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    Europe

    Russie: les nouvelles sanctions occidentales frappent l’économie

    media Le président russe Vladimir Poutine. Reuters/Maxim Zmeyev

    La Russie est sous pression internationale. Les Américains et les Européens imposent de nouvelles sanctions à Moscou, dans des secteurs-clés cette fois-ci ; l’énergie, l’armement et la finance. Il s’agit de la phase 3 de ces sanctions qui visent à frapper l’économie russe. Est-ce un tournant dans la politique des pays occidentaux vis-à-vis de Moscou ? Pour en parler sur RFI, Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur associé à l’Institut Thomas More et à l’Institut français de Géopolitique.

    RFI : Quelles sont ces sanctions imposées par l’Europe et les Etats-Unis ?

    Jean-Sylvestre Mongrenier : Cela concerne surtout des transferts de technologie qui seraient interdits vers tout ce qui serait secteur d’armement, tout ce qui est secteur énergétique. Et puis des restrictions financières ; l’impossibilité pour un certain nombre de groupes russes, notamment des groupes d’Etat comme Rosneft, de se refinancer ou en tout cas des limitations en termes de refinancement sur les marchés de capitaux européens plus largement occidentaux.

    Est-ce selon vous un véritable changement de stratégie de la part des Occidentaux qui ciblent des secteurs très sensibles cette fois-ci ?

    Je dirais que c’est le franchissement d’un nouveau seuil, plus qu’un tournant. Là, il y a certainement un tournant dans les représentations globales, dans les perceptions que l’on peut avoir vis-à-vis de la politique russe, mais c’est surtout les faux semblants qui tombent. C'est-à-dire que du côté des dirigeants occidentaux, depuis plusieurs mois on faisait mine de considérer que Vladimir Poutine était possiblement un faiseur de paix, qu’il n’était pas véritablement impliqué dans ce qui se passe au Donbass.

    En fait ce qui se passe au Donbass dans l’est ukrainien, c’est une véritable guerre par procuration, une guerre couverte qui devient même de plus en plus ouverte. Et là, depuis le tir de missile sur le vol de la Malaysian Airlines, ce discours n’est plus tenable. Et donc enfin on se décide à passer à un nouveau niveau de sanctions. Mais cela fait déjà plusieurs semaines et même plusieurs mois que ces sanctions se préparent, se négocient. Il s’agit donc du franchissement d’un nouveau seuil.

    Mais est-ce que ces nouvelles sanctions, selon vous, auront un effet plus important puisque jusqu’à présent les Européens avaient privilégié plutôt des sanctions ciblées. Est-ce que ça va changer quelque chose ?

    Oui, elles auront un effet plus important. Déjà les sanctions ciblées, même si elles peuvent sembler comme cela relativement modestes d’un point de vue extérieur, le fait est qu’elles ont des conséquences importantes en termes d’évasion de capitaux. C’est déjà supérieur à ce qui s’est passé au cours de l’année 2013. En termes aussi, de réduction des investissements étrangers, ils ont dû baisser de 50 %. Et donc là, avec le ciblage d’un certain nombre de secteurs-clé, -il faut savoir que tout ce qui est énergie matières premières, ça doit représenter à peu près 70 % des exportations russes-, cela a, indubitablement, un effet sur l’économie russe. La question c’est de savoir s’il sera suffisant pour modifier la politique de Vladimir Poutine.

    Justement, est-ce que selon vous c’est une bonne tactique ou est-ce qu’au contraire, la Russie va se renfermer dans une crise à très long terme ?

    C’est une bonne réponse ! Parce qu’on ne va pas rester comme ça l’arme au pied. Et à partir du moment où on a décidé de placer la riposte, non pas sur le plan militaire mais sur le plan diplomatique et sur celui de la géo-économie, indubitablement, il faut monter dans l’escalade parce que la politique russe, elle est effectivement agressive, révisionniste et extrêmement dangereuse pour les équilibres européens, pour la paix et la sécurité de l’Europe. Cela dit, je ne pense pas que la Russie soit déjà au point de rupture. Et il me semble que cette politique révisionniste incarnée par Poutine, est véritablement ancrée dans la durée. Et on est dans une épreuve de force, dans une sorte de paix froide qui ressemble de plus en plus à une guerre froide entre d’un côté la Russie, de l’autre les pays occidentaux.

    Une épreuve de force qui aura notamment des conséquences économiques également en Europe ?

    Oui, il y a forcément des retours de bâton. Mais il y a quand même une asymétrie importante entre, d’un côté la Russie, de l’autre l’Europe, en tous cas en termes macro-économiques. Il faut savoir que l’Europe représente à peu près la moitié des débouchés à l’exportation de la Russie, alors que dans l’autre sens c’est 6-7 %. C’est même moins de 5 % pour la zone euro. Donc la Russie, malgré tout, reste un joueur économique secondaire.

    Et est-ce que les Européens et les Etats-Unis cherchent la même chose avec la Russie ? Quels sont les intérêts des uns et des autres ?

    Les intérêts des uns et des autres, c’est d’éviter de se retrouver dans un nouveau conflit de grande ampleur avec la Russie et une remise en cause générale des équilibres en Europe. Parce que finalement l’annexion de la Crimée et toute la politique révisionniste qui est pratiquée par le président Poutine dans l’est de l’Ukraine, ça menace véritablement ce système de coopération géopolitique européen qu’on a édifié lentement mais sûrement au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et qu’on a renforcé et étendu après la guerre froide. Donc les enjeux géopolitiques sont énormes.

    Mais ce bras de fer avec la Russie est-ce, selon vous, la seule solution possible aujourd’hui ?

    Ou bien on considère que finalement ce n’est pas bien grave parce que la Russie commence à remettre en cause les frontières en Europe et à s’emparer de différents territoires par la force, à semer le chaos dans différentes parties de l’Europe orientale, ou alors on considère que c’est effectivement grave parce que ça bouleverse complètement les règles du jeu. Et là, où on pensait que la guerre était bannie en Europe, on la voit revenir finalement à vitesse grand V. On revient à une sorte 'd’albinisme politique'. Donc c’est l’analyse qui est faite par les dirigeants occidentaux et qu’il faut arrêter la Russie avant justement que ce phénomène ne prenne trop d’ampleur.

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