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    Europe

    Anne-Marie Le Gloannec: en Allemagne, «la CDU était condamnée à s’entendre avec le SPD»

    media Le président du SPD Sigmar Gabriel (g.) et la chancelière allemande Angela Merkel, lors de la signature de l'accord sur la grande coalition, le 27 novembre 2013. 照片来源:路透社 REUTERS/Tobias Schwarz

    Les conservateurs allemands emmenés par la chancelière Angela Merkel, ont remporté nettement les législatives du 22 septembre, plus de 41 % des voix pour sa coalition de droite incluant les chrétiens démocrates de la CDU, et leurs alliés de la CSU bavaroise. Victoire nette, mais pas assez pour pouvoir gouverner seuls, les Verts ayant refusé de s’allier à la droite. Un accord a été trouvé avec le parti social-démocrate (SPD), que les militants ont finalement largement validé le samedi 14 décembre. Anne-Marie Le Gloannec, politologue et professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, revient avec nous sur l'émergence de cette «grande coalition».

    Les militants du SPD semblaient plutôt hostiles il y a quelques semaines à cette grande coalition. Or, ils en ont adopté le principe à plus de 75%. Comment expliquez-vous ce revirement ?

    Anne-Marie Le Gloannec : Je pense qu’il y a une raison majeure derrière cela. C’est qu’il n’y avait pas d’autre solution et le refus des militants aurait plongé l’Allemagne dans une sorte de crise, dans la mesure où il aurait probablement fallu recourir à de nouvelles élections, puisque d’autres coalitions n’étaient pas faisables. Ou bien alors, avoir à la limite, un gouvernement minoritaire, soutenu peut-être par les sociaux-démocrates. Donc les autres solutions étaient très mauvaises.

    La direction du SPD avait également mis sa démission dans la balance ?

    Bien sûr, bien sûr ! Mais les militants auraient pu se voir reprocher d’avoir risqué le sort du pays et d’avoir contredit les résultats des élections de septembre par un vote négatif.

    → À  (RE)LIRE : La base du SPD approuve l'accord sur un gouvernement de coalition en Allemagne

    Pensez-vous que le salaire minimum à 8 euros 50, ou la mesure qui permet aux salariés de 63 ans ayant cotisé 45 ans, de prendre leur retraite sans pénalités, ce sont des mesures qui a aussi pesé dans la balance ?

    Oui, bien sûr, il y a des inflexions dans le sens de la social-démocratie. Cela dit, je voudrais aller un peu plus voir la toile de fond. Angela Merkel, je pense, était certainement très contente de ne pas avoir la majorité absolue en septembre. Elle aurait été alors confrontée à des conservateurs ayant repris du poil de la bête. C'est-à-dire qu’elle aurait eu beaucoup de mal à faire avec son aile conservatrice, - et de la CDU, et des Bavarois -.

    Alors qu’avec les sociaux-démocrates, au fond elle continue sur sa lancée antérieure qui est celle de mener progressivement le pays, volontairement ou non – mais il me semble quand même qu’il y a une stratégie derrière ça – vers le centre et un petit peu vers la gauche, au moins sur le plan des réformes de société. Et on peut dire aussi maintenant sur le plan économique. Donc il a dû y avoir des tractations extrêmement difficiles. Mais en même temps ce n’est pas non plus complètement illogique, étant donné le passé d’Angela Merkel en tant que chancelière.

    → À (RE)LIRE : Allemagne: les principales dispositions économiques de l’accord SPD-CDU

    Angela Merkel, qui sera certainement chancelière pour la troisième fois ce mardi 17 décembre, lorsque le Bundestag (Assemblée) l'élira à nouveau, sera à nouveau à la tête d’un gouvernement où les sociaux-démocrates auront plusieurs portefeuilles importants. Le ministère des Affaires étrangères - dévolu à Frank-Walter Steinmeier -, celui de l’Économie, ou de la Justice également. Vous avez dit qu’Angela Merkel était gagnante. Le SPD l'est-il également ?

    Pour l’instant, c'est le cas. C'est-à-dire que dans le rapport de force entre SPD et CDU tout au long des négociations, le SPD n’était pas mal placé, même s’il était minoritaire. Sans lui, rien ne se faisait, puisque Angela Merkel a fait semblant d’approcher les Verts. Elle les a approchés, mais elle devait probablement savoir qu’il n’en sortirait rien. Donc en fait la CDU était condamnée à s’entendre avec le SPD, qui a haussé la mise jusqu’à un certain point.

    Mais en même temps il y a un risque réel qui existe dans les mois et les années à venir, c’est que le SPD comme la dernière fois lors de la dernière grande coalition, se retrouve dans une position de faiblesse, c'est-à-dire donc la coalition qui était au pouvoir lors du premier mandat d'Angela Merkel.

    Entre 2005 et 2009 ?

    Oui. Le risque est que le SPD se retrouve en quelque sorte laminé par la chancelière, par son pouvoir, par le pouvoir de la CDU et par le fait que le SPD est partenaire minoritaire. Donc ça va être extrêmement délicat. Et c'est d'ailleurs sur cette première expérience que les craintes ont porté, sur le fait que les militants puissent refuser l’accord de coalition.

    Cette Grande coalition gauche-droite existe en Italie, en Allemagne, on l’a déjà dit. En France on a du mal à l’imaginer. On pense plutôt à des blocages politiques. Revenons sur cette période de 2005-2009, la grande coalition. Quel bilan tirez-vous de cette période ?

    Il y a eu quand même un certain nombre d’éléments qui sont entrés en jeu, notamment en politique étrangère, une politique vis-à-vis de l’est de l’Europe qui a été assez innovatrice, il y a eu un côté conservateur, dans la mesure où il y avait les réformes Schröder (le précédent chancelier, social-démocrate, NDLR) qu’il fallait mettre en route, etc.

    Mais au fond le bilan n’a pas été un mauvais bilan.

    L’arrivée des sociaux-démocrates au gouvernement, plus proches idéologiquement du président français François Hollande, est-ce un bon point pour la proximité du tandem franco-allemand ?

    C'est à relativiser. Il ne faut pas se faire trop d’illusions non plus. On a entendu parler parfois de rebond, de reprise... c’est une absurdité totale, mais en même temps c’est vrai que le SPD s’est voulu depuis 2009 plus européen qu’Angela Merkel, plus ouvert au sud également, décidé à sauver le sud.

    Cela dit, on ne peut pas affirmer non plus que le SPD soit traditionnellement pro-européen et que la CDU ne l'est pas. Il y a un petit jeu aussi entre partis d’opposition et de parti de gouvernement. Mais cela dit, c’est vrai qu’il y a une fibre plus sensible, à l’aspect «keynésianisme» en Allemagne, à savoir un peu plus de dépenses en faveur des petits salaires précisément, etc. Une remontée du pouvoir d’achat qui correspond à ce que veulent les pays du sud.

    La chancelière Angela Merkel et le nouveau chef de la diplomatie, Frank-Walter Steinmeier, effectueront à priori ce mercredi leur premier déplacement à l’étranger, à Paris. C’est une habitude ou c’est un signe positif, justement, envers ces relations franco-allemandes ?

    Ce n’est pas toujours une habitude. Une fois, Merkel est allé d’abord à Varsovie. Mais c’est relativement traditionnel et c’est aussi pour marquer le fait que le partenaire français est considéré comme extrêmement important en Europe.

    Jeudi 19 et vendredi 20 décembre, se déroule un Conseil européen à Bruxelles. Pensez-vous que cette grande coalition peut fragiliser Berlin au niveau européen ou pas du tout ?

    Fragiliser comment ? Je ne vois pas. En fait c’est Berlin qui détient les cartes, de toute façon. Je dirais par défaut, dans la mesure où un accord sans la République fédérale d’Allemagne et impensable. Donc c’est à Berlin que se fera la question de l’Union bancaire.

    On a parlé d'une victoire d'Angela Merkel, d'une bonne opération pour le SPD, malgré des législatives assez catastrophiques. Et l’Allemagne dans tout ça, va-t-elle bénéficier, à votre avis, de cette grande coalition ?

    Les grandes coalitions c’est toujours difficile. Les grandes coalitions, ça permet simplement des ajustements à la marge. Peut-être qu’en revanche on réussira justement, à s’entendre sur l’Union bancaire, alors que Wolfgang Schäuble était assez bloqué, défendant une certaine conception des intérêts allemands. Il est possible qu’on aille un petit peu plus loin.

    Mais je le répète, les grandes coalitions en général, permettent des réformes extrêmement modérées. La question fondamentale pour l’Allemagne dans les années qui viennent est la suivante : l’Allemagne va-t-elle être capable de relever le défi de sa démographie en particulier, et de ne pas s’endormir sur la situation actuelle, sur le statu quo et sur la peur du risque ?

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