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    Crises en Ukraine: «Il faut continuer à travailler avec la Russie»

    media Un navire militaire russe dans la rade de Sébastopol (photo d'archives). L.Geslin/RFI

    C’est l’escalade en Crimée. Tôt ce jeudi matin, des dizaines d’hommes armés ont pris le contrôle du siège du gouvernement et du Parlement, hissant le drapeau russe. Quel rôle joue cette péninsule russophone du sud de l’Ukraine dans la crise que traverse le pays ? Laurent Chamontin, spécialiste du monde russe, analyse les derniers événements.

    RFI : Historiquement, qu’est-ce que la Crimée ?

    Laurent Chamontin : La Crimée ne fait partie de l’Ukraine que depuis 1954. Elle a été transférée, à l’époque, à l’intérieur de l’URSS par Khrouchtchev, de la Russie à l’Ukraine. Historiquement, la Crimée est restée très longtemps sous influence turque jusqu’à la conquête par Catherine II en 1787.

    Elle ne fait donc pas « beaucoup » partie de l’Ukraine. C'est-à-dire qu’il y a eu un peuplement Tatar d’origine turque. Et puis elle a été beaucoup peuplée par les Russes et elle est entrée dans l’orbite ukrainienne très tardivement, avec une assez faible attache linguistique.

    Ce qui explique aujourd’hui qu’elle est la plus mobilisée pour s’opposer à un nouveau pouvoir à Kiev ?

    En attente de voir ce qu’il y a derrière cette prise de contrôle du Parlement, c’est clairement pour l’Ukraine une zone qui est plus fragile que les autres. Et l’autre point qu’il faut avoir à l’esprit c’est que la Crimée est effectivement un point important sur le plan stratégique pour la Russie…

    Stratégie militaire…

    Tout à fait. Il y a une base maritime à Sébastopol. C’est clair que c’est pour le moment un point faible de l’Ukraine sur lequel peut-être la Russie peut jouer dans les mois qui viennent pour rappeler qu’elle est là. Mais d’un autre côté, il faut quand même pour le moment raison garder. La Russie a reconnu l’Ukraine et ses frontières comme un pays indépendant il y a déjà plus de vingt ans. Donc il ne faut pas aller trop vite en mettant en avant la possible implication de la Russie dans tout ça. Il ne faut pas se précipiter.

    Certains évoquent un scénario similaire à celui de la Géorgie. Ce n’est pas votre sentiment ?

    Ça dépendra de ce qui se passera. En Ukraine, on commencera à voir plus clair à partir du 25 mai, à partir de la présidentielle. Il est clair que la Russie a des intérêts stratégiques, économiques, financiers, très importants en Ukraine. Elle est particulièrement inquiète par rapport aux conséquences que la crise ukrainienne peut avoir sur le plan intérieur en Russie, parce que les manifestants ukrainiens peuvent aussi donner des idées à un certain nombre de citoyens russes.

    → A (RE)LIRE : Un groupe armé occupe le Parlement de Crimée

    On se trouve ainsi dans une phase où la Russie fait sans doute ce qu’il faut pour prendre des gages et montrer qu’elle est là. Rappeler qu’elle est là à ceux qui seraient tentés de l’oublier. Est-ce qu’il sera possible de la maintenir sous contrôle et de lui faire accepter une voie relativement pacifique ? C’est ce que les Ukrainiens et les Occidentaux devront s’attacher à faire dans les prochaines semaines.

    Economiquement, que représente cette partie de l’Ukraine ? Est-ce que l’on peut parler de force économique de la Crimée ?

    Le coeur économique de l’Ukraine ce n’est pas la Crimée, c’est l’Est (dans la sidérurgie, la métallurgie, etc.). La Crimée est plus un enjeu de nature stratégique via le détroit de Kertch comme la mer d’Azov et puis la base de Sébastopol.

    Depuis de nombreuses années les séparatistes réclament un référendum sur le statut de la Crimée. Est-ce envisageable, selon vous ?

    A mon avis, un gouvernement ukrainien dans les conditions qui sont les siennes actuellement ne devrait pas accorder beaucoup d’attention à ce sujet-là. Il a déjà bien assez de problèmes comme ça. 

    Quel poids peuvent encore avoir l’Union européenne et les Etats-Unis dans le scénario qui semble se dessiner ?

    Il faut continuer. Le rapport peut être tout à fait décisif pour stabiliser la situation avec la Russie. Il faut noter que, dimanche dernier, Angela Merkel a fait une déclaration commune avec Vladimir Poutine en faveur de l’unité de l’Ukraine, ce qui doit être gardé à l’esprit actuellement. Il faut continuer à travailler avec la Russie pour, encore une fois, arriver à l’associer au futur développement en Ukraine de manière pacifique, sachant qu’évidemment la Russie voit ce qui vient de se passer en Ukraine comme un recul. C’est clairement une situation diplomatique assez compliquée.

    Et le fait qu’a priori elle ait accepté d’accueillir Viktor Ianoukovitch, en tout cas d’assurer sa sécurité sur son territoire, est-ce un pas de plus en avant ?

    Oui. C’est cohérent avec le reste.

    *« L’Empire sans limites, pouvoir et société dans le monde russe », Laurent Chamontin. Editions de l’Aube, 2014.

    Le port de Sébastopol, un enjeu stratégique

    Durant la guerre froide, Sébastopol était le port d'attache de la 5e escadre soviétique, ce qu'on appelait alors la flotte de Méditerranée qui comptait une cinquantaine de navires. Depuis, bien sûr, il y a eu la chute de l'Union soviétique. Un accord de partage des navires basés en Crimée a été trouvé entre la Russie et l'Ukraine en 1997, mais Moscou n'a jamais accepté de quitter Sébastopol. Au départ, le bail de location de la base devait expirer en 2017 mais, en 2010, Viktor Ianoukovitch et Dimitri Medvedev avaient convenu de polonger le présence russe à Sébastopol.

    La marine russe souhaite d'ailleurs moderniser ses installations en Crimée en developpant la base navale de Novorossiysk, 300 kilomètres plus à l'Est et en accueillant à Sébastopol des frégates modernes et de nouveaux sous-marin.

    Sébastopol est toujours le port d'attache du puissant croiseur Moskva qui patrouillait à l'automne dernier au large des côtes syriennes. C'est aussi la base de plusieurs grands navires de débarquement russes, une dizaine de grosses unités de surface au total. Et c'est là que doit être basé le deuxième bâtiment de projection de commandement classe Mistral qui doit être livré par la France en 2015.

    Même si tout les navires doivent passer le détroit du Bosphore tenu par la Turquie - membre de l'OTAN - pour quitter la mer Noire, les Russes considérent qu'il est vital pour eux de disposer d'une base entièrement équipée, située en eaux chaudes, à quelques jours de mer du canal de Suez et des intérêts stratégiques de la Russie.

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