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    Europe

    Ukraine: le président Ianoukovitch déserte la capitale

    media Un cordon de manifestants barre la route à la présidence. Kiev, le 22 février 2014. EUTERS/David Mdzinarishvili

    Au lendemain de la signature d’un accord entre le gouvernement et les leaders de la contestation, la situation est des plus confuses à Kiev. L’opposition a annoncé que le président Ianoukovitch avait quitté la capitale et qu’elle avait pris le contrôle de la présidence. Sur les barricades, le compromis trouvé a été accueilli entre espoir et scepticisme.

    Avec notre envoyée spéciale à Kiev, Anastasia Becchio

    Où est donc passé le président Ianoukovitch ? Journalistes et blogueurs ont passé la nuit à essayer de localiser le président. Selon les premières informations disponibles, il aurait en fait pris un avion pour Kharkov, dans l’est du pays, cette région qui est son fief politique. Selon l’une de ses conseillères, il s'exprimera de là-bas, à la télévision. Des rumeurs le donnaient aussi en partance pour l'étranger.

    Sauf que l’opposition, qui confirme le départ du président de la capitale, y voit le signe d’une fin de règne.

    C’est que ses soutiens au sein de l’appareil d’Etat font défection les uns après les autres. Ce samedi matin, le président du Parlement et proche de Viktor Ianoukovitch, Volodymyr Rybak, a annoncé sa démission. C’est le bras droit de Ioulia Timochenko, Olexandre Tourtchinov, qui a été élu à sa place. Près de quarante député du parti majoritaire, le Parti des régions du chef de l’Etat, ont aussi claqué la porte de leur formation politique.

    Timochenko libérée

    Dans le même temps, le Parlement ukrainien a voté, ce samedi, une résolution afin de libérer « immédiatement » l'opposante Ioulia Timochenko. Une décision prise « sur la base d’une décision de la Cour européenne », a précisé le député Viktor Chvets à l’AFP.

    Sur RFI, l’historien Pierre Lorrain expliquait peu avant cette décision qu’il était « inévitable que cette femme joue un nouveau rôle de médiation et de pacification dans la crise ukrainienne. »

    Main basse sur la présidence

    Sur le terrain, les principaux bâtiments du pouvoir sont aux mains des manifestants. Les groupes d'autodéfense de Maïdan, sorte de service d'ordre du mouvement contestataire, disent contrôler le quartier gouvernemental, d'où des autocars de police sont partis en nombre hier après-midi, selon les médias ukrainiens.

    Dans un communiqué, la police a annoncé d'ailleurs ce samedi midi qu’elle était « aux côtés du peuple ». Des manifestants casqués, tenant des boucliers se sont déployés devant le cabinet des ministres et l’administration présidentielle. Ils filtrent les entrées et ne laissent que les journalistes s’approcher des bâtiments.

    L’ambiance est plutôt à la retenue. Pas de scènes de liesse populaire, les manifestants viennent tout simplement ici voir avec leurs yeux ces événements auxquels ils semblent avoir encore du mal à croire.

    Dans la matinée, l’opposant Vitali Klitschko a déclaré, au Parlement, vouloir la tenue d’une élection présidentielle d’ici au 25 mai. « Le Parlement doit adopter une résolution exigeant que Ianoukovitch donne sa démission », a-t-il aussi martelé. Une procédure de destitution va ainsi être examinée.

    Méfiance sur les barricades

    Sur la place de l’Indépendance, les réactions à l'accord d'hier restent assez mitigées ce samedi matin. Les gens vont et viennent autour de la scène où il n'y plus de discours pour le moment. Il y a ceux qui estiment que l’accord conclu hier est une bonne chose, qu’il va permettre de sortir de la crise politique, mais il y a aussi ceux qui considèrent que les concessions faites par le président arrivent trop tard et qu’elles sont insuffisantes.

     → A (RE)LIRE : Ukraine: l’épilogue de quatre mois de blocage?

    On entend aussi des accents revanchards et pas seulement sur les barricades où l’activité est pour le moment réduite. « Il faut que Ianoukovitch soit pendu », criait une dame âgée, hier au cours de l’hommage rendu aux dizaines de morts des violences de ces derniers jours. « Il doit se retrouver au tribunal international de La Haye, il est responsable de tout ce sang qui a coulé », disaient plusieurs autres personnes.

    Et puis, les leaders de l’opposition qui ont été applaudis par certains, mais aussi sifflés et hués hier soir lorsqu’ils sont apparus à la tribune, vont devoir composer avec la frange radicale des manifestants et les groupes d’extrême droite qui promettent de poursuivre le combat tant que Ianoukovitch n’aura pas quitté le pouvoir.

    Dans ce contexte, la mise en œuvre de l'accord conclu hier entre les trois leaders de l'opposition et le pouvoir reste délicate. Le Parlement a adopté, à une large majorité, le retour à la Constitution de 2004, qui accordait au président des pouvoirs moins importants que la Constitution actuelle. La mesure doit entrer en vigueur sous 48 heures. A partir de là, les deux parties se sont engagées à créer une coalition et à former un gouvernement d'unité nationale dans un délai de 10 jours.

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