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    Europe

    Tensions grandissantes au sein du pouvoir ukrainien

    media Le nouveau ministre ukrainien de la Défense, Mikhaïlo Koval au Parlement à Kiev, le 25 mars 2014. REUTERS/Alex Kuzmin

    Les forces russes ont pris le contrôle mardi 25 mars du dernier navire battant encore pavillon ukrainien en Crimée. L'équipage a d'abord résisté aux assauts des soldats russes avant de devoir se rendre. Avec cette reddition, les Russes ont quasiment achevé la prise de contrôle de la Crimée. Mardi, le gouvernement en a tiré les conséquences en changeant de ministre de la Défense. Mais, cette affaire a dévoilé les tensions grandissantes au sein du pouvoir.

    Avec notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne 

    C'est le général Mikhailo Koval qui est désormais chargé de restructurer l'armée ukrainienne et de lui redonner du coeur à l'ouvrage. Car l'humiliante défaite des forces ukrainiennes en Crimée est devenu le symbole de l'impuissance des nouvelles autorités de Kiev.

    Son prédécesseur Igor Tenioukh, auquel il est reproché de ne pas avoir su gérer ni la résistance, ni le retrait des forces ukrainiennes, a dû reconnaitre que sur les 18 800 soldats stationnés en Crimée, 4 300 seulement ont choisi de rester dans l'armée de leur pays.

    → A (RE) LIRE : L'Ukraine évacue ses militaires et civils de Crimée

    Une ligne politique remise en question

    Face aux critiques contre l'inaction des nouvelles autorités, le président par intérim Tourtchinov, a mis au vote sa démission, que les Parlementaires ont largement rejeté. Mais des voix se sont élevés pour critiquer une absence de ligne politique claire. Est-ce cette nécessité de montrer plus de fermeté, qui a poussé le ministère de l'Intérieur à s'en prendre aux groupes d'auto-défense qui refusent de rendre les armes ?

    Au cours d'une opération un activiste d'extrême droite a été tué. Le groupe Pravy Sektor, dont il faisait partie, dénonce une répression contre les révolutionnaires de la part des autorités en place, qui serait dictée par Moscou. Un ministre a traité de bandit, ceux qui ont encore entre les mains des armes qui auraient dû être restituées. La cohabitation, affichée aux temps révolutionnaires, semble ne pas résister à la réalité du pouvoir.

    → A (RE) LIRE : La Crimée perdue, l’Ukraine veut défendre le reste de son territoire.

    Ioulia Timochenko espionnée ?

    D'ailleurs, la période révolutionnaire est aussi remise en cause autant que ses figures. Ioulia Timochenko serait  espionnée par les services spéciaux russes. C'est du moins, ce que l'ancienne première ministre ukrainienne a affirmé sur son compte Twitter, ce mardi. Une annonce faite au lendemain de la diffusion sur internet d'un enregistrement de ses propos, pour le moins virulents envers les Russes et la Russie. Mais Ioulia Timochenko dénonce une manipulation d'un passage de la conversation.

    Des enregistrements audio suspects

    La discussion aurait eu lieu le 18 mars, le jour où Vladimir Poutine signait le traité d'annexion de la Crimée à la Russie. Ioulia Timochenko est au téléphone avec un proche : Nestor Chouffritch, député du Parti des Régions, la formation du président destitué Victor Ianoukovitch.

    « _Chouffritch : Nous avons parlé aujourd'hui. Comment faire avec ces 8 millions de Russes qui vivent en Ukraine ? Ce sont des parias !

    _ Timochenko : Il faut les tuer à l'arme atomique !
    _ Chouffritch : Je ne vais pas te contredire

    C'est cette phrase que Ioulia Timochenko conteste, accusant les services spéciaux russes d'avoir manipulé ses propos. En fait, l'ancienne opposante à Viktor Ianoukovitch assure avoir dit que « les Russes en Ukraine, ce sont des Ukrainiens ».

    → A (RE) LIRE : Ukraine : le nouveau triomphe de Ioulia Timochenko

    Des propos anti-russes

    A cette phrase près, Ioulia Timochenko reconnaît l'authenticité de cette conversation privée de 2 minutes, y compris d'autres passages extrêmement virulents. Comme lorsqu'elle dit vouloir « utiliser tous ses contacts, soulever le monde entier, pour qu'il ne reste de la Russie pas même un champ brûlé ». Des propos anti-russes violents sans doute pour se démarquer des nouvelles autorités, accusées d'impuissance et d'improvisation, à 2 mois de l'élection présidentielle.

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