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    Europe

    Parlement européen: quels alliés pour le Front national?

    media Fort de ses 24 sièges au Parlement européen, le FN de Marine Le Pen (ici en juin 2012) veut créer un groupe parlementaire. AFP PHOTO/FREDERICK FLORIN

    En obtenant près de 25 % des suffrages lors des élections européennes, le Front national remporte 24 sièges au Parlement européen sur les 74 dévolus à la France. Maintenant, son objectif est de constituer un groupe parlementaire. Marine Le Pen doit se rendre ce mercredi à Bruxelles pour rencontrer ses alliés européens.

    L’Europe n’avait jamais fait face à une telle défiance. Dans une large partie de l’Union européenne, les partis populistes, eurosceptiques ou europhobes ont réalisé des résultats sans précédent lors des élections de dimanche. En France, le Front national est ainsi arrivé en tête des suffrages avec 24,95 % des voix. Fort de ce succès, il entend désormais constituer autour de lui un groupe capable de peser au Parlement européen.

    Mais le plus dur reste encore à faire. Car selon les règles du Parlement, les groupes politiques doivent être composés d’un minimum de 25 députés élus dans au moins un quart des États membres, soit sept pays. Le parti d’extrême droite doit donc former des alliances pour trouver d’autres députés originaires de six pays différents. Pour cela, il va devoir composer avec des idéologies parfois opposées. Si les partis d’extrême droite européens partagent le même rejet de l’Union européenne et la même politique anti-immigration, les divergences sont réelles. C’est notamment le cas sur le plan économique, entre les libéraux (Vrais Finnois) et les interventionnistes comme le PVV néerlandais ; ou sur les questions de société, avec d’un côté les libéraux (PVV) et de l’autre les conservateurs (FN, FPÖ autrichien). « Mais ces différences ne sont pas insurmontables, tempère Magali Balent, chercheur à la Fondation Robert-Schuman, comme le montrent les exemples des autres groupes parlementaires au sein desquels il existe également des divergences idéologiques majeures. »

    Les contre

    Le Front national a déjà essuyé deux refus. Le premier du Parti populaire danois. Avant même les élections de dimanche, le parti d’extrême droite qui a récolté 26,6 % des voix et quatre sièges au Parlement après une campagne contre l’immigration et pour le rétablissement du contrôle aux frontières, a fait savoir qu’il refuserait une alliance avec le Front national. Son motif : « le FN a un fond antisémite ».

    Même raison invoquée par le Ukip. Dirigé par Nigel Farage, l’United Kingdom Independence Party est, comme le FN en France, arrivé en tête des élections européennes en Grande-Bretagne avec 27,5 % des suffrages. Il obtient également 24 sièges à Strasbourg. Avant le scrutin, le parti nationaliste anti-européen se disait davantage favorable au mouvement de Nicolas Dupont-Aignan Debout la République qu’à celui de Marine Le Pen, jugé « antisémite ». Pour Magali Balent, le non du Ukip n’est cependant pas définitif. « Sur le fond, le discours actuel du FN et celui du Ukip convergent : sur la question de l’immigration, la lecture européenne, l’identité nationale, la nostalgie de l’époque coloniale, le rayonnement de leurs pays respectifs », développe-t-elle.

    De son côté, Marine Le Pen a répété ce mardi sur BFM TV et RMC son refus de s’allier avec les néo-nazis grecs d’Aube dorée (3 sièges) et les Hongrois du Jobbik (3 sièges). La présidente du Front national a également écarté l’idée de rencontrer Udo Voigt qui, à la tête du NPD, devient le premier néo-nazi allemand à faire son entrée au Parlement européen. Une question d’image. Pour un FN en pleine entreprise de normalisation, pas question de s’afficher avec des partis ouvertement racistes.

    Les pour

    Le Front national peut en revanche tabler sur le soutien de ses alliés historiques : le FPÖ autrichien qui a récolté quatre sièges avec 16,7 % des voix, le Parti pour la liberté (PVV) du Néerlandais Geert Wilders qui a également obtenu quatre sièges malgré un sérieux revers, et le parti flamand Vlaams Belang qui a décroché un siège. Le FN peut également compter sur les cinq sièges des Italiens de la Ligue du Nord. Les deux partis d’extrême droite se sont mis d’accord en janvier dernier pour la constitution d’un groupe à Strasbourg.

    Il manquerait alors deux pays à Marine Le Pen pour compléter sa formation européenne. Magali Balent avance la possibilité d’une alliance avec le KNP polonais, qui a obtenu quatre sièges. Les Démocrates de Suède, parti eurosceptique et anti-immigration qui a récolté 9,7 % des suffrages et deux sièges dimanche, a quant à lui fait part ce lundi de ses réticences à rejoindre le groupe que veut former la dirigeante du FN. « Il est tout à fait possible que nous décidions d'être non-inscrits. Si nous n'obtenons rien de suffisamment bon de la part des groupes, il y a un fort risque que nous finissions sans groupe », a déclaré le secrétaire du parti, Björn Söder, à un quotidien suédois.

    Des intérêts multiples

    Pour le Front national – comme pour ses alliés – les intérêts à former un groupe sont multiples. Ils sont d’abord de gagner en crédibilité. « Le FN montre ainsi qu’il est en capacité de s’entendre avec d’autres partis européens, qu’il n’est pas isolé », analyse Magali Balent. « Il bénéficie également d’un temps de parole lors des plénières qui ont lieu tous les mois, ce qui lui permet de gagner en plus en visibilité », poursuit-elle. L’intérêt est également purement logistique et financier. Le groupe profite d’un secrétariat et peut réserver des salles de réunion en son nom. Il bénéficie enfin de subventions allouées par l’Union européenne. Le Front national et ses alliés pourraient toucher jusqu’à 2,5 millions d’euros de fonds publics, estimait ainsi en avril le quotidien britannique Daily Telegraph.

    Il leur sera en revanche difficile de peser politiquement au sein du Parlement. Car si le groupe formé autour du FN pourrait compter une quarantaine de membres, ceux-ci ne représenteront qu’une minorité au milieu des 751 députés qui siègent à Strasbourg. « Il sera difficile pour eux de bloquer des votes. Mais ces partis sont dirigés par des leaders charismatiques qui ont tout à gagner à être crédibles. C’est un test vis-à-vis de leur électorat. Ils vont donc chercher à imposer les termes du débat et à l’influencer », prédit Magali Balent. Les tractations ont déjà commencé. Elles devraient encore durer plusieurs jours.

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