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    Europe

    Elections européennes: «des débats nationaux sur des thèmes nationaux»

    media Bureau de vote à Belfast, en Irlande, le 22 mai. Le scrutin européen était couplé avec des élections locales. REUTERS/Cathal McNaughton

    Le coup d'envoi des élections européennes a été donné dans plusieurs pays mais les résultats des scrutins dans les 28 Etats membres ne seront connus que dimanche soir. Premières tendances et perspectives avec Yves Bertoncini, directeur de Notre Europe-Institut Jacques Delors.

    RFI : il n'y a pas de montée des populismes, ni côté néerlandais, ni côté britannique, selon des sondages de sortie des urnes. Est-ce une surprise alors que l'on annonçait un raz de marée des eurosceptiques ?

    Yves Bertoncini : Une relative surprise. On en a trop fait sur cette poussée populiste qui peut être réelle. Il y aura une progression des populistes. Aux Pays-Bas Wilders recule. Or au Royaume-Uni il semblerait que Ukip progresse.

    Simplement, on attendait quasiment une victoire des populistes qui n’a jamais été à leur portée. Ces élections vont se jouer entre la droite, le PPE où siège de l’UMP, et la gauche où siège le Parti socialiste français et d’autres partis socialistes. Entre le camp conduit par Jean-Claude Juncker d’un côté et le camp de Martin Schulz qui sont au coude à coude. C’est ça qu’il faut rappeler et que ces deux élections, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, nous rappellent aussi.

    Pour ce qui est de la France, le Front national selon un dernier sondage CSA est crédité de 23 % d’intention de vote devant l’UMP et 3ème le PS. C’est crédible ?

    On verra si ça se vérifie. On dit souvent que les élections européennes sont favorables aux petits partis. C’est vrai, compte tenu du mode de scrutin : élections proportionnelles à un seul tour. Et en même temps ce sont des élections avec un haut niveau d’abstention pendant lesquelles les électeurs des partis extrémistes ne se mobilisent pas nécessairement beaucoup.

    C’est peut-être tout ça qui explique le recul relatif par rapport aux sondages aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. On verra ce qu’il en sera pour la France. Ce qui est sûr c’est que la France reste l’un des seuls pays de l’Union européenne avec le Royaume-Uni, avec aussi le Danemark, où un parti d’extrême-droite ou en tout cas droite europhobe (pour ce qui est de Ukip), pourrait arriver en tête.

    → à (re)lire : L'extrême-droite française menace de former un groupe au Parlement européen

    L’autre enseignement de ceux qui ont voté hier, enseignement plus prévisible, c’est le taux de participation. Là, pas de surprise, le taux est faible ; moins de 40 %. Est-ce à l’image, selon vous, de ce qui va se passer dans les autres Etats membres ?

    Oui, à l’exception des pays où il est obligatoire de voter. Il y a quelques pays ; la Belgique, le Luxembourg, Grèce, Chypre. Sinon ce n’est pas obligatoire. Et donc globalement les Européens votent autant que les Américains pour les élections au Congrès, autant que les Suisses pour les élections fédérales suisses.

    C’est que Bruxelles est loin, n’a pas tant de pouvoir que cela, en réalité. Et du coup le déficit de pouvoir de Bruxelles renvoie à un déficit de participation, mais encore une fois avec des variations. On vote très peu au Royaume-Uni par exemple, très peu aux Pays-Bas. On vote très peu en Pologne et en Roumanie aussi, pourtant des pays plutôt europhiles. Et puis il y a des pays où on vote un peu plus. Et donc la moyenne va certainement s’établir autour de 40 %, en effet.

    Cette campagne, Yves Bertoncini, a été extrêmement inégale selon les pays. Elle a démarré très tard en France. Les Allemands, eux, semblaient plus enclins à débattre. Pourquoi de telles disparités ?

    Pour la France, pour la Hongrie aussi, il y a d’abord eu d’autres élections juste avant. Donc évidemment on était concentré en France, en Hongrie, sur les élections qui précédaient, les législatives ou locales. Ensuite il y a eu une tentative d’européanisation de la campagne avec des chefs de file. Je citais messieurs Juncker, Schulz, Tsipras, Verhofstadt, Bové et madame Keller… Mais il est vrai que c’est resté des débats essentiellement nationaux sur des thèmes nationaux.

    ► à (re)écouter : Débat Martin Schulz et Jean-Claude Juncker sur RFI

    Il y a pourtant eu de vrais débats européens. Il y a quand même un grand thème dominant. C’est la crise, l’austérité, la solidarité, la crise de la zone euro, quelques thèmes internationaux, l’accord avec les Etats-Unis, la crise en Ukraine, des débats sur les migrations internes ou externes. Mais au total des débats, qui ne passionnent pas complètement les foules parce qu’elles savent bien peut-être, ces foules-là, qu’à l’exception des agriculteurs et des pêcheurs leur sort, leur vie quotidienne, ne dépend pas exclusivement de ce qui se passe à Bruxelles, mais bien d’abord de ce qui se passe dans leurs Etats-membres et même dans leurs régions.

    Vous l’évoquiez également tout à l’heure, beaucoup de partis, en France notamment, beaucoup de partis ont émergé pour cette élection. C’est une chance ou une perte pour l’Europe ?

    D’abord ce sont des élections très démocratiques, proportionnelles à un tour, il faut le rappeler, parce que l’Europe a beaucoup de défauts du point de vue démocratique. Mais ces élections-là au moins elles sont très démocratiques. Et donc il y a beaucoup de partis qui s’en servent comme d’une tribune d’un tremplin même, pour proposer leurs suffrages aux électeurs. Les électeurs se plaignent souvent qu’aucun parti ne représente leur voix. Là au moins ils ont le choix. En France il y a même trente et un…

    Peut-être trop de choix…

    Mais effectivement, je crois qu’on va vers un excès inverse. C'est-à-dire trop de choix qui finit lui aussi par éparpiller les voix et déboussoler les électeurs.

    Comment ça se transforme au Parlement de Strasbourg ? On sait que les députés ne se rassemblent pas par nationalités, mais par affinités politiques. Quelle majorité peut se dégager pour ce scrutin ?

    Il y a une claire tendance à la baisse du Parti populaire européen, donc au siège l’UMP, la CDU, une tendance à la hausse des sociaux-démocrates au siège SPD allemand, les socialistes italiens, français, des autres pays… Et le suspense est de savoir si les courbes vont se couper. Elles pourraient se couper. En tout cas il y aura certainement un rééquilibrage des rapports de force entre ces deux groupes.

    Ensuite il y a d’autres groupes politiques ; les libéraux, les Verts, qui arrivent assez loin derrière, la gauche radicale qui devrait progresser, l’extrême-droite qui devrait pouvoir reformer un groupe, ce sera la quatrième fois. Et puis d’autres groupes eurosceptiques, britanniques notamment. Il y aura donc sept ou huit groupes, avec aussi des non inscrits. Et donc effectivement il y aura quand même des regroupements sur la base d’affinités politiques et donc un rapport de force qui aura été déterminé par le vote des Européens.

    Concernant les pays de l’Europe du Sud qui sont lourdement frappés par la crise, est-ce que le ras le bol des populations va selon vous l’emporter ?

    C’est très probable. On voit dans ces pays très peu d’extrême-droite, mais plutôt de la gauche radicale. Personne n’aime l’austérité. Le malheur c’est que dans les pays du Nord personne n’a aimé, en tout cas peu de gens ont aimé la solidarité. Et donc je dirais que là-dessus l’Europe va y perdre sur les deux tableaux : trop d’austérité au Sud, donc une sanction, trop de solidarité au Nord et une autre sanction.

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