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    Erdogan: une très forte personnalisation du pouvoir

    media Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan est au pouvoir depuis 2002. REUTERS/Umit Bektas

    Les Turcs élisent aujourd'hui leurs représentants aux élections locales. Un scrutin à un seul tour qui a valeur de référendum pour ou contre le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan dans un pays secoué par des affaires de corruption et de lutte d’influence entre le Premier ministre et son ennemi juré, la confrérie musulmane du prédicateur Fettulah Gülen.

    Recep Tayyip Erdohan quittera la politique si son parti AKP n'arrive pas en tête aux élections locales, c'est ce qu'il a dit début mars. Preuve que le chef du premier parti du pays a confiance en lui. « C’est quelqu’un dont la vie militante a effectivement été un combat, analyse Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie à l'Institut français des relations internationales (IFRI). C’est quand même quelqu’un qui a fait quelques mois de prison, qui a appartenu à des partis politiques qui ont été dissous successivement en Turquie, et qui donc sait ce que ça coûte en Turquie de rester au pouvoir. Et on a le sentiment qu'il est en fait galvanisé par les difficultés politiques qu’il subit depuis un an à peu près. Et que cette lutte politique lui donne une énergie incroyable. Il est très, très bon en campagne, extrêmement résistant physiquement, très charismatique, et c'est quelqu'un qui aime vraiment aller au contact du peuple ».

    à (re)lire: Elections en Turquie: Erdogan sur la sellette

    Une image de « despote éclairé »

    Recep Tayyip Erdogan en campagne électorale le 29 mars 2014 à Istanbul. REUTERS/Murad Sezer

    Tayip Erdohan a pourtant perdu de son prestige à l'étranger depuis la répression de la contestation anti-gouvernementale de juin dernier. Il apparaît désormais comme un chef autoritaire, en opposition avec un Occident, très critique à son égard. Sa volonté de museler les réseaux sociaux comme Youtube et Twitter illustre sa fermeté, après la publication sur ces réseaux d'enregistrements le mettant en cause dans un scandale de corruption. Recep Tayyip Erdogan se déclare lui victime d'un complot. Pour Ali Bayramoglu, journaliste à Yeni Chafak, un quotidien proche du gouvernement, le Premier ministre cultive une image de dur pour mieux régner en Turquie. « « C’est un leader de nature assez autoritaire. Jusqu’à aujourd’hui il a eu une politique patriarcale. Il est allergique à tout type de revendications sociales. Mais au contraire, concernant le service public, les libertés publiques, etc., il donne de lui-même. Donc on peut parler d'une sorte de despote éclairé ».

    De quoi pousser la comparaison avec un autre dirigeant, en délicatesse avec les Occidentaux. « On peut parler d’une sorte de Poutine turc. Il est trop confiant en lui-même. Son discours d’homme politique turc l’enferme sur lui-même. Bien sûr ça marche, mais avec beaucoup de problèmes ! » poursuit Ali Bayramoglu.

    Une personnalisation du pouvoir synonyme de faiblesse

    Son plus gros problème, c'est l'influente confrérie Gülen. Depuis plusieurs mois, Recep Tayyip Erdogan accuse le mouvement musulman de lancer des rumeurs pour le fragiliser. Sous la pression, il a remanié son gouvernement en décembre.

    à (re)lire : Opération anti-corruption en Turquie: Erdogan remanie sous pression

    Cette lutte d'influence, la campagne électorale a été très tendue, et le Premier ministre s'est présenté comme une figure indispensable à la stabilité du pays. Une personnalisation du pouvoir, synonyme de faiblesse, selon le politologue Ahmet Insel. « Nous avons un Premier ministre qui par la personnalisation du pouvoir se dit être le garant de la stabilité dans le pays. Mais en même temps, à cause de la personnalisation du pouvoir et des accusations de corruption qui commencent à peser autour de lui et sur lui, nous sommes rentrés aussi dans une phase où le Premier ministre est la première source d’instabilité ».

    Malgré la tempête, Recep Tayyip Erdohan garde les commandes d'un pays qu'il dirige depuis 2002. Un pays aujourd'hui divisé entre ses opposants et ses partisans, majoritaires en Turquie. « Peut-être est-il en crise dans les yeux des Occidentaux, dans les yeux des laïcs turcs, dans les yeux des journalistes comme moi, reprend Ali Bayramoglu. Mais sa politique correspond à une autre réalité que la Turquie, une réalité conservatrice et assez autoritaire… »

    Son discours contre l'Occident et les élites turques séduit l'électorat musulman, conservateur et populaire. Une stratégie gagnante en vue des municipales, pour asseoir un peu plus son pouvoir.

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