GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 21 Mai
Dimanche 22 Mai
Lundi 23 Mai
Mardi 24 Mai
Aujourd'hui
Jeudi 26 Mai
Vendredi 27 Mai
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Europe

    Russie: Sergueï Lavrov n’est pas le nouveau «Monsieur Niet»

    media

    Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe à la manœuvre dans le conflit syrien, semble avoir réussi un coup diplomatique et médiatique aux dépens de son homologue, John Kerry. Cela ne justifie cependant pas le portrait de « Monsieur Niet » que certains dépeignent, même si l’homme incarne depuis plus de dix ans la diplomatie russe.

    «C’est ce qu’on appelle le 'professionnel' par excellence. Le pur produit des écoles de diplomatie soviétique et russe», juge Nina Bachkatov, professeure de Sciences politiques à l’université de Liège, éditrice de la lettre Inside Russia.

    «Il a cette particularité d’avoir une expérience de négociations internationales, puisqu’il a été le représentant de l’Union soviétique puis de la Russie aux Nations unies pendant très longtemps. Et on a souvent dit d’ailleurs que c’était un de ses handicaps, parce que l’expérience des Nations unies est une expérience où l'on défend les intérêts de son pays contre les autres. Donc, c’est plus une négociation (où l'on doit être) en position de force. Et on lui avait souvent reproché d’adopter cette attitude, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères... une certaine souplesse est plus de mise, si je puis dire.»

    A (RE)LIRE : La Syrie «favorable» à un contrôle international de son arsenal chimique

    Sergueï Lavrov, 63 ans, bloque depuis trente mois toute résolution favorable à une intervention extérieure dans le conflit syrien. En proposant le démantèlement de l’arsenal chimique en Syrie, il vient d'empêcher des frappes punitives contre Damas.

    «Il y a beaucoup de complaisance »

    Mais, pour Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut Thomas Moore, cela n’a rien d’un coup de maître. Pour lui, Sergueï Lavrov ne mérite pas l’intérêt que les médias lui portent en ce moment. «Ici ou là, maintenant on nous apprend qu’il descend les rapides dans l’Altaï, qu’il boit du whisky… Ça me fait penser un petit peu à ce que l’on faisait circuler à l’époque d'Andropov, qui aimait le jazz, qui buvait du whisky... Ça fait très soviétique», juge le chercheur.

    « Je trouve qu’il y a beaucoup de complaisance dans la manière dont on présente les choses. Parce que la Russie pratique, donc, une 'diplomatie du Niet'. Ça fait deux ans et demi que tout est bloqué sur la question syrienne. La partie russe a été obligée de bouger les lignes et de faire de timides concessions de surface. Mais enfin, le fait est qu’ils ont bougé, alors que jusqu’ici ils ne voulaient pas du tout bouger. Et puis, une fois que le scénario de l’intervention militaire semble repoussé à un peu plus tard, à nouveau, ils pratiquent de l’obstructionnisme. Ils jouent le statu quo. Sauf que sur le terrain, le statu quo, il est difficilement tenable. Donc en soi, il n’y a rien de bien exceptionnel. Ce que la partie russe a pour elle, c’est véritablement une vision claire de ses intérêts et l’opiniâtreté. Mais après, il n’y a pas un sens de la manœuvre extraordinaire.»

    Lavrov « ne dit pas non à tout »

    Comme son prédécesseur du temps de la guerre froide, Sergueï Lavrov est affublé du sobriquet de «Monsieur Niet». Cela ne correspond pas au personnage, pour Nina Bachkatov : «Je ne suis pas d’accord avec le « Monsieur Niet ». Ça ne concerne pas du tout l’attitude de Lavrov. On n’est plus à la période de Gromyko (ministre soviétique des Affaires étrangères de 1957 à 1985, ndlr), qui était un vrai 'Monsieur Niet'. Parce qu’à l’époque on était dans un système de deux blocs. Et donc, systématiquement, ce qu’un bloc proposait, l’autre le refusait. Aujourd’hui, il ne dit pas non à tout. Simplement il a défendu la position de la Russie, parce que –on l’oublie très souvent – la Syrie n’est pas très loin de la frontière du sud de la Russie.»

    A (RE)LIRE : Armes, médicaments, argent: qui livre quoi à Damas ou aux rebelles?

    Pour Nina Bachakatov, «il y a aussi toutes ces dimensions de conflits entre les chiites et les sunnites, que la Russie ne veut certainement pas importer chez elle». Selon la chercheuse, pour la Russie, « la guerre en Syrie n’a jamais été complètement une guerre à l’étranger, puisque c’était (un conflit) dont ils voyaient les répercussions à leur frontière, en terme de déstabilisation de leurs propres voisins et de déstabilisation en Russie même ».

    Serguei Lavrov incarne depuis près de dix ans la diplomatie russe et quelque soient ses qualités, il reste néanmoins au service de la Russie et surtout du Kremlin.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.