les pays, y compris en France, on a ce genre de mouvements. Heureusement, en France, ils sont moins violents qu’ailleurs.

    Selon les chiffres, près de 4 000 femmes ont dû voyager entre l’Irlande et la Grande-Bretagne l’an passé, pour se faire avorter. De toute façon, les femmes irlandaises qui souhaitent mettre fin à leur grossesse peuvent le faire simplement. Il faut, pour cela, aller dans l’Etat voisin.

    En effet, il y a deux solutions. Les femmes qui ne veulent pas d’une grossesse avortent, de toute façon. Ou bien elles ont de l’argent pour aller à l’étranger, ou bien elles n’en ont pas et, dans ce cas-là, ce sont des avortements comme on les faisait en France il y a quarante ans. C'est-à-dire avec une aiguille à tricoter, avec n’importe quoi. Ainsi, les femmes peuvent être victimes de septicémies, mourir ou bien devenir stériles. C’est monstrueux cette affaire-là.

    L’Irlande, un pays qui appartient à l’Europe, n’est pas capable de faire ce pas, qui consiste à dire : le droit d’avoir un enfant, c’est un droit qui appartient à la femme. En termes de législation européenne, moi j’appelle à ce qu’aujourd’hui il y ait ce droit et que ce soit un droit premier pour les femmes dans les pays qui appartiennent à l’Union européenne. Que cela fasse partie des conditions d’accès à l’Europe, pour les pays qui souhaitent y entrer, ou qui sont dans l’Europe aujourd’hui. C’est une question de droit et c’est un droit humain, un droit élémentaire !

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