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    Europe

    La Crimée désormais russe: quelles conséquences?

    media Le personnel militaire et les résidents de Crimée se sont précipités pour demander un passeport russe à Sebastopol en Crimée, le 20 mars 2014. REUTERS/Shamil Zhumatov

    La Crimée passe officiellement sous le giron russe. Le Parlement russe (Douma et Conseil de la Fédération) a formalisé le rattachement de la province ukrainienne à la Russie. Le vote des sénateurs russes, ce vendredi, a mis un point final au processus d’intégration mené au pas de charge par Moscou et auquel s’opposent Kiev et les pays occidentaux.

    Premier geste symbolique fort : les autorités russes annoncent avoir commencé à délivrer des passeports russes aux Criméens. En dépit des protestations des autorités de Kiev, qui ne reconnaissent pas la légalité de la consultation de dimanche, le processus d’intégration est bel et bien lancé. Il doit s’achever en 2015.

    La monnaie ukrainienne, la hryvna va peu à peu être abandonnée au profit du rouble. De plus, en perdant la Crimée, l’Ukraine se retrouve amputée d’un territoire de 27 000 m² et de ses deux millions d’habitants. Elle perd en outre le contrôle de ses gisements gaziers de la mer Noire, d’une base pour sa flotte militaire, de ses stations balnéaires.

    Plus positivement, elle se voit contrainte de renoncer à une région peu dynamique, qui ne devait sa survie, comme plusieurs autres régions ukrainiennes, qu’aux dotations de l’Etat. « A tort ou à raison, les Criméens espèrent que leur niveau de vie va rattraper le niveau de vie russe et donc dépasser le niveau de vie ukrainien », explique Eric Aunoble, historien, spécialiste de la Russie à l’université de Genève. « Le salaire moyen officiel en Ukraine est de 215 euros, il est de 575 euros en Russie. Pour les gens concernés, la perspective de voir augmenter leurs revenus est forcément très alléchante. D’ailleurs, Vladimir Poutine a décidé d’aligner tout de suite les retraites des Criméens sur les retraites russes, ce qui revient à les doubler », précise l’universitaire.

    Intégration à la Fédération de Russie

    L’intégration d’un nouveau sujet au sein de la Fédération de Russie ne sera pas sans conséquence sur les finances publiques russes.

    Selon le ministère russe de l’Economie, pour couvrir le seul déficit du budget de la Crimée, il faudra débourser entre 50 et 60 millions d’euros chaque mois. Quand à la somme totale de l’intégration, les estimations varient de 3 milliards d’euros par an à 20 milliards. En plus, des salaires des fonctionnaires et des retraites, des avantages sociaux tels que les indemnités de maternité ou les prestations chômage, en vigueur en Russie, il faudra construire de nouvelles infrastructures pour donner à la Crimée une véritable autonomie vis-à-vis de Kiev.

    « Aujourd’hui, l’Ukraine fournit à la Russie 85% de ses ressources en eau et plus de 80% de son électricité », explique Tatiana Kastoueva-Jean chercheuse à l’Institut français des relations internationales (Ifri). L’attitude de Kiev sera donc déterminante. « Ça posera un problème si les autorités ukrainiennes décidaient de couper l’eau et condamnaient ainsi deux millions d’habitants de Crimée à mourir de soif », commente l’économiste Jacques Sapir. « L’Ukraine va-t-elle vendre ses ressources à la Crimée et à quel prix ? La Russie va-t-elle devoir construire de nouvelles infrastructures ? », s’interroge Tatiana Kastoueva-Jean. Quoi qu’il arrive, toutes ces opérations « auront des conséquences très importantes pour le budget de la Russie, qui a enregistré l’an dernier une croissance ralentie à 1,3%. A cela s’ajoutent les dépenses très élevées des JO d’hiver de Sotchi », rappelle la chercheuse. L’agence de notation financière Fitch a d’ailleurs baissé son estimation de croissance de la Russie à moins de 1% pour l’année en cours.

    Le tourisme, un enjeu pour la Crimée

    La principale ressource de la Crimée demeure, depuis plusieurs siècles, le tourisme. L’an dernier, la région autonome a reçu six millions de visiteurs, dont quatre millions d’Ukrainiens, qui devraient manquer à l’appel cette année. Très prisées à l’époque soviétique, les stations balnéaires du bord de la mer Noire ont besoin d’un sérieux coup de neuf.

    Pour faire revenir une clientèle russe plus attirée par les plages égyptiennes ou turques, Moscou va donc devoir redoubler d’efforts. Après avoir reconstruit la ville de Sotchi pour y accueillir les Jeux olympiques d’hiver, « la Russie est en plein développement de son industrie touristique », explique Jacques Sapir, qui prédit des bénéfices pour la Crimée d’ici deux à trois ans. « Très clairement, la région va devoir être soutenue, dans un premier temps par la Russie. Elle va incontestablement peser sur le budget fédéral russe pendant trois à cinq ans, et ce n’est qu’après, qu’elle va se révéler très probablement une région de fort potentiel de développement », prédit l’économiste.

    Sanctions américaines et européennes

    Sur fond de crise économique rampante, reste à savoir si la Russie aura les moyens de ses ambitions. D’autant que le contexte international pourrait aussi jouer un rôle non négligeable. Après avoir introduit de nouvelles sanctions pour des proches de Vladimir Poutine, les Etats-Unis menacent de prendre des mesures contre les secteurs clés de l'économie russe. De leur côté, les dirigeants européens réunis en sommet à Bruxelles doivent dévoiler ce vendredi leur nouvelle liste des personnalités russes touchées par les sanctions.

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