GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 17 Novembre
Samedi 18 Novembre
Dimanche 19 Novembre
Lundi 20 Novembre
Aujourd'hui
Mercredi 22 Novembre
Jeudi 23 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Europe

    JO de Sotchi: bilan mitigé pour l'image de la Russie

    media Le président russe Vladimir Poutine et son Premier ministre, Dimitri Medvedev à Sotchi. REUTERS/Mikhail Klimentyev/RIA Novosti/Kremlin

    Les 22e Jeux olympiques d’hiver se sont achevés ce dimanche 23 février après deux semaines de compétition à Sotchi. Le président Vladimir Poutine a été le grand architecte de ces Jeux qui devaient montrer au monde la capacité de la Russie à mener à bien de grands projets. Une opération de prestige destinée à redorer le blason russe.

    C'est une opération de prestige réussie pour l’opinion russe. Mais avant les Jeux, leur coût élevé (37 milliards d’euros), les accusations de corruption, d’exploitation des travailleurs étrangers, et de destruction de l’environnement, ont sérieusement écorné leur image. Enfin les menaces terroristes ont achevé de contrarier la volonté de Vladimir Poutine de présenter la Russie sous son meilleur jour.

    Néanmoins, auprès des citoyens russes, ces Jeux olympiques, qui se sont déroulés sans incident majeur et ont vu les athlètes russes remporter le plus de médailles, sont un succès. Zoya Svetova, journaliste à l'hebdomadaire d'opposition New Times, estime que Vladimir Poutine a gagné : il a réussi à ce que ces JO deviennent un événement d’une grande envergure en Russie. Ces Jeux ont connu un grand engouement, beaucoup de visiteurs russes sont venus à Sotchi, les chaînes de télévision n’ont parlé que des Jeux pendant quinze jours. A la télévision, aucune place pour les critiques. Pour la journaliste, on a assisté à une propagande digne de l’époque soviétique.

    Une image dégradée à l’extérieur

    En revanche, l'image de la Russie à l'extérieur a été écornée, selon Maria Lipman, chercheuse au Centre Carnegie de Moscou. Ces jeux ont abouti à donner à l’étranger une image de la Russie à l’opposé de ce que souhaitait le président russe. Avant les Jeux, il avait donné une interview dans laquelle il expliquait qu’ils devaient permettre de voir la Russie avec un regard nouveau et sans a priori. Mais en fait, quantité d'informations négatives ont circulé sur la Russie dans tous les domaines : la situation des homosexuels, les problèmes de corruption, la question des droits de l'homme, et aussi les mesures de sécurité qui empiétaient sur les droits de l'homme.

    En décembre, environ un mois avant l’ouverture des Jeux, il a donc essayé d’adoucir son image. Et c’est pour cela, explique Lilia Shevtsova, également chercheuse au Centre Carnegie, qu’il a décidé d’une amnistie qui a conduit à la libération des prisonniers les plus connus à l’étranger, comme les Pussy Riot, ou Mikhaïl Khodorkovski. « Il a essayé de se présenter comme un bon garçon », dit-elle. Mais cela ne lui a rien rapporté car ni Obama, ni Hollande, ni Merkel, ni Cameron ne sont venus à Sotchi. Seuls les seconds couteaux ont fait le déplacement.

    → A (RE)LIRE : Exclusivité RFI: pour Nadejda des Pussy Riot, «une personne seule peut mener un combat»

    Certains analystes ont pensé à l’époque que cette amnistie inaugurait une période de libéralisation du régime qui se poursuivrait après les Jeux olympiques. D’autant que le dernier rapport de l’OCDE préconise des réformes qui vont dans le sens d’une libéralisation du régime pour attirer des investisseurs afin de relancer la croissance économique qui s’est considérablement dégradée ces derniers mois

    Mais Lilia Shevtsova pense que Vladimir Poutine ne peut pas libéraliser le régime au risque de perdre le pouvoir. Pour elle, le président russe ne peut pas résoudre les problèmes économiques car l'économie a besoin de changements profonds, de réformes importantes, et d'abord d’une réforme du système judicaire avec l'établissement d'un Etat de droit. Ce qui implique la séparation des pouvoirs car, sans séparation des pouvoirs, on ne peut avoir une justice indépendante, et sans justice indépendante, on ne peut pas avoir d'investissements. Tout est lié à la politique. Mais Vladimir Poutine ne peut pas effectuer ces réformes qui signifieraient pour lui un suicide politique, « son propre hara-kiri ». Car si la justice est indépendante, elle poursuivra « ses propres gangsters », explique-t-elle. « Il ne peut pas le faire. C'est pourquoi ça ne va pas s'arranger pour l'économie. Mais les gens en Russie peuvent survivre. Ils ne sont pas désespérés comme en Ukraine », ajoute-t-elle encore.

    Il n'y aura pas de miracle économique pour le Caucase

    L’un des arguments pour établir les Jeux à Sotchi était de développer le Caucase, une région instable politiquement, d’où sont originaires des mouvements islamistes qui mènent des actions violentes en Russie et dans le Caucase en particulier. Certains analystes estiment qu’un développement économique de la région serait le meilleur antidote contre ces mouvements.

    Mais pour Alexeï Malachenko, spécialiste du Caucase, ces Jeux ne vont pas permettre le développement du Caucase du nord, car la région n’est pas assez stable pour attirer des touristes. Il ne faut pas oublier que la guerre civile fait rage au Daguestan qui est à quelques centaines de kilomètres de Sotchi. Selon Alexeï Malachenko, le Caucase souffre des mêmes maux que la Russie, mais de façon plus importante encore. La corruption, le non respect des lois fédérales rendent impossible la modernisation de l’économie, ce qui explique que les populations se tournent vers la loi islamique.

    Certes, ces Jeux auront donc permis de faire apparaître la Russie encore plus comme une grande puissance, mais sans lui redonner le lustre escompté.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.