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    Europe

    Semaine décisive pour l'Ukraine

    media Sur le Maïdan, à Kiev, le 1er juin 2014. REUTERS/Valentyn Ogirenko

    C’est une semaine décisive qui débute en Ukraine ce lundi 2 juin. Le pays au bord de la guerre civile doit également faire face à des problèmes économiques. Moscou réclame à Kiev le paiement de sa dette gazière. Le président Petro Porochenko, fraîchement élu, doit s’entretenir avec Barack Obama.

    Cette semaine, les nouvelles autorités ukrainiennes vont devoir faire face sur tous les plans. Sécuritaire, d’abord, avec l’anarchie dans l’est du pays. L’armée ukrainienne affronte depuis plusieurs jours des groupes séparatistes pro-russes dans la région de Donetsk. Principal objectif pour le président Porochenko : reprendre le contrôle de cette région et rétablir la sécurité.

    Vient ensuite le volé économique avec les risques de coupure de gaz. La Russie, principal fournisseur d’énergie de l’Ukraine, réclame à Kiev le paiement de sa dette. Affirmatif, répondent les Ukrainiens, à condition que Moscou revoie ses tarifs à la baisse. Depuis le début de la crise dans ce pays, la Russie a fait flamber les prix de l’énergie. Moyen direct de Moscou pour faire pression sur Kiev et ses nouveaux dirigeants pro-occidentaux.

    C’est enfin sur le plan diplomatique que Petro Porochenko va tenter de trouver des solutions. Il doit rencontrer Barack Obama pour discuter de la stratégie et du soutien américain accordé à l’Ukraine. Petro Porochenko pourrait également rencontrer Vladimir Poutine, en marge des célébrations du 6-Juin 1944, histoire de tenter d’entamer un dialogue avec Moscou.


    REPORTAGE

    Dans l’est de l’Ukraine, les combats entre séparatistes pro-russes et forces gouvernementales se poursuivent, dans les régions de Donetsk et Lougansk. Régulièrement, les rangs des insurgés se renforcent, avec l’arrivée de combattants et d’armes, venus de Russie.

    Avec nos envoyés spéciaux à la frontière entre l’Ukraine et la Russie, Mathias Taylor et Anastasia Becchio

    Avec l'intensification des combats, les contrôles ont été renforcés : des blocs de béton massifs en forme de tétrapode et des sacs de sable ont été posés aux abords des postes-frontière. Des tireurs montent la garde sur les toits des bâtiments. Officiellement, les autorités ukrainiennes ne laissent plus entrer sur le territoire d’hommes russes âgés de 16 à 60 ans. Objectif : éviter l’infiltration de combattants, comme ceux venus récemment de Tchétchénie.

    Le ministère de l'Intérieur a reconnu que le contrôle des frontières était l'élément clé de l'opération militaire en cours contre les séparatistes. Mais dans les faits, la frontière reste poreuse. Aux abords du poste d’Ouspenskoye, à 80 km à l’est de Donetsk, on peut apercevoir le fossé qui a été creusé récemment, sur quelques centaines de mètres, pour stopper une éventuelle avancée des troupes russes. « Ça n’arrêtera pas les tanks, racontent en blaguant les habitants du coin : ils prendront de l’élan et ils sauteront par-dessus ».

    Autour du poste-frontière, des champs à perte de vue et des routes en mauvais état, sur lesquelles on croise de temps en temps un véhicule, et encore plus rarement une patrouille de gardes-frontière. Sur ces terres acquises à la cause séparatiste, où les noms de villages sont souvent repeints aux couleurs blanc bleu rouge du drapeau russe, les militaires sont plutôt discrets. Un seul barrage est visible sur la route de Donetsk, à 6 km de la frontière.

    A KIEV, Le premier défi de Vitali Klitschko

    Vitali Klitschko, l'ancien boxeur devenu maire de Kiev, doit gérer le camp de tentes qui occupe toujours Maïdan Nezalejnosti, la place principale de la capitale. Mais ses occupants ne veulent pas en partir.

    Avec notre correspondant à Kiev, Sébastien Gobert

    « Le dictateur est parti, le Maidan doit maintenant évoluer vers une nouvelle réalité ». Vitali Klitchko se défend de vouloir démanteler le campement et ses barricades par la force. Mais force est de constater que le centre-ville est paralysé, et que cela pose de plus en plus de problèmes de transport et d'aménagement urbain. Un accord prévoyait un démantèlement de la plupart du camp ce samedi.

    Mais face à la résistance des militants, qui ont incendié quelques pneus, seules quelques structures ont été démontées à ce jour. Dans un manifeste présenté ce dimanche, les coordinateurs du camp affirment qu'ils n'entendent pas rentrer chez eux afin de s'assurer que les nouveaux dirigeants du pays tiennent leurs promesses de réformes, d'épuration et de lutte anticorruption. Ils ont exigé du gouvernement qu'il présente bientôt un bilan de ses premiers cent jours.

    En dehors de problèmes pratiques, les plaintes se multiplient à l'encontre de nombreux militants. Maintenant que la plupart des révolutionnaires ont quitté les lieux, ceux qui restent sont pointés du doigt comme des marginaux, parfois agressifs et ivres. Mais il en faudrait peu pour que le Maidan se transforme d'une plate-forme de contrôle citoyen en une épine dans le pied de la ville de Kiev.

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