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    Europe

    Ukraine: proclamation d'une «république souveraine» à Donetsk

    media Un militant pro-russe devant le bâtiment de l’administration régionale de Donetsk, le 7 avril 2014. REUTERS/Stringer

    Les militants pro-russes qui occupent le siège du pouvoir régional à Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, ont proclamé ce lundi la création d'une république séparatiste et demandé l'organisation d'un référendum d'autodétermination d'ici le 11 mai.

    Barricadés à l’intérieur du bâtiment de l’administration régionale de Donetsk depuis dimanche, les manifestants séparatistes, qui ont proclamé une « République populaire de Donetsk » affirment qu’ils n’hésiteront pas à demander à la Russie l'envoi d'un « contingent de maintien de la paix » en cas d'agression des autorités de Kiev qu'ils considèrent comme illégitimes.

    Ils souhaitent organiser, comme en Crimée, un référendum et ne cachent pas leur volonté de rejoindre le giron russe. Reste à savoir s'ils en auront les moyens. La situation ethnique dans l'est de l'Ukraine est sensiblement différente de la Crimée : les Ukrainophones y sont plus nombreux. Les forces de l'ordre ont jusque-là été plutôt discrètes. Elles n'ont pas opposé de vive résistance face aux manifestants pro-russes.

    Toutefois, à Kharkiv, l'autre grande ville de la région, les autorités ont réussi à faire évacuer les manifestants du bâtiment de l'administration locale qu'ils avaient pris d’assaut ce dimanche. Beaucoup dépendra sans doute de l'attitude de Moscou que les autorités de Kiev accusent de mettre en oeuvre « un plan pour déstabiliser la situation » dans l'est et « démembrer l'Ukraine ». La Russie, qui continue de réclamer une fédéralisation de son voisin, lui demande aussi de cesser de la rendre responsable de tous les « problèmes » de l'Ukraine.

    La main de Moscou selon Kiev

    Les prises de bâtiments administratifs se sont faites sans grandes violences. A Donetsk, les forces de l’ordre ont résisté brièvement face à des manifestants encagoulés avant de se replier. Ayant reçu l'ordre d'éviter tout incident susceptible de mettre le feu aux poudres et de fournir un prétexte à une ingérence russe, les policiers font profil bas. Selon le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, des unités de l’armée russe se trouvent à une trentaine de kilomètres seulement de la frontière ukrainienne.

    Dépêché à Kharkiv, l’autre grande ville de l’est russophone, le ministre de l’Intérieur, Arsen Avakov, a promis une réponse ferme aux séparatistes, mais sans effusion de sang. Les autorités ukrainiennes voient la main de Moscou dans ces nouveaux troubles, qui sans aller jusqu’à l’annexion de cette région minière, pourrait avoir intérêt à compromettre la tenue de l’élection présidentielle du 25 mai. « Il faut s’attendre à des pressions russes maintenues, notamment économiques et politiques, prédit le politologue Arnaud Dubien. L’objectif pour la Russie étant d’avoir un Etat central ukrainien durablement affaibli. Le pays est au bord de la faillite. Beaucoup commencent à comprendre que le soutien occidental est essentiellement verbal. »

    Les oligarques locaux, attirés par l’idée d’une fédéralisation du pays, auraient peut-être aussi intérêt à entretenir l’instabilité, ce qui compliquerait d’autant la tâche des autorités de Kiev. Face à une situation de plus en plus délicate, le président par intérim, Olexandre Tourtchinov a lancé une opération antiterroriste contre les séparatistes, qui se cantonne pour le moment à renforcer la sécurité aux frontières. Le Parlement ukrainien s’apprête de son côté à voter l’interdiction des partis et des organisations faisant la promotion du séparatisme. Pour Arnaud Dubien, l'utilisation de la force dans l'est du pays est extrêmement risquée car elle peut déstabiliser davantage la situation. « Surtout, il n’est pas du tout certain que le pouvoir central de Kiev, extrêmement affaibli, dispose des outils nécessaires pour envisager une telle réponse. L’armée ukrainienne est virtuelle et la loyauté de la police dans ces régions est en question », rappelle le politologue.

    Washington appelle Vladimir Poutine à cesser de déstabiliser l'Ukraine

    Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

    Le regain de violence dans l’est de l’Ukraine a été fomenté par la Russie : c’est en substance la position de la Maison Blanche. D’après Washington, certains des manifestants qui ont occupé les bâtiments public de Kharkiv, ou entendent faire sécession à Donetsk ont été rémunérés par Moscou, et beaucoup ne sont pas des Ukrainiens russophones, mais des ressortissants russes acheminés sur place pour semer le trouble.

    Barack Obama estime que Vladimir Poutine est responsable de cette escalade, Jay Carney, porte-parole de la Maison-Blanche, prévient que « Si la Russie intervient dans l’est de l’Ukraine, ouvertement ou secrètement, ce sera une escalade très grave. Nous appelons le président Poutine et son gouvernement à mettre fin à toute manœuvre visant à déstabiliser l’Ukraine. Et nous mettons en garde contre toute intervention militaire ».

    La Maison Blanche rappelle que les décrets signés par Barack Obama permettent de resserrer l’étau autour de la Russie, mais ne précise pas si de nouvelles sanctions économiques sont sur le point d’être mises en place. C’est dans ce contexte que le secrétaire d’Etat John Kerry s’est entretenu par téléphone lundi avec son homologue russe, Sergueï Lavrov. Les pourparlers directs entre l’Ukraine et la Russie ne semblent pas être remis en question. Ils sont prévus dans les dix jours, en présence d’émissaires européens et américains.

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