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    Qui est Laure Prouvost?

    media Laure Prouvost pose au milieu de son installation « Wantee », après avoir reçu le Turner Prize, le 2 décembre 2013, à Londonderry, Irlande du Nord. AFP / PETER MUHLY

    « L’art est un lieu où l’on peut se poser des questions ». Voilà encore pratiquement inconnue en France, l’artiste française Laure Prouvost vient de gagner début décembre le Turner Prize, la plus prestigieuse récompense de l’art contemporain sur la scène britannique. Âgée de 35 ans, Prouvost succède ainsi à des artistes illustres comme Tony Cragg, Anish Kapoor, Damien Hirst ou Steve McQueen. Née à Croix, près de Lille, elle vit depuis l’âge de 18 ans à Londres. Entretien.

    Avez-vous une réponse à cette question que tout le monde se pose depuis que vous avez gagné le Turner Prize : qui est Laure Prouvost ?

    [Rires] Laure Prouvost est une Française qui est partie en Angleterre très jeune. J’avais même fait des études en Belgique à partir de 13 ans [à l'institut Saint Luc de Tournai, ndlr]. Et puis, mon travail s’est développé en Angleterre. Donc Laure Prouvost est un mélange des deux cultures, de la culture anglaise et de la culture française.

    Cette distinction très importante, a-t-elle chamboulé votre vie personnelle ou artistique ?

    Non. Il y a eu beaucoup d’informations et de presse, mais ma vie n’a pas changé. Elle a changé beaucoup pour mon grand-père dont j’ai montré le travail à Londonderry [où s’est déroulée l’exposition des quatre candidats, dont le favori David Shrigley et Tino Sehgal, le Lion d’or de la biennale de Venis, ndlr], en Irlande du Nord. Lui il est finalement reconnu pour son travail. Pour mon grand-père [un artiste conceptuel qui envisageait dans sa dernière œuvre de creuser un tunnel de son salon jusqu’à l’Afrique, ndlr], c’est important. Moi, je travaille pour mon prochain projet. Et comme toujours, il y a des inquiétudes : comment faire quelque chose de vraiment intéressant ? Donc ma vie n’a pas beaucoup changé. Peut-être on me connaît plus maintenant, surtout en France, parce qu’en Angleterre je suis déjà assez connu. C’est la France qui me découvre.

    Votre installation primée Wantee, présentée dans le cadre de l'exposition Schwitters in Britain, est-ce un peu votre alter ego ?

    Non, pas vraiment. Il y avait cette exposition à la Tate Britain. Ils savaient que mon grand-père était ami de Kurt Schwitters, il passait dans le living room de mes grands parents. Donc je dirais plutôt que Schwitters fait partie de notre famille. C’est un de mes grands-pères. Et avec ce travail je le connecte aux deux autres.

    Il y a ce mélange savant entre vidéo et l'art traditionnel de la terre cuite, mais beaucoup parmi vos œuvres déclenchent aussi le rire : il y a Wantee, une allusion au surnom de la compagne de Schwitters (« want tea?») pour son habitude de proposer du thé, mais aussi Owt, un homme nu assis dans un transat pendant la pluie. Ou la table et le ventilateur retournés dans Upside Down et le bon mot de Ideally This Room Be Square. Est-ce de l’humour anglais ou français chez vous ?

    Je ne sais pas. Je pense que mon travail est un peu les deux avec une idée française un peu dramatique. Ce qui est sûr, c’est que l’humour fait partie de mon travail.

    Dans votre œuvre, il y a de la poésie sérieuse et loufoque chère à Kurt Schwitters, mais il y a également d’autres notions présentes comme l’emploi de la vidéo dans la ligne d’un Nam June Paik ou des tables comme dans les « tableaux-pièges » de Daniel Spoerri. Avez-vous des modèles ?

    Je pense qu’on s’influence tous. La vie est un grand marché. Il y a toujours un ensemble de choses qui nous touchent : des émotions, des expériences... À partir de cela je crée des œuvres. Après, cela dépend aussi du sujet de l’œuvre. Wantee était beaucoup concentré sur ma grand-mère. Mais, il y a toujours une dérision derrière. Il y a beaucoup de choses et artistes qui me touchent très fort. Il y a toujours un ensemble d’énergies qui créent un artiste.

    The Artist est le titre d’une de vos installations vidéo. À notre époque, quel est le rôle d’un artiste ?

    L’art aujourd’hui a cette possibilité de nous positionner, donner un recul vis-à-vis de la société et des directions que la société prend. La société s’approprie une œuvre d’art. Après le travail change. L’art est une question de recul et de questionnement des directions qu’on prend. Autrefois la religion avait une place plus forte. Aujourd’hui, l’art est un lieu où l’on peut se poser des questions. Sinon, je ne sais pas quel est le rôle de l’artiste. Peut-être c’est aussi de provoquer. Provoquer nos façons d’être et nos réalités.

    Vous êtes née en France, près de Lille. Après vous avez décidé de faire votre carrière à Londres et non pas à Paris. Pourquoi ?

    Je suis partie assez vite. J’avais 18 ans quand je suis venue à Londres. J’avais essayé quelques écoles en France où l’on ne m’avait pas pris. J’ai beaucoup aimé l’Angleterre. Adolescente, j’étais plusieurs fois à Londres. J’y trouvais une énorme ouverture. Cela m’a beaucoup attiré, donc je suis partie à 18 ans et j’y suis restée. J’ai reçu ici mon éducation avec des professeurs qui m’ont soutenue. C’est l’Angleterre qui m’a construite.

    Comme beaucoup parmi les fameux Young British Artists (YBA) comme Damien Hirst, Steve McQueen, etc. vous êtes passée par le Central Saint Martins Art College puis le Goldsmiths College de Londres. Avez-vous le sentiment d’appartenir à une génération d’artiste, à un courant artistique ?

    L’art contemporain en ce moment, ce sont plein de voies différentes. Il n’y a plus une seule direction comme c’était le cas avec les YBA. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus complexe. Il y a beaucoup de différentes façons de s’exprimer. C’est ouvert et il y a plein de façons de faire de l’art. Mais il y a forcément des similitudes dans les idées entre les artistes. Il y a des énergies, on est tous poussés par les médias, par ce qu’on vit, par l’internet, ce sont des choses qui entrent dans le questionnement de nous tous. Dans ce sens, il y a des courants, provoqués par les questions qu’on se pose les uns aux autres.

    Est-ce que le Centre Pompidou a déjà frappé à votre porte ?

    Non, pas du tout, c’est surtout la presse qui vient me voir. C’est la France qui me découvre. J’ai parlé avec quelques personnes en France, mais j’ai encore toute ma vie devant moi, donc je continue à faire ce que je sais faire et je me concentre sur ma prochaine exposition en février, à New York.

    "Wantee", vue de l'installation vidéo de Laure Prouvost dans l'exposition "Schwitters in Britain" à la Tate Britain à Londres. MOTInternational.com
    _______________________
    Laure Prouvost est représentée à Londres et Bruxelles par la galerie MOTInternational qui avait déjà remporté le Turner Prize en 2012 avec la Britannique Elizabeth Price.
    Jusqu'au 5 janvier, la 12e Biennale de Lyon montre encore deux oeuvres récentes de Prouvost : Before, before (2011) et After, after.
    Du 2 février au 13 avril 2014, Laure Prouvost présente au New Museum à New York  For Forgetting, sa première exposition aux États-Unis.
    En septembre 2014, la galerie parisienne Nathalie Obadia fait une exposition des œuvres de Laure Prouvost.

     

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