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    Royaume-Uni: rapport accablant sur l’état des hôpitaux publics

    media Façade du Royal London Hopital, qui fait partie du système de santé public britannique, le National Health Service (NHS). Wikimedia

    En Grande-Bretagne, le système hospitalier est aujourd'hui sur le banc des accusés. Un rapport vient d’épingler 14 hôpitaux publics dont le taux de mortalité élevé avait attiré l’attention des autorités. L’enquête révèle de graves négligences qui pourraient avoir provoqué la mort de milliers de patients depuis 2005.

    De notre correspondante à Londres,

    Le rapport est un triste catalogue de négligence, d’incompétence, mais aussi d’absence d’encadrement. Il décrit des hôpitaux qui souffrent d’un manque cruel de personnel médical, des médecins et infirmières débordés qui, à leur tour, manquent de compassion et commettent des erreurs basiques. Dans un hôpital du Grand Manchester, par exemple, un patient ayant contracté une grave infection bactérienne a été placé dans un dortoir de six personnes, au risque de contaminer les cinq autres malades de cette salle commune ; un autre patient s’est vu administrer de la pénicilline après avoir pourtant spécifié aux infirmières qu’il était allergique, enfin une patiente est morte de malnutrition après avoir été hospitalisée pendant cinq mois pour une occlusion intestinale. Plus généralement, dans ces établissements les soins sont si chaotiques que les patients restent plusieurs jours avant d’être vus par un médecin ou doivent attendre des heures sur un brancard dans un couloir parce que les urgences sont saturées.

    Ce n’est pas la première fois que de telles défaillances sont découvertes au sein du système de santé public britannique, le National Health Service (NHS). Et ces enquêtes au sein de ces hôpitaux de tous les dangers ont été diligentées par le gouvernement à la suite d’un retentissant scandale similaire à l’hôpital de Stafford dans le centre de l’Angleterre où, entre 2005 et 2009, quelque 1 200 patients sont morts dans des conditions sordides. Privés d’eau, de nourriture et d’hygiène élémentaire, certains en étaient réduits à boire l’eau des vases dans leur chambre. Cela a été l’un des plus gros scandales au sein du NHS depuis sa création en 1948. Cela a beaucoup choqué les Britanniques très attachés à ce système si particulier financé par l’impôt qui offre des soins gratuits pour tous.

    Le plus grand service public du monde

    Le NHS, qui emploie 1,7 million de personnes et gère huit patients à la seconde, est le plus grand service public du monde, c’est une institution qui faisait jusqu’à présent la fierté du pays et avait d’ailleurs fait l’objet d’un vibrant hommage lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Londres l’an dernier. Mais les auteurs de ces différents rapports accablants pointent tous du doigt un problème de culture désormais au sein du NHS avec des directeurs hospitaliers plus soucieux d’atteindre des objectifs bureaucratiques et l’équilibre des comptes de leur établissement que de la qualité des soins. Ils dénoncent aussi une culture du secret qui tente de faire taire tous ceux qui lancent des mises en garde contre ces défaillances.

    Le ministre de la Santé s’est exprimé devant les députés après la publication de ce dernier rapport. Jeremy Hunt a promis des mesures rigoureuses et a annoncé que 11 des 14 établissements incriminés ont d’ores et déjà été placés sous administration spéciale. Ce qui veut dire que des équipes extérieures, qui ont travaillé dans d’autres établissements exemplaires, ont repris les rênes de ces hôpitaux et ont pour mission d’améliorer le plus vite possible la situation. Certaines mesures incluent aussi la fermeture immédiate de blocs opératoires jugés dangereux, car mal entretenus. Les trois autres établissements sont, quant à eux, en sursis et ont un an pour redresser la barre. Auparavant, le Premier ministre, David Cameron avait annoncé la création d’un poste de contrôleur général des hôpitaux et a promis de renforcer le système d’inspections d’ici à l’automne prochain.

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