A la Une : frustration en Macédoine, chasse aux sorcières, chasse aux fantômes
Une revue de presse présentée en partenariat avec Le Courrier des Balkans.
Depuis deux ans, en Macédoine, la Commission de vérification des faits traque les anciens « collaborateurs » de la police yougoslave. En réalité, le mécanisme ne sert qu’à jeter l’opprobre sur des personnages qui déplaisent au régime. La Commission s’en prend désormais à des membres de l’Académie macédonienne des arts et des sciences (MANU), mais celle-ci réagit en bloc.
« Les Grecs espionnent les Macédoniens et les Albanais. Les Albanais espionnent les Serbes. Les Serbes espionnent les Bulgares et les Albanais. Les Bulgares espionnent les Turcs. Les Turcs espionnent les Grecs… Et les Américains espionnent tout le monde »... En réalité, tous les services de renseignement du monde se croisent en Macédoine, avec une nouvelle « cible » privilégiée : les réseaux de volontaires qui partent en Syrie.
Après deux mois d’audit, la commission dépêchée par le maire de la municipalité Centre, Andrej Žernovski, a présenté les premiers résultats d’un rapport accablant. Le faramineux projet architectural Skopje 2014 est bel et bien entaché d’irrégularités urbanistiques. La commission a également dénoncé l’opacité financière des transferts de fonds à partir du budget de l’État.
Les opposants au gouvernement bulgare de Plamen Oresharski ne désarment pas, malgré la chaleur caniculaire et plus de cinquante jours de manifestations. Cette fois, les contestataires s’organisent en réseau contre l’oligarchie. Journal, site web, télé... Le « réseau de la colère » veut servir de poste d’alarme de la société civile.
C’est la dernière mode. Les pays des Balkans recrutent au prix fort des politiciens en retraite occidentaux comme « conseillers », chargés de les aider dans le processus d’intégration européenne. En Albanie, Edi Rama s’est offert Tony Blair, en Serbie, on a beaucoup spéculé sur le recrutement de Dominique Strauss Kahn, mais Aleksandar Vučić pourrait aussi faire appel à des politiciens britanniques.
Rien ne va plus dans l’audiovisuel public serbe. La RTS et la RTV, dont les salariés n’ont pas été payés depuis des mois, sont obligées de recourir à un financement de l’État. Tanjug devient l’Office d’information du gouvernement. Pink TV est sanctionnée par le Conseil de l’Agence de radiodiffusion de la République pour propos diffamatoires contre des journalistes de Blic... Cet été en Serbie, le temps n’est pas au beau fixe pour les médias.
La situation économique de la Bosnie ne cesse de s’aggraver. La dette publique cumulée atteint 8,9 milliards de marks : chaque citoyen du pays doit ainsi 1 800 KM, soit 900 euros. La situation est particulièrement périlleuse en Republika Srpska, l’entité serbe du pays. L’entité et les communes sont lourdement endettées, et pourraient entraîner tout le pays dans la faillite.
La dette publique ne cesse de se creuser, le déficit augmente... Le gouvernement de centre-gauche croate veut vendre les derniers « bijoux de famille » pour essayer de sauver l’État de la faillite. En privatisant les sociétés d’autoroute, lourdement déficitaires et elles-mêmes grevées de dettes, il espère ramasser trois milliards d’euros. Les syndicalistes dénoncent un bradage des ressources publiques.
L’intégration européenne de la Moldavie est la priorité du gouvernement du Premier ministre Leanca. Or, une loi sur la tolérance et la protection des minorités sexuelles, adoptée en 2012, a provoqué l’ire du tout-puissant clergé orthodoxe, qui l’assimile à une « promotion immorale de modes de vie non-traditionnels ». Le gouvernement n’a pas tardé à répliquer, rappelant les privilèges et le faste de l’Église, et menaçant celle-ci d’un contrôle fiscal.
La police a été dépêchée samedi 10 août vers le camp d’Amygdaleza, principal centre de rétention de migrants de Grèce mis en place depuis 2012. Une émeute a éclaté lorsque les retenus ont été informés que la durée maximale de détention dans le camp serait portée de un an à dix-huit mois. La police a ensuite lancé une chasse à l’homme à Athènes pour retrouver les évadés.
- Migrants en Grèce : mutinerie au camp d’Amygdaleza
- Migrations clandestines : les Balkans, antichambre de l’UE
La documentariste féministe grecque Alinda Dimitriou s’est éteinte à 79 ans, le 30 juillet 2013. Peu connue du grand public, cette militante de gauche a su donner la parole à des gens simples et dépeindre le combat politique de femmes ordinaires ayant subi la clandestinité, l’exil ou la torture.
Août 1993, la guerre de Bosnie-Herzégovine bat son plein. Sarajevo et Mostar sont assiégées, les combats se généralisent entre Croates et musulmans... Des milliers de pacifistes, majoritairement Italiens mais aussi français, tentent de forcer le passage jusqu’à la capitale bosniaque. Sans succès. La caravane se replie en Herzégovine, mais l’aventure a contribué à forger la conscience politique d’une génération.

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