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    Ukraine: «Les Criméens forcent les Russes à agir»

    media Des hommes armées près de véhicules de l'armée russe, dans la ville ukrainienne de Balaclava, en Crimée, le 1er mars 2014. REUTERS/Baz Ratner

    La tension monte en Ukraine Samedi après-midi le Sénat russe a approuvé une intervention russe en Ukraine, alors que la situation en Crimée s'est dégradée ces dernières heures, particulièrement dans la partie orientale de l'Ukraine, où des milliers de personnes ont manifesté à Donetsk et à Kijhaviv, notamment en brandissant des drapeaux russes. Ce samedi matin, le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, évoquait une situation critique en Crimée. Assiste-t-on au début d'un processus de partition de l'Ukraine ? Est-ce que les Russes veulent une partition de l'Ukraine ? L'analyse de Dimitri de Koshko, journaliste à Russie Aujourd'hui, invité de RFI à la mi-journée. 

    RFI - Les appels à la désescalade sont en train de se multiplier : appel de la France, appel de William Hague le chef de la diplomatie britannique à son homologue russe Sergueï Lavrov… On a l’impression effectivement, que la situation s’est encore accélérée ces dernières heures en Crimée. La situation est définie comme critique par le chef de la diplomatie polonaise. Est-ce qu’on est en train d’assister au début d’une partition de l’Ukraine ?

    Dimitri de Kochko : Si escalade il y a, elle est surtout - tout de suite cet après-midi - dans tout l’est de l’Ukraine. C'est-à-dire que ça s’étend. La réaction contre le Maïdan, en quelque sorte…  Je dirais le Maïdan parce qu’il y a deux Maïdan. Il y a un Maïdan de masse effectivement et il y a le Maïdan commandé par l’extrême-droite…

    Disons, le nouveau gouvernement de Kiev, dont la légitimité est contestée quand même par beaucoup de monde, puisque l’accord avec Ianoukovitch n’a pas été respecté – et avec les trois ministres y compris Fabius ! – et qui a donné lieu à un gouvernement considéré comme illégitime.

    Et comme hier [vendredi 28 février, NDLR] Ianoukovitch est revenu dans le champ, en quelque sorte, même s’il n’a pas beaucoup d’appuis dans le pays, il est quand même le président légitime et donc on peut jouer là-dessus, disons.

    Donc vous disiez, ce n’est pas simplement la Crimée aujourd’hui ?

    Oui. Mais l’ennui c’est que là il y a des meetings qui commencent à se tenir à Donetsk. Il y en a aussi au Donbass, c’est les mineurs. Et il va y en avoir à Kharkov, il va y en avoir à Dnipropetrovsk, ville rivale de Donestk, d’ailleurs. Donetsk étant la ville de Ianoukovitch.

    Et puis évidemment, la Crimée a été la première. Forcément, puisque la Crimée a un statut particulier. C’est une presqu’île qui a été donnée par Khrouchtchev, sans jamais demander l’avis des habitants, bien sûr, qui sont en majorité russes. Elle a été donnée à l’Ukraine en 1954 pour fêter le tricentenaire de l’unité indéfectible de l’Ukraine et de la Russie à l’époque soviétique. Donc personne n’y a fait attention à l’époque, mais maintenant évidemment les gens se sont retrouvés à l’étranger et ils ne demandaient que ça.

    Comme vous disiez tout à l’heure, il y a eu un accord effectivement, garantissant que finalement la Crimée allait rester là à l’intangibilité des frontières, un peu comme en Afrique il y a eu. Mais hier, par exemple, le vice-Premier ministre du gouvernement provisoire de Kiev, de Svoboda – du parti Svoboda, le parti d’extrême-droite de l’ouest de l’Ukraine – a déclaré que l’Ukraine pourrait revenir au nucléaire pour parler avec la Russie.

    Et ce qui ce serait contraire aux accords qui ont déjà été signés

    Bien sûr. Mais les Criméens ont peur. On eu peur. Et c’est pour ça qu’ils ont réagi ! Il n’y a pas besoin d’envoyer des soldats russes ! C’est contrairement à ce qui se raconte, notamment à ce que le gouvernement de Kiev essaie d’agiter. Les histoires de 2 000 soldats russes qui débarquaient par avionn, c’est un pont aérien ! Tout le monde les aurait entendus ! Il faut quand même vérifier ce genre d’informations !

    Ce que vous êtes en train de dire c’est que c’est une histoire ukraino-ukrainienne. Finalement, quand même, les Russes ont un regard, une relation particulière !

    Le problème c’est que les Criméens se revendiquent vers les Russes. C’est à dire qu’ils ont levé un drapeau russe au lieu de lever un drapeau indépendantiste, par exemple, ce qu’ils auraient pu faire. Ils ont levé le drapeau russe !

    Alors les Russes, là où ils se sont mêlés un peu de la question parce qu’évidemment – et Sébastopol et la Crimée, mais toute l’Ukraine en fait est quand même très chère au cœur des Russes – c’est qu’ils ont promis la nationalité russe aux Berkouts – les Berkouts, ce sont [les unités d'élite], les CRS ukrainiens – qui du coup sont venus en Crimée.

    Là j’ai un témoignage ce matin ; il y a même des Berkouts de Lviv, c'est-à-dire la ville la plus à l’ouest, très nationaliste. Les Berkouts là-bas ont été assez maltraités puisqu’ils ont été dissous par le gouvernement de Kiev, et ils sont venus en Crimée.

    Les Berkouts sont ceux qui ont effectué la répression sur la place de Maïdan, la place de l’Indépendance à Kiev...

    Y compris qui ont eu quand même pas mal de morts, parce que Ianoukovitch a été complètement incohérent dans la façon même de commander les Bekouts ! C’est à dire que Ianoukovitch, il est vomi par tout le monde, aussi bien par l’Est que par l’Ouest. C’est ça qui est assez intéressant.

    Qu’est-ce que les Russes peuvent faire aujourd’hui ? Vous dites l’Ukraine est chère au cœur des Russes. Evidemment, ils ne peuvent pas rester sans rien faire.

    Non. Pour la Crimée ils ne peuvent pas rester sans rien faire. Et c’est les Criméens en quelque sorte – je ne sais pas si on peut dire ce mot-là – qui les forcent. Mais ils ont déjà essayé de les forcer dans les années 90, au début des années 90 ! Il y a beaucoup d’organisations carrément russes en Crimée. Et évidemment, ils essaient de pousser Moscou à les défendre le plus possible. Et Moscou ne peut pas laisser massacrer ou laisser en danger les habitants de Crimée. Ça c’est sûr.

    Cette nuit il y a eu des attaques – attention ! – des partisans de Kiev contre le Parlement et le siège du gouvernement - le Parlement (la Rada) de Crimée - et qui ont été contrés par les Cosaques et les Berkouts. C’est ça les fameux hommes qui ne portent pas d’insigne. C’est des Berkouts d’un peu partout, de toute l’Ukraine. C’est ça qu’on m’a raconté aujourd’hui de Simferopol.

    C’est ce qu’on vous dit en Crimée aujourd’hui ?

    Oui, absolument. A Sébastopol il y a des soldats russes. Mais il y a déjà 11 000 hommes ! La flotte russe c’est 11 000 qui sont basés à Sébastopol. Mais Sébastopol ce n’est pas toute la Crimée ! Le Premier ministre Aksenov [de la République autonome ukrainienne de Crimée, Sergueï Aksenov] a annoncé qu’il y a eu un accord. Il a annoncé ça ce matin, qu’il y a eu un accord avec la flotte russe pour que la flotte russe puisse aider à garder les bâtiments publics en cas d’attaque par des Kiéviens.

    Ce qui veut dire qu’il y a effectivement des soldats russes aujourd’hui en dehors de la zone ? 

    Je ne sais pas. Il y a un accord en cas d’attaque. Mais ça ne veut pas dire qu’ils le sont. Il n’y a en pas vraiment besoin. D’abord il y a les Berkouts qui sont arrivés d’un peu partout et il y a énormément d’anciens militaires - ceux qui ont tenu, les associations des anciens d’Afghanistan, et des anciens des guerres du Caucase, notamment - et qui habitent en Crimée.

    Est-ce que la Russie a intérêt à une partition de l’Ukraine ? Est-ce qu’aujourd’hui la Russie veut récupérer une partie de l’Ukraine ? 

    Récupérer, elle ne récupère pas,  puisqu’elle a été d’accord pour sans séparer en 1991. 

    Ou est-ce qu’elle est victime des événements qui se déroulent actuellement ?

    Elle est victime en ce sens que, visiblement, il y a quand même aussi des buts géopolitiques de la part de quelqu’un qui visiblement voudrait bien s’en doute installer l’Otan en Ukraine. Ça c’est ce qui fait peur aux Russes, évidemment.

    Maintenant que ça ait dégénéré à ce point-là, que l’accord avec Inanoukovitch n’ait pas été respecté, ils ont été bien embêtés parce que je vous ferais remarquer qu’il y avait aussi un médiateur russe qui était à Kiev - et qui a participé aux négociations avec les trois ministres - qui était prêt à signer.

    Puis il y a eu des garanties qui n’ont pas été données. Du coup il n’a pas signé. Et le soir même Ianoukovitch fichait le camp parce que le lendemain il savait que l’extrême-droite allait prendre le Parlement et le gouvernement, etc. Et donc l’accord ne serait pas respecté.

    Même si l’extrême-droite n’est pas toute la partie de cette opposition, c’est une partie incontestable ?

    Visiblement, le lendemain il y a eu à Kharkov les élus de tout l’est de l’Ukraine et la Russie a calmé le jeu. Il y avait monsieur Pouchkov [Alexeï Pouchkov, chef du comité des Affaires étrangères de la Douma d'Etat de Russie] qui était là-bas et ils ont lâché Timochenko, pour être la femme qui pourrait être susceptible de rattraper le coup. Elle n’a pas convaincu le Maïdan malgré un discours brillant. Elle aussi, elle traîne des casseroles. La révolution est là.

     

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