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    Europe

    Grèce: la réforme du droit d'asile en marche

    media Saïd Helal, ancien fonctionnaire syrien, habite désormais Athènes. Amélie Poinssot

    Depuis des années, la Grèce était montrée du doigt par les ONG pour son incapacité à accueillir décemment les demandeurs d'asile. Il y a deux ans et demi, une loi a posé les bases d'un système de droit d'asile aux normes européennes. La mise en place de la réforme a finalement commencé début juin.

    Saïd Helal n'a pas de mots assez durs pour décrire sa situation : « Fuir l'injustice, la guerre, la dictature de Bachar el-Assad... Et se retrouver là... Si j'avais su que ce serait comme ça, je ne serais pas parti de Syrie. » Cet ancien fonctionnaire se morfond aujourd'hui dans un appartement loué par des compatriotes à Athènes, après avoir erré des jours et des nuits dans la rue. Il fait partie de ces immigrés qui ont théoriquement droit au statut de réfugié.

    Mais il n'en a même pas fait la demande : « A quoi bon ? »... Cela ne lui permettra ni de trouver un travail, dit-il, ni de retrouver son fils, actuellement détenu dans un centre de rétention en Italie. Et les réponses sont rarement positives : en 2012, sur 154 Syriens qui ont fait la démarche, seulement deux ont obtenu l'asile politique.

    « La réforme tant attendue est enfin sur les rails, se réjouit toutefois Petros Mastakas, officier de protection du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le centre d'accueil d'Athènes a ouvert début juin, et nous attendons l'ouverture des treize autres centres en province. »

    Des besoins considérables

    Le HCR a suivi de près cette réforme, donnant maintes recommandations lors de la rédaction du projet de loi, il y a deux ans et demi : jusqu'alors, les demandes étaient traitées par la police à Athènes. Il fallait donc créer des instances, indépendantes, qui permettent de couvrir l'ensemble du territoire, et recruter le personnel adéquat, notamment en matière de traducteurs. Car les besoins sont considérables : depuis son ouverture, le premier centre d'accueil a déjà enregistré une quarantaine de demandes par jour.

    De fait, la Grèce est l'une des principales portes d'entrée du continent européen : sa frontière avec la Turquie, à la fois maritime, terrestre et fluviale, est poreuse et a vu passer, ces dernières années, le plus grand nombre d'entrées clandestines de l'Union européenne. Les demandeurs d'asile y sont donc nombreux, mais ils n'ont toujours pas les moyens de se déclarer en bonne et due forme.

    Sur l'île de Lesbos par exemple, où les arrivées se font plus denses ces derniers mois, les immigrés n'ont aucune possibilité en foulant le sol grec de déposer une demande d'asile : ils échouent sur le port, sont cueillis par la police, et reçoivent, quand ils sont libérés, un papier leur intimant l'ordre de quitter la Grèce dans les trente jours.

    « Ne pas se contenter de cette réforme »

    L'objectif de la réforme est de remédier à cela. C'est un changement notable pour la Grèce, où les incohérences de l'asile avaient fini par complètement biaiser le système : de nombreux immigrés, venus en Europe pour des raisons plus économiques que politiques, constituaient ainsi un dossier pour le statut de réfugié afin d'obtenir une carte provisoire de demandeur d'asile qui les protégeait de l'expulsion.

    De leur côté, afin de faire passer le message que la Grèce n’est pas un pays d’accueil, les autorités traitaient en priorité ces cas manifestement infondés. Résultat, le taux de reconnaissance était très faible - moins de 1 % des demandeurs obtenaient gain de cause - et des milliers de dossiers restaient en attente, entretenant ainsi la confusion entre demandeurs d'asile et immigrés clandestins.

    « Ce vide juridique répondait à l'absence de politique en matière d'immigration, explique Petros Mastakas. Il est très important qu'à présent les autorités ne se contentent pas de cette réforme ni ne s'en servent comme alibi pour ne rien faire en matière d'immigration. »

    Autrement dit, tout reste à faire du côté de l'intégration des immigrés et de la régularisation des sans-papiers. Ces derniers, malgré leur importante contribution à la croissance économique dans la Grèce d'avant la crise, se heurtent à une législation très stricte en matière de permis de séjour et de naturalisation.

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