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    Europe

    Les Pays-Bas responsables de la mort de 300 musulmans à Srebrenica

    media Prière des familles musulmanes aux funérailles des 175 victimes identifiées du massacre de Srebrenica en 1995, à Potocari, près de Srebrenica, le 11 juillet 2014. REUTERS/Dado Ruvic

    La justice néerlandaise a tranché ce mercredi 16 juillet : l’Etat néerlandais est civilement responsable de la mort de plus de 300 civils musulmans à Srebrenica en 1995, pendant la guerre en Bosnie. Elle estime que les casques bleus néerlandais auraient dû les protéger, même si, eux-mêmes étaient placés sous commandement de l’ONU.

    Les casques bleus néerlandais, qui contrôlaient en juillet 1995 la base militaire de Potocari, savaient ou auraient dû savoir que les 300 hommes musulmans bosniaques, qui voulaient s’y réfugier, seraient tués par les combattants serbes, s’ils en étaient expulsés. Telle est la conclusion de la justice néerlandaise, qui avait été saisie par « les mères de Srebrenica ». Cette association de proches des victimes et des survivants du pire massacre jamais commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale n’est jamais parvenue, jusqu’à présent, à faire établir la responsabilité de l’ONU, qui avait failli, selon elle, dans sa mission de protection des populations. Mais si les Nations Unies jouissent d’une immunité, ce n’est pas le cas des pays engagés au sein des forces de maintien de la paix. C’est donc l’Etat néerlandais qui s’est retrouvé sur le banc des accusés et qui a été condamné.

    Au cours du procès, les représentants des Pays-Bas avaient brandi l’argument que les soldats étaient sous les ordres de l’ONU. Un argument qui n’a pas convaincu les juges. Le tribunal a toutefois estimé que les militaires néerlandais ne pouvaient être tenus pour responsables du massacre de masse, c'est-à-dire de la mort des centaines d’autres musulmans qui s’étaient réfugiés dans les forêts autour de Srebrenica. Le ministère de la Défense ne sait pas encore s’il fera appel.

    C’est la deuxième fois que les Pays-Bas se voient tenus pour responsables des actes de leurs soldats opérant sous le mandat des Nations unies. En septembre, ils avaient été condamnés pour la mort de trois Bosniaques à Srebrenica qui avaient, eux aussi, été chassés de la même base militaire. Le gouvernement avait alors promis d’indemniser leurs proches à hauteur de 20 000 euros chacun.

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