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    Europe

    Gibraltar, objet de discorde entre l’Espagne et le Royaume-Uni

    media La frontière, entre l’ Espagne et le territoire britannique de Gibraltar, au niveau de la Linea de la Concepción, dans le sud de l’Espagne, le 6 août 2013. REUTERS/Jon Nazca

    Le climat s’est tendu ces derniers jours entre le Royaume-Uni et l'Espagne au sujet de Gibraltar, cette enclave britannique de seulement 7 km² située au sud de la péninsule ibérique. Les deux pays se sont mutuellement menacés ce lundi 12 août de poursuites judiciaires à propos de ce petit territoire, le « Rocher » étant objet d’une discorde diplomatique qui dure depuis trois siècles.

    par Cyril Peter

    En effet, Gibraltar est une enclave britannique depuis 1713, aux termes du traité d’Utrecht, qui a mis fin à la guerre de Succession d’Espagne. L'Espagne a ensuite tenté à plusieurs reprises de reprendre cet emplacement stratégique en Méditerranée, qui est toujours resté dans le giron britannique.

    Aujourd’hui, Madrid réclame le retour de ce territoire sous sa souveraineté. Pourtant, en 2002, la population de Gibraltar a rejeté cette idée. Lors d'un referendum, les Gibraltariens ont dit   « non  » à 99%. Par la suite, le gouvernement socialiste de Zapatero a fait quelques concessions aux 30 000 habitants du « Rocher ». Sauf que le gouvernement actuel, conservateur, se montre très critique depuis une semaine. « La récréation est terminée », a lancé le ministre des Affaires étrangères espagnol. Selon lui, les socialistes ont été trop tendres face à l'impérialisme britannique.

    L’Espagne à la rescousse de ses pêcheurs

    La crise a débuté fin juillet quand les autorités de Gibraltar ont installé au large, sans prévenir, un récif artificiel en béton dont le but est, selon le gouvernement local, de favoriser le repeuplement par les poissons. Installés à quelques kilomètres de là, les pêcheurs espagnols ont haussé le ton en arguant qu’ils ne pouvaient plus naviguer dans les eaux du « Rocher ».

    Intervient alors le gouvernement espagnol. Pour défendre les intérêts de ses pêcheurs, l’Espagne annonce qu’elle envisage d’instaurer une taxe de 50 euros à l'entrée et à la sortie de Gibraltar. L'installation de ce péage servirait, selon Madrid, à compenser les pertes des pêcheurs locaux.

    Outre le projet de péage, l’Espagne emploie un autre moyen pour faire pression sur l'enclave britannique : les contrôles douaniers. Depuis une semaine, Gibraltar dénonce des contrôles abusifs à sa frontière, l'Espagne défendant que ces contrôles sont obligatoires puisque, comme sa mère patrie, Gibraltar n'appartient pas à l'espace Schengen. Selon Madrid, ces contrôles sont donc nécessaires pour lutter contre la contrebande. Ainsi, en intensifiant les contrôles douaniers, de gigantesques embouteillages se sont créés, la période estivale n’arrangeant pas la situation. Le week-end dernier, les automobilistes à la frontière ont dû attendre jusqu'à six heures sous un soleil de plomb.

    Le dialogue n'est pas rompu

    Toutefois, il n'y a pas que le poisson qui empoisonne les relations entre l'Espagne et le Royaume-Uni. Alors que le gouvernement espagnol impose à ses citoyens une cure d’austérité, Madrid a saisi l'occasion pour pointer du doigt une partie des riches habitants de Gibraltar. En effet, l’Espagne a dans le viseur les 6 700 Gibraltariens qui, selon les chiffres avancés par son ministre des Affaires étrangères, habiteraient en Espagne mais paieraient leurs impôts sur le « Rocher », là où les prélèvements sont parmi les plus bas d'Europe.

    Sur le plan économique, le contraste est saisissant entre l’enclave britannique et la quatrième économie de la zone euro. D'un côté, l'Espagne est en récession, de l'autre, Gibraltar affiche une croissance insolente de plus de 7%. Côté emploi, plus d'un quart des Espagnols sont sans travail. Pendant ce temps-là, les Gibraltariens connaissent le plein emploi. Enfin, la TVA en Espagne est passée de 18 à 21% l’an dernier alors que Gibraltar n’en a pas.

    Pour autant, les deux partenaires européens, habitués à collaborer étroitement à l’ONU et à l’Otan, poursuivent le dialogue. La semaine dernière, les chefs des diplomaties espagnole et britannique ont créé des groupes de travail pour résoudre la crise, ce qui laisse à penser qu’ils ne finiront par en venir aux mains.

    L’ONU, en arbitre ?

    Néanmoins, le gouvernement conservateur de David Cameron se montre intransigeant. Il n’est pas question de laisser tomber ses 30 000 compatriotes menacés par l’ogre espagnole. C’est pourquoi Londres envisage de poursuivre Madrid à propos de ses contrôles « disproportionnés » à la frontière de Gibraltar. De son côté, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy va encore plus loin, en brandissant la menace des « mesures légales ». Pour régler son différend avec le Royaume-Uni, l’Espagne pourrait se tourner vers les Nations unies ou la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye.

    Face à ce regain de tensions, certains observateurs, notamment en Espagne, accusent Mariano Rajoy de vouloir étouffer une affaire de corruption qui l'aurait affaibli. Selon eux, Gibraltar ne serait qu'un prétexte pour faire oublier l’affaire dite Barcenas dans laquelle le Premier ministre espagnol a été cité. Ou encore une manipulation pour reconquérir des Espagnols, dégoûtés par la politique et à bout de souffle à cause de la crise.

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