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    Europe

    Monarchies: après la vague d’abdications, une nouvelle époque ?

    media Le roi des Belges Albert II, accompagné de son épouse la reine Paola, va abdiquer le 21 juillet 2013. REUTERS/Yves Herman

    Après le pape Benoît XVI, la reine Béatrix des Pays-Bas et l’émir du Qatar, c’est le roi des Belges Albert II qui abdique. Son fils Philippe montera sur le trône le dimanche 21 juillet 2013.

    Dans l’immédiat, pour les monarchies en général, et pour la Belgique en particulier, cette série d’abdications signifie surtout l’arrivée d’une nouvelle génération de monarques. Certes, il y a des maisons royales qui se montrent réticentes à la nouvelle « mode ». Dans ce contexte, on cite souvent la monarchie britannique. Mais, selon certains observateurs, il s’agit d’une vague à laquelle il ne sera pas facile de résister. L’ancien ambassadeur de Pologne en Belgique et au Luxembourg Jan Wojciech Piekarski, qui connaît bien le futur roi Philippe, y voit une lame de fond, un « changement générationnel ». Il pense donc que « dans quelques années, nous assisterons à un peu plus d’abdications en Europe ». Pour le diplomate, celles-ci sont probables en Scandinavie, en Espagne, « et finalement, aussi au Royaume-Uni ».

    Impression de désuétude

    Ainsi, si l’on en croit Jan Wojciech Piekarski, pratiquement aucune famille royale au pouvoir en Europe ne devrait échapper au phénomène. Il est vrai que le besoin de changement et de renouvellement au sein de ce cercle fermé se fait de plus en plus sentir. En effet, l’image que les familles régnantes donnent depuis déjà longtemps n’est pas très attirante, surtout pour la jeune génération des Européens. Monarques âgés, institution monarchique archaïque… ce qui donne une impression générale de désuétude.

    La nouvelle génération de rois et de reines va sans doute se rendre rapidement compte que l’abdication peut servir les intérêts du système monarchique comme accélérateur de sa modernisation. C’est ce que suggère Pascal Delwit, professeur de sciences politiques à l'université libre de Bruxelles. Pour lui, l’abdication d’Albert II s’inscrit « dans la révision du principe héréditaire et du principe monarchique », ainsi que « dans une forme de modernisation » de ce « reliquat du passé, peu en phase avec la démocratie contemporaine ». Selon le politologue belge, nous assistons à des tentatives d’adaptation de la monarchie non seulement à la démocratie de notre époque, mais aussi « à l’allongement de l’espérance de vie ». Cet important facteur fait que l’on entre « dans une philosophie où il ne faut pas spécialement attendre la mort pour qu’il y ait une succession ». Ainsi, un souverain peut simplement estimer que le temps est venu pour passer la main et « ça peut se faire sans que cela suscite quelques émois ».

    Accompagnement sans influence

    La modernisation et l’adaptation passent aussi par d’autres sacrifices nécessaires. Le plus important n’est pas tout à fait nouveau. Les familles royales européennes ont dû se rendre à l’évidence il y a déjà un certain temps : leur seule perspective consiste en un simple accompagnement du développement de la société, sur laquelle elles ont de moins en moins d’influence.

    L’exemple belge l’illustre bien. Martine Dubuisson, journaliste au quotidien belgeLe Soir, grande spécialiste de la politique intérieure et de la monarchie du pays, explique que le nouveau roi Philippe sera confronté à un phénomène sur lequel il n’aura aucun impact. Il s’agit de « confédéralisation », c’est-à-dire d’une autonomie croissante des régions, souhaitant chacune être « davantage maître chez soi ». Tout cela sur le fond de tensions politiques entre les Flamands et les Wallons. Dans ce contexte, « Philippe ne pourra qu’accompagner le processus ; il ne peut plus en aucun cas le freiner ». Il n’aura même « certainement pas intérêt à le freiner ». Or, il s’agit d’un processus qui pourrait, à long ou moyen terme, menacer l’existence même de la Belgique, et donc de sa monarchie, considérée comme l’un des éléments les plus stables et les plus fédérateurs du pays, comme symbole de son unité.

    Les rois règnent, mais ne gouvernent pas

    En Europe, les rois règnent, mais ne gouvernent pas, même si certains jouent un rôle, plus ou moins décoratif, lors de la désignation du gouvernement. Martine Dubuisson est catégorique : « Le vrai pouvoir en Belgique est entre les mains des politiques, pas aux mains du roi, en tout cas en ce qui concerne tout ce qui est institutionnel et politique ».

    En fin de compte, les monarques européens ne peuvent plus grand-chose. Toutefois, cela ne veut pas dire qu’ils n’ont aucune utilité. Encore une fois, l’exemple belge en est une bonne illustration. Pour Francis Balace, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Liège et éminent connaisseur de la monarchie belge, « le roi est un facteur d’union, il est indispensable à l’architecture belge ». Et cette « architecture » est assez fragile. Philippe en a déjà fait l’expérience. Il fut violemment attaqué par les séparatistes flamands quand « il s’est un peu lâché » en disant que si un jour ils essayaient de faire éclater la Belgique, « ils auraient affaire à lui ».

    Retournement

    Du point de vue des Flamands les plus radicaux, la monarchie belge est non seulement inutile, mais elle mérite d’être activement combattue. Tous les clichés volent en éclats. Un véritable « retournement » a eu lieu au sein de la société belge. « Les Wallons, explique Francis Balace, étaient un peu voltairiens, très à gauche, opposés à la monarchie ; les Flamands, par atavisme catholique, la soutenaient de toutes leurs forces. Maintenant, nous avons l’inverse : la partie francophone du pays qui se reconnaît dans la monarchie et qui voit en elle une espèce de bouclier contre des empiètements flamands de plus en plus accentués, et les Flamands qui voudraient réduire la monarchie à un rôle purement protocolaire d’inauguration d’expositions et de visites des chefs d’Etat étrangers ».

    Il est encore difficile à dire de quel côté penchera la balance, et quelle forme prendra finalement l’Etat belge s’il survit aux tempêtes qui le secouent. Ce qui est certain, c’est que le nouveau roi Philippe, aidé par sa très populaire épouse Mathilde, va s'employer à devenir le « facteur d'union » à partir du 21 juillet 2013.

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