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    Europe

    Gaz russe en Ukraine: l'UE s'active pour éviter la coupure

    media José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, lors d'une visite à Tbilissi, en Géorgie, le 12 juin 2014. REUTERS/David Mdzinarishvili

    L’Union européenne, l’Ukraine et la Russie comptent désormais les heures d'ici fin de l'ultimatum lancé par Gazprom. L’entreprise gazière russe menace de fermer, lundi matin, le robinet d’approvisionnement à destination l’Ukraine si Kiev ne règle pas sa dette de 4,5 milliards de dollars. A l’issue d’une rencontre ce vendredi des 28 ministres européens de l’Energie, la Commission s’est engagée à tenter de ramener les deux partenaires à la table des négociations. Mais toutes les réunions menées ces derniers jours à Bruxelles, sous la médiation de l’Union, ont pour l’instant échoué.

    L’Union européenne n’entend pas baisser les bras, et compte bien s’investir jusqu’à la dernière minute pour trouver une issue à la crise. Le commissaire européen chargé de l’Energie espère convaincre l’Ukraine et la Russie de reprendre les négociations. Son objectif : parvenir à organiser de nouvelles discussions pendant le week-end.

    Le temps presse, car l’ultimatum du géant gazier russe Gazprom prend fin lundi matin. Il ne reste donc que quelques heures avant de voir la Russie couper son approvisionnement à destination de l’Ukraine. Une telle coupure aurait des conséquences pour l’UE, puisque 15% du gaz consumé en Europe transite par le territoire ukrainien. Le commissaire se dit donc prêt à participer à n’importe quelle rencontre pour parvenir à une solution dans les délais.

    Depuis le début de la crise, la Commission européenne joue le rôle de médiateur entre les représentants russes et ukrainiens. Le président de l’institution s’est d’ailleurs entretenu vendredi par téléphone avec le président russe, pour évoquer - entre autres - ce dossier. José Manuel Barroso demande aux deux parties de faire un effort pour trouver un accord sur la base des propositions faites par la Commission.

    Kiev se prépare à une coupure du gaz lundi

    Mais déjà, Kiev anticipe : le Premier ministre ukrainien, qui semble envisager le pire, a demandé aux ministres concernés de se préparer à ne plus recevoir de gaz russe à partir de lundi. Faut-il y voir une stratégie de dramatisation, afin de peser sur la négociation, ou l’Ukraine craint-elle réellement la rupture ? La Russie a fait savoir qu'elle n'envisageait pas de reprendre les discussions sur le prix du gaz tant que la dette ukrainienne de 4,5 milliards de dollars ne serait pas payée avant l’ultimatum. Entre le marteau et l'enclume, l'Union européenne a toutes les raisons de craindre les dégâts collatéraux du conflit entre ses voisins de l'Est.

    Qui a traversé la frontière et dans quel sens ?

    Ce vendredi, la présidence russe a déclaré que des blindés avaient franchi sa frontière en provenance de l'Ukraine et avaient été interceptés par ses gardes-frontière. D’après Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, deux blindés ukrainiens ont successivement pénétré le territoire de la Fédération de Russie et ont « refusé de se soumettre aux injonctions des gardes-frontière russes ». Le premier serait passé à 12h30 heure locale et aurait parcouru 150 mètres en Russie. Son équipage se serait échappé mais le véhicule aurait été saisi. La deuxième tentative, infructueuse, aurait eu pour but de récupérer le blindé saisi. Le Kremlin parle de « violation de la frontière par des unités armées ».

    La veille, jeudi, Kiev avait formulé une accusation similaire, affirmant que trois blindés venant de Russie étaient entrés en Ukraine pour être utilisés contre ses propres forces. L’Otan a réagi ce vendredi, déclarant que si les faits étaient avérés, il s’agirait d’une « grave escalade ». Puis les Etats-Unis ont, à leur tour, accusé les insurgés pro-Russes d’avoir récupéré, auprès de la Russie, des chars et des lance-roquettes. Ce matériel aurait franchi la frontière ces derniers jours. « Nous estimons que des séparatistes dans l'est de l'Ukraine ont acquis des armes lourdes et des équipements militaires auprès de la Russie, notamment des chars et lance-roquettes russes », peut-on lire dans un communiqué signé par la porte-parole du département d'Etat américain, Marie Harf.

    → À (RE)LIRE : Dans les négociations sur le gaz, l'Ukraine campe sur son refus

     

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