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    Europe

    Snyder: «la Crimée a été occupée pour détruire l’Etat ukrainien»

    media Manifestation de soutien à la Russie, le 30 mars 2014 à Louhansk, dans l'est de l'Ukraine. REUTERS/Stringer

    L’historien américain Timothy Snyder, spécialiste de l’Europe orientale, explique à RFI pourquoi la crise ukrainienne et le rattachement de la Crimée à la Russie est un défi au système de la sécurité européenne.

    RFI : La prise de contrôle de la Crimée par la Russie a rappelé l'annexion des Sudètes par l'Allemagne nazie en 1938. Plusieurs historiens ont comparé Poutine à Hitler. Ce parallèle vous semble-t-il juste ?

    Timothy Snyder : Je ne pense pas que Poutine, c’est Hitler. Mais je pense qu’aujourd’hui la Russie a lancé le même défi authentique et sérieux au système de la sécurité européenne. La destruction de l’Etat d’Autriche et de la Tchécoslovaquie à l’époque a marqué le début de la destruction du système européen en général. L’occupation de la Crimée et les tentatives de fractionner l’Ukraine est un défi pour l’Europe. Je pense qu’aujourd’hui, il ne s’agit pas que de l’enjeu ukrainien ; il s’agit de l’avenir de l’Europe telle qu’elle a été conçue.

    Par l’occupation de la Crimée, la Russie poursuit-elle le but de détruire l’État ukrainien ? Pensez-vous qu’il y a un risque de scission des régions de l’est du pays ?

    Je pense que la Crimée a été occupée pour déstabiliser la situation et détruire l’Etat ukrainien. Pourtant ce plan a échoué, l’Etat ukrainien existe et je pense qu’il est plus fort que ce que Poutine pensait réellement. A Moscou, on considère vraiment qu’il n’y a pas de nation ukrainienne. Cela représente un vrai danger. Lors des affrontements en Ukraine, Poutine n’a pas réussi à garder le régime de Viktor Ianoukovitch, pro-russe, au pouvoir. C’est après cet échec-là que la Russie a attaqué la Crimée. Sauf que l’occupation de la Crimée n’a pas changé la politique de nouvelles autorités ukrainiennes. Ainsi, Moscou essaie de déstabiliser la situation dans l’est de l’Ukraine. Chaque défaite inspire la prochaine escalade.

    Que peut donc faire l’Occident pour empêcher la Russie de poursuivre sa croisade anti-européenne ?

    Il faut d’abord qu’en Occident on comprenne réellement ce qui se passe en Ukraine. Il est important de dire que le conflit au sein de la société ukrainienne est un conflit politique et pas du tout ethnique. Ceux qui parlent du conflit ethnique essaient de déformer la réalité et de faire croire à l’Occident qu’il ne peut rien faire dans la crise ukrainienne. Ce n’est pas vrai. L’Europe doit tout d’abord aider l’Ukraine à se stabiliser financièrement, libéraliser le régime de visas pour favoriser plus d’échanges. L’Europe doit également coopérer avec l’Ukraine dans le domaine de la lutte contre la corruption, qui est un problème fondamental en Ukraine. Les révolutionnaires ukrainiens se battaient pour les réformes. En Europe aussi, on veut que l’Etat ukrainien puisse satisfaire les exigences de ses citoyens.

    Après les sanctions que l’Europe avait imposées sur certains hauts responsables russes comme une réponse à l’annexion de la Crimée, Bruxelles pourrait-il mener un vrai dialogue avec Vladimir Poutine sur le dossier ukrainien ?

    Le dialogue avec les Russes est très important. Il faut souligner que dans les pays européens, nous avons la pluralité. Ainsi, on peut avoir un vrai débat sur la question des sanctions entre autres. Par ailleurs, en Russie, il n’y a pas de pluralité. Donc, notre but est aussi de faire de sorte qu’en Russie, il y ait un vrai débat au sein de la société. Parce que nous ne pouvons pas convaincre Vladimir Poutine par nos arguments. Il faut qu’il y ait un dialogue entre les autorités russes et leurs propres citoyens. Pour cela, il faut que les citoyens russes comprennent la politique menée par leur président.

    Considérez-vous que les sanctions de l’Europe et des Etats-Unis contre les hautes responsables russes sont efficaces ?

    Je pense que maintenant, ces sanctions auront leurs effets. Mais il faut tout de même qu’elles poussent l’élite russe et la classe moyenne russe vers ce dialogue. Il ne s’agit pas de la lutte idéologique, d’une conspiration de l’Occident. La Russie et l’Europe ont un intérêt commun de respecter l’ordre mondial actuel, mais l’Etat russe a annexé illégalement une partie du territoire d’un autre Etat souverain, et ainsi elle a lancé un défi à cet ordre mondial. Voici pourquoi les sanctions dures sont nécessaires, car les Russes doivent comprendre que cette politique peut avoir des conséquences.

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