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    Europe

    «La Russie n'a pas forcément intérêt à envahir l'est de l'Ukraine»

    media Une vingtaine de jeunes, armés de barres de fer, ont brisé une fenêtre pour entrer au siège de l'administration régionale de Louhansk ce mardi 29 avril, dans l'est de l'Ukraine. Reuters

    L'Union européenne et les Etats-Unis ont adopté hier un nouveau train de mesures à l'encontre de la Russie. Tout en accusant les Américains de ressusciter la politique du « rideau de fer » et d'« exposer leurs cosmonautes de la Station spatiale internationale », Moscou a promis de ne pas envahir l'Ukraine. Peut-on croire à la promesse faite par la Russie ? La réponse de Philippe Migault, directeur de recherches à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

    RFI : La région russophone de l’Est est-elle en train de s’isoler davantage du reste de l’Ukraine ?

    Philippe Migault : Cela semble tout à fait évident. Cette espèce de partition de la région est en train de s’enkyster au fur et à mesure que la crise se prolonge et qu’il devait être de plus en plus difficile d’en revenir tranquillement au statu quo ante.

    Tout cela est-il prévu d’avance, en quelque sorte coordonné, ou bien est-ce que ce sont des mouvements vraiment spontanés ?

    Il y a plusieurs choses qui entrent en ligne de compte. Tous n’ont pas les mêmes revendications. En tout cas, ce n’est pas coordonné de ce point de vue-là. Il y en a qui sont pour le rattachement à la Russie, il y en a d’autres qui sont pour un fédéralisme et pas du tout pour un rattachement à la Russie, mais pour un fédéralisme ukrainien. Donc la revendication politique n’est pas coordonnée. Maintenant, il est bien évident qu’il y a une dynamique de la révolte qui fait que les uns et les autres se soutiennent et que bien entendu, d’une ville l’autre, vous avez un mouvement spontané d’appui entre les différents pro-Russes. C’est quelque chose d’évident. Donc dire que tout cela est coordonné, ce n'est pas forcément évident. En même temps, il est bien sûr qu’entre pro-Russes de Kharkiv ou de Slaviansk et d’ailleurs, on se parle.

    Le point commun, c’est l’hostilité à Kiev. Est-ce que justement du côté des autorités ukrainiennes, on dispose d’un interlocuteur ?

    Non, je ne pense pas. Il y a dans l’Est de l’Ukraine une foule de Républiques, d’entités qui se déclarent indépendantes, autonomes et qui sont totalement autoproclamées. Il n’y a pas d’interlocuteur unique.

    Il y a des personnalités qui ont été sanctionnées par les Européens, des personnes désignées comme des meneurs du mouvement pro-russe. Est-ce que, au-delà de ces décisions européennes, l’Ukraine pourrait penser à lancer des procédures judiciaires contre ces personnes ?

    Oui, bien entendu, mais ces procédures judiciaires pourraient-elles être suivies d'effets ? Pour qu’une procédure judiciaire aille à son terme, il faut encore pouvoir déférer les gens devant le parquet. Donc il faut aller les arrêter. Et là, ça risque d’être extrêmement compliqué dans la mesure où l’Ukraine, n’ayant pas les moyens de rétablir l’ordre dans l’Est de son territoire, n’a pas non plus les moyens d’aller arrêter les meneurs contre qui elle pourrait prendre des mesures judiciaires.

    Qu’en est-il de la présence de groupes de sabotage russe ? Il y a eu des mises en cause ainsi que des démentis de la part de Moscou ?

    Encore une fois, il faut être sur le terrain. On est dans une guerre de l’information de part et d’autre. C’est quand même quelque chose qui est extrêmement difficile à démontrer parce que les rumeurs fusent, que ce soit à Kiev, à Moscou ou ailleurs. On a dit au départ qu’il y avait des mercenaires américains qui étaient présents dans l’Est de l’Ukraine. On dit qu’il y a des groupes de sabotage pro-russes : tout cela reste à démontrer. On ne peut pas l’exclure mais on ne peut pas le prouver non plus. Je préfère me montrer très prudent sur cette question.

    Il y a des assurances de la part de Moscou. Ces dernières heures, les autorités russes, en tout cas le ministre de la Défense s’est engagé à ne pas intervenir, ne pas envahir l’Ukraine. Est-ce que ce type de promesse est vraiment crédible au moment où il y a de grandes manœuvres de l’autre côté de la frontière ?

    Il y a deux choses qu’il faut dissocier. Les manœuvres d’une part, qui à mon avis relèvent davantage de la gesticulation diplomatique que du prodrome d’une offensive. Il faut voir les choses du point de vue des intérêts de la Russie. Est-ce qu’une invasion russe en Ukraine sert les intérêts de la Russie ? Je n’en suis pas du tout persuadé dans la mesure où je ne suis pas du tout persuadé que ce soit nécessaire parce que la partition du pays est en cours.

    L’Est de l’Ukraine est en train de prendre le large et on voit très mal comment dans les semaines ou les mois qui viennent, le pays va pouvoir retrouver son unité. Donc est-ce que la Russie a besoin d’intervenir alors que dans les faits, l’Est de l’Ukraine échappe totalement au contrôle de Kiev ? Je n’en suis pas persuadé.

    Du point de vue diplomatique, ce serait quelque chose de parfaitement contre-productif parce que ça reviendrait à dire que la Russie revient sur sa doctrine de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat. Bien entendu dans la doctrine de défense russe, il est prévu qu’on puisse recourir au secours de ressortissants russes qui seraient menacés dans l’étranger proche, mais du point de vue de la diplomatie, très clairement la Russie semblerait dire qu’elle renonce à sa doctrine de non ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat.

    On avait vu en Crimée, le processus passait par un référendum même s’il n’avait pas été reconnu par la communauté internationale. Est-ce que pareille consultation est envisageable dans ces régions de l’Est ?

    Comme on le disait tout d’abord, il faudrait déjà que ça soit coordonné. Encore faudrait-il qu’on puisse organiser un référendum de manière coordonnée. Ça ne me semble pas du tout évident pour l’instant. Par ailleurs, la Crimée c’est un cas de figure différent de l’Est de l’Ukraine. La Crimée, c’était un retour du berger à la bergère : après l’annulation de l’accord du 21 février qui avait été conclu entre Ianoukovitch, l’opposition, la Russie et la France, l’Allemagne, la Pologne, la Russie a voulu taper du poing sur la table en récupérant une province historique. Dans l’Est de l’Ukraine, on n’est pas du tout dans ce cadre de figure-là. Ce sera beaucoup plus difficile à gérer.

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