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    Europe

    L’Allemagne, partenaire privilégié et cible de la NSA

    media Ancienne base de renseignement de la NSA à Bad Aibling,en Allemagne, le 6 juin 2014. AFP/Christof Stache

    Que sait l’Allemagne des activités de la NSA sur son territoire ? L’hebdomadaire allemand Der Spiegel a publié le 18 juin une enquête reposant en partie sur des documents transmis par Edward Snowden. Ces informations mettent en lumière la coopération très poussée de la NSA avec les services de renseignement allemands.

    Après la révélation de la mise sur écoute du téléphone portable de la chancelière allemande Angela Merkel, la classe politique allemande s’était indignée des pratiques de la National Security Agency (NSA). Le gouvernement allemand a ainsi envoyé à trois reprises une liste de questions aux Etats-Unis à propos de leurs méthodes d’espionnage, et une commission d’enquête parlementaire a été ouverte. La justice s’est elle aussi emparée du dossier, avec le lancement d’une enquête par le procureur général. Der Spiegel, dans son enquête du 18 juin, s’interroge : comment le gouvernement allemand peut-il être surpris alors que ses services de renseignements sont les principaux partenaires européens de la NSA ?

    Une coopération ancienne

    Les activités des services de renseignement américain en Allemagne ont une origine historique : elles sont liées à la présence militaire américaine en Allemagne de l’Ouest, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. La NSA, l'agence responsable au sein de la galaxie de l'espionnage américain du renseignement d’origine électro-magnétique et du traitement des données, est créée en 1952. Elle débute sa collaboration avec son équivalent allemand à partir de 1962, selon un document de la NSA publié par Der Spiegel. La base de Bad Aibling était le quartier général du renseignement américain dans le pays.

    Les Américains possèdent alors également des centres de renseignement à Berlin-Ouest, Augsbourg, et Stuttgart-Vahingen. Durant des décennies, les Etats-Unis maintiennent cette présence en Allemagne, même si la fin de la guerre froide diminue son importance. Cependant, lorsqu'en 2004 les militaires américains quittent la base de Bad Aibling, une équipe réduite de la NSA est conservée sur place. Le service de renseignement extérieur allemand (BND) récupère l’essentiel des infrastructures de la base. La diminution des effectifs de Bad Aibling ne signifie pas pour autant que l'Allemagne n'est plus un partenaire prioritaire. Au contraire, depuis 2001 et les attentats du 11-Septembre, la collaboration des Etats-Unis avec les services secrets allemands a été relancée.

    Les sites de renseignements américains en Allemagne

    Le site de Bad Aibling n’est pas le seul endroit où sont présents des membres des services de renseignements américains. L’Allemagne abrite en réalité un ensemble de facilités américaines sans commune mesure en Europe ; la NSA déclarait ainsi en 2007 avoir une douzaine de sites de collections de données dans le pays. Wiesbaden, en plus d’héberger une base militaire, constitue également l’un des centres de collection de données les plus importants d’Europe, l’European Technical Center. Rénové et amélioré en 2011, il est devenu le principal centre de communication de la NSA en Europe, interceptant et redistribuant les données partout dans le monde. Un nouveau complexe, encore plus important, est en construction à proximité.

    En 2004, un accord était signé entre l’Allemagne et les Etats-Unis à propos de l’European Security Center à Griesheim, plus grand centre d’écoutes européen de la NSA. Renommé European Security Operations Center en 2006, puis European Center for Cryptology en mai 2011, il employait 240 personnes lors de son ouverture. Ces changements de nom ne sont pas superficiels, ils traduisent un accroissement des moyens du centre, expliquent plusieurs documents. Francfort et Berlin abritent, elles, les stations d’écoute du Special Collection Service, bras armé de la NSA, suspecté d’être à l’origine de l’espionnage du téléphone portable d’Angela Merkel. Ces différents sites sont en premier lieu destinés au support des actions américaines sur les théâtres d’opérations extérieurs, en Afrique du Nord en particulier. Mais comme le souligne Der Spiegel, la coopération du BND avec la NSA va au-delà ce type d’opération.

    Les zones d'ombres de la coopération avec la NSA

    En mars 2013, quelques mois avant l’affaire Snowden, des agents de renseignement américains apprennent qu’un de leur programme d’espionnage placé sur une fibre optique a été repéré. Une fois la preuve supprimée et une histoire crédible inventée pour couvrir l'incident, le programme doit être réinstallé. Et c’est le BND allemand qui se charge de cette tâche délicate, la NSA n’ayant apparemment qu’un rôle de conseil technique. Si le lieu ou la cible de l’opération sont inconnus, elle témoigne du niveau insoupçonné de la collaboration entre le BND et ses homologues américains.

    D’autres partenariats ont lieu : échanges d’outils informatiques, sur lesquels le BND semble rivaliser avec la NSA voire parfois la dépasser technologiquement, échanges de données et de métadonnées, sur l’Afghanistan en particulier. A Bad Aibling, où cohabitent les agents de renseignement des deux pays, un accord de coopération est signé dès 2002. Il concerne les domaines de la lutte contre le crime organisé, de la non-prolifération des armes de destruction massive et du contre-terrorisme. Ces accords empêchent de s’intéresser à des citoyens allemands ou américains, sauf en cas d’activité terroriste.

    Mais que se passe-t-il si la NSA espionne un Allemand soupçonné d’activité terroriste ? Le BND ne peut légalement surveiller un citoyen allemand, mais il pourrait avoir accès à des données transmises par la NSA concernant des nationaux allemands. S'il n'a pas accès à ces données, ignore-t-il tout des actions menées par la NSA sur le sol allemand ? Le BND a également déclaré ne pas mener de surveillance jointe avec la NSA. Or certains documents semblent dire le contraire, parlant de tâches de renseignement numérique menées en commun à Bad Aibling. En août 2013, le gouvernement allemand disait ne pas être au courant de l’utilisation par la NSA de stations de surveillance en Allemagne. L’ampleur de la collaboration des services de renseignement allemands et américains questionne la sincérité de cette position.

    →A CONSULTER : Les documents de la NSA publiés par le Spiegel

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