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    Europe

    Après la Crimée, la Transnistrie en Moldavie convoitée par la Russie?

    media Des véhicules blindés ont pénétré dans une base ukrainienne en Crimée, au milieu de rafales d'armes automatiques tirées en l'air. Balbke, le 22 mars 2014. REUTERS/Shamil Zhumatov

    Selon le Commandant suprême des Forces alliées en Europe, les forces russes à l’est de l’Ukraine sont à la fois très nombreuses et très bien préparées. Pour le général Breedlove, ces troupes sont bien positionnées pour envahir la Transnistrie. On imagine qu’il pense à une offensive aéroportée puisque c’est à l’ouest de l’Ukraine qu’est située la Transnistrie territoire séparatiste russophone de la Moldavie.

    Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet

    Le Commandant suprême des Forces alliées en Europe préconise désormais un redéploiement de ses forces en Europe orientale, en particulier en vue de protéger les Pays Baltes où les États-Unis viennent de renforcer leur présence militaire.

    La rhétorique a de forts accents de guerre froide et elle fait échos aux propos tenus il y a quelques jours par le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, qui évoquait une agression militaire russe, menace la plus grave pour la sécurité de l’Europe depuis la fin de la guerre froide.

    → A (RE) LIRE : La situation se tend en Crimée

    La réaction « occidentale » est cependant tout sauf militaire pour l’instant, d’abord parce que les Européens en ont écarté la perspective. C'est peut-être aussi parce qu’après des années de coupes dans les budgets militaires, les Européens ne peuvent plus aligner les armées massives de la guerre froide.

    La réaction sera donc politique et le président des États-Unis essaiera peut-être à La Haye de plaider pour des sanctions économiques face à des Européens divisés, qui continuent à privilégier le dialogue avec le Kremlin.

    Reste maintenant à voir s’ils lanceront l’offensive diplomatique, par exemple en signant des accords avec la Moldavie pour empêcher que la Transnistrie tombe aux mains de la Russie ou bien s’ils préféreront céder à la Russie pour obtenir un statu quo, comme le Royaume-Uni et la France lors des accords de Munich en 1938.

    Absence du Premier ministre ukrainien au G7

    Le Premier ministre ukrainien Arseni Iaseniouk ne se rendra pas au sommet du G7, lundi et mardi à La Haye, où en marge de la rencontre sur la sécurité nucléaire sera également évoquée la situation de l'Ukraine. Le premier ministre reste à Kiev pour tenter de conclure un accord avec le FMI.

    Au bord de la faillite l'Ukraine a fait appel au FMI pour obtenir un prêt de 15 milliards de dollars. Depuis le 4 mars une délégation du FMI se trouve en Ukraine et les négociations sur les conditions à l'octroi d'un prêt devraient s'achever mardi prochain.

    → A (RE) LIRE : L'Europe versera 2,2 milliards pour soutenir l'Ukraine en 2014

    Or, selon le FMI si d'importants progrès ont été réalisés il reste encore beaucoup à faire pour parvenir à un accord. Dans ce cadre, la présence du Premier ministre ne sera pas superflue. Le FMI exige, en contrepartie de son aide, des réformes économiques et des mesures d'austérité afin de relancer la croissance.

    Parmi ces mesures, il y a la réduction des subventions publiques au prix du gaz, un sujet très sensible pour la population. D'un côté les difficultés rencontrées par l'Ukraine dans la crise qui l'oppose à la Russie sur la Crimée devraient incliner le FMI à la clémence, mais, d'un autre côté, un précédent plan d'aide avait été interrompu en 2011 devant le refus des autorités ukrainiennes de l'époque d'appliquer les mesures exigées par le FMI.
     

    → A (RE) ECOUTER : Chronique Aujourd'hui l'Economie « L'Ukraine appelle à l'aide »
     

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