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    Europe

    Ukraine: à Donetsk, des civils pris dans la «folie» des combats

    media Des miliciens pro-russes lors d'un contrôle routier à Donetsk, le 1er juin. REUTERS/Gleb Garanich

    D’intenses combats ont eu lieu à Lougansk, ce lundi, entre garde-frontières et séparatistes. A Donetsk, la ville est toujours déchirée par des combats sporadiques, après les affrontements meurtriers de la semaine dernière. Les combats ont repris : « Une phase offensive active de l'opération antiterroriste est en cours autour de Sloviansk », a annoncé le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov.

    Avec nos envoyés spéciaux à Donetsk, Anastasia Becchio et Mathias Taylor

    Du verre cassé et des débris sont rassemblés en un petit tas, au milieu d’une pièce du bâtiment de l'administration régionale de Donetsk. Lundi, au moment où de violents combats résonnaient dans la région voisine de Lougansk, les autorités séparatistes de la « République de Donetsk » ont tenu une conférence de presse pour dénoncer une pression militaire de plus en plus vive de la part de Kiev. Elles exhibent aux médias les preuves d’une attaque dirigée, selon elles, contre Pavel Goubarev, le gouverneur autoproclamé de Donetsk. « Ils ont visé le neuvième étage. Or, Pavel Goubarev travaille tard, le soir, à cet étage. Il y passe même souvent la nuit. Heureusement, ils ont raté leur cible de 50-60 cm et personne n'a été blessé », explique le porte-parole des séparatistes. Protégé par quatre hommes en treillis, kalachnikov en bandoulière, le gouverneur autoproclamé fait une courte apparition pour dire aux journalistes qu’il « va bien » et que des affaires plus urgentes l’attendent ailleurs.

    Les séparatistes demandent le retrait des troupes de Kiev

    C’est son porte-parole, Miroslav Roudenko, qui se chargera du reste. « La pression militaire a été accrue dans les Républiques populaires de Lougansk et de Donetsk. Ils veulent que le travail soit terminé avant l'investiture présidentielle. Mais comment vont-ils y parvenir, si les gens ne veulent pas d'eux, s’ils résistent, les armes à la main ? », s’interroge Miroslav Roudenko. « Je pense que n'importe quelle personne sensée doit comprendre que personne ne voudra vivre dans un même pays avec quelqu'un qui a ordonné de vous tirer dessus », martèle-t-il encore, devant la presse. Selon le porte-parole Pavel Goubarev, aucun contact n’est en cours avec les autorités de Kiev et les discussions pourront commencer « quand ils auront retiré tous leurs soldats de notre région », prévient-il.

    Depuis le 13 avril dernier, les combats dans l’est du pays ont fait près de 200 morts. Ce lundi, les combats ont à nouveau été meurtriers aussi à Lougansk, où les affrontements ont opposé pendant toute la journée garde-frontières ukrainiens et séparatistes pro-russes. Cinq personnes ont été tuées, côté séparatiste, selon les gardes-frontières, qui font état de huit blessés dans leurs rangs. Ces combats de lundi, à Lougansk, ont été les plus intenses depuis la bataille de l'aéroport international de Donetsk il y a une semaine, qui ont fait une quarantaine de morts.

    A Donetsk : « Les tirs continuent »

    Une semaine après, dans le quartier résidentiel populaire coincé entre l’aéroport et la gare de Donetsk, les stigmates des violentes attaques mettront du temps à s’effacer. Plusieurs maisons ont été endommagées par les bombardements et dans les rues désertées, les aboiements des chiens ont remplacé les rires des enfants. « Un projectile est tombé ici. De l’autre côté, c’est le tuyau de gaz qui a été touché. Un peu plus loin, les gens ont eu leur toit endommagé. Là-bas, c’est le fronton qui a été atteint. Là-bas, un autre projectile a atterri dans une maison », détaille un habitant. « On espère que cette folie ne se reproduira pas. J’espère qu’ils reviendront tous à la raison et qu’ils arriveront à se mettre d’accord. Parce que tirer sur la population, c’est vraiment n’importe quoi », s’emporte-t-il.

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    Des sacs de gravats s’empilent devant une maison calcinée. Il y a une semaine, un projectile a touché son toit. A quelques mètres de là, Nikolaï a eu plus de chance : sa maison est intacte, mais la peur ne le quitte plus. « Les gens ont très peur. Moi-même, j’ai mis mes enfants et ma femme à l’abri, dans un quartier de Donetsk qui est plus calme, parce qu’ici, les tirs continuent, de l’aéroport. Il y en a quasiment tous les jours. Il peut y avoir une accalmie, puis ça reprend, pendant une ou deux heures d’affilée. » Les policiers qui filtrent les entrées du quartier confirment que des détonations résonnent régulièrement. Ils dissuadent toute personne étrangère au quartier de s’y aventurer.

    Bras de fer diplomatique à L'ONU

    Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé un « crime » des autorités de Kiev « contre leur propre peuple ». Un projet de résolution présenté lundi au Conseil de sécurité de l'ONU par la Russie prévoyant notamment la création de « couloirs humanitaires » dans l'est de l'Ukraine s'est heurté aux critiques des Occidentaux qui exigent « l'arrêt immédiat des hostilités » dans l'Est séparatiste et exhorte les belligérants à « s'engager à respecter un cessez-le-feu ». Les Etats-Unis ont affirmé dans la matinée de lundi détenir des « preuves » que Moscou continuait à laisser passer des « combattants » et des « armes » dans l'est de l'Ukraine.

    Moscou demande un cessez-le-feu dans l’Est du pays et propose des couloirs humanitaires. Pourquoi s’inquiéter de la situation humanitaire en Ukraine alors qu’aucune pénurie alimentaire n’a été signalée et que les villes ukrainiennes ne sont pas assiégées, demandent de concert Paris, Londres et Washington. En fait l’ambassadeur russe a été tellement bombardé de questions qu’il a lui même reconnu ne pas savoir si cette proposition sera ou non mise au vote, a constaté notre correspondant à New York, Karim Lebhour. En coulisses, les diplomates onusiens soupçonnent Moscou de simplement vouloir faire diversion sur la question, bien plus pressante celle-ci, de l’accès humanitaire en Syrie. La Russie a fait savoir qu’elle s’opposera au passage des convois de l’ONU sans l’accord de la Syrie. Se voir opposer un refus sur l’Ukraine, rendra plus facile à la Russie d’opposer à son tour un refus sur la Syrie.

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