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    Europe

    En Russie, la vodka aggrave le risque de décès prématuré

    media L’alcoolisme tuerait environ 500 000 personnes chaque année en Russie. Getty Images/ Piotr Powietrzynski

    A en croire les résultats d’une enquête publiée cette semaine, la vodka ne réchauffe pas seulement les cœurs, elle est également responsable d’un nombre considérable de décès prématurés en Russie. Entre 1999 et 2008, les chercheurs ont interrogé plus de 150 000 personnes. Selon des chiffres officiels russes, l’alcoolisme tuerait environ 500 000 personnes chaque année.

    Avec notre correspondant à Moscou, Etienne Bouche

    Cette étude britannique a été menée dans trois villes – Biysk, Tomsk et Barnaoul – situées schématiquement au centre de la Russie. Entre 1999 et 2008, les chercheurs ont interrogé plus de 150 000 personnes, des hommes et des femmes ayant entre 35 et 74 ans.

    Elles ont été interrogées sur leurs habitudes de consommation. L’étude a apporté une première conclusion : les hommes fumeurs boivent davantage que les autres. C’est donc sur ce groupe que les spécialistes se sont penchés.

    Les résultats portent donc sur un panel de 57 000 fumeurs ne présentant aucune maladie au début de l’expérience. Au sein de cette population, le risque de mourir augmente considérablement selon le volume de vodka consommé. Par exemple, les sujets buvant trois demi-litres de vodka chaque semaine sont bien plus exposés au risque de mortalité, puisqu’un tiers d’entre eux décède dans les vingt ans. Et au-delà de 55 ans, le risque dépasse les 60 %.

    Les hommes fumeurs boivent davantage que les autres. L'étude a donc été effectué sur 57 000 fumeurs. Getty Images/Photodisc/Nicholas Eveleigh

    Les raisons de ces décès

    Cet excès de mortalité s’explique par la contraction de maladies favorisées par la consommation d’alcool. L’étude a relevé des cas de cancers du foie et de la gorge, des maladies du pancréas, des cas de pneumonie et de tuberculose. Sans oublier que la consommation excessive d’alcool a des effets bien connus : accidents, violences et même suicides.

    Ce n’est pas, bien sûr, un problème spécifique à la Russie. La différence, c’est qu’en Russie, ce phénomène a des conséquences très lourdes sur le taux de mortalité. Selon des chiffres officiels russes, l’alcoolisme tuerait environ 500 000 personnes chaque année. Cela a évidemment des conséquences sur l’espérance de vie : seulement 63 ans pour un homme, selon un rapport de l’OMS paru en 2011.

    → A (RE) LIRE : Alerte à la vodka frelatée

    Les moyens mis en œuvre pour lutter contre l’alcoolisme

    Les restrictions sur l’alcool ne datent pas hier. Elles remontent à la présidence de Mikhaïl Gorbatchev, en 1985. Elles avaient entraîné une diminution de la consommation et de la mortalité. Mais l’effondrement de l’URSS a eu ensuite un effet désastreux sur la consommation, qui est repartie à la hausse.

    En 2006, une nouvelle législation a été adoptée. L’étude lui reconnaît des effets tout à fait positifs. Aujourd’hui, les Russes boivent moins et la mortalité a diminué. Pourquoi ? Le prix de la vodka a augmenté et la publicité a été interdite. Il y a quelques jours, un parti politique proposait même d’interdire la propagande de la consommation d’alcool. Mais aussi de ne plus présenter la vodka comme un symbole de la culture russe.

    → (RE) ECOUTER : La chronique des Français à l'étranger : Fabricants de Vodka

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