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    Europe

    Hongrie: la démocratie à l’occidentale a fait son temps, selon Orban

    media Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, à Bruxelles, en juin 2013. REUTERS/Yves Herman

    Le Premier ministre hongrois, connu pour ses déclarations sans fard, s'illustre à nouveau. La Russie, la Chine et la Turquie, voilà les systèmes politiques qu'il dit admirer. Un discours qui a provoqué un tollé dans la presse hongroise et internationale. Le magazine américain Newsweek qualifie même Viktor Orban de « Mussolini hongrois ».

    De notre correspondante à Budapest

    Le discours du Premier ministre hongrois, prononcé le 26 juillet dernier lors de l’université d’été de son parti, a fait beaucoup de bruit. Car aucun dirigeant d’un pays membre de l’Union européenne n’avait jamais parlé de cette façon. Viktor Orban a dit que la démocratie à l’occidentale avait fait son temps.

    Une démocratie n’est pas forcément libérale, a dit Orban, qui a cité comme exemple la Russie, la Turquie, la Chine et Singapour. Ce qui veut dire qu’il considère ces pays comme des démocraties. « Leur économie est plus compétitive que celle des pays occidentaux », a affirmé le Premier ministre hongrois, ce qui, entre parenthèses, reste à prouver, et il a ajouté :« La Hongrie va construire un Etat basé sur le travail, un Etat qui ne sera pas libéral. »

    Une rupture avec la démocratie ?

    Pour les partisans de Viktor Orban, le Premier ministre reste un démocrate. Il n’a fait que souligner les failles des démocraties occidentales. Il dit dans son discours que la Hongrie continuera à respecter les droits de l’homme. Mais pour ses opposants, Viktor Orban rompt avec la démocratie et dit clairement qu’il veut un Etat autoritaire.

    Exemple : il y a des centaines de petites associations hongroises qui ne reçoivent aucune aide de l’Etat mais qui sont financées par un fonds humanitaire norvégien. Elles aident les handicapés, les familles défavorisées ou bien militent contre la corruption. Pour Viktor Orban, toutes ces ONG sont des « agents politiques payés par l’étranger ». Le gouvernement hongrois a d’ailleurs lancé une chasse aux sorcières contre ces associations. Ce n’est qu’un des exemples de la « poutinisation » de la Hongrie.

    « Etat non libéral »

    Viktor Orban n’ a pas dit ce qu’il entend par « Etat non libéral », mais les faits parlent pour lui. Car Viktor Orban a commencé à fonder un Etat autoritaire. Son gouvernement a supprimé les débats au Parlement, a ligoté la Cour constitutionnelle qui n’a plus le pouvoir de contrôler l’exécutif. Il a transformé les médias publics en une machine de propagande. Et puis les dernières élections législatives d’avril dernier ont été libres, mais pas démocratiques, selon l’OSCE.

    S’il y a encore une démocratie en Hongrie, elle est très limitée. Il n’y a plus d’Etat de droit dans ce pays. Les lois changent tout le temps. Elles sont rétroactives, taillées sur mesure pour les politiciens au pouvoir, qui sont aussi des hommes d’affaires, et pour les oligarques autour d’Orban. Les appels d’offres pour les fonds européens sont souvent truqués et l’argent européen va aux proches du pouvoir.

    Pas encore de réaction de l'UE

    Bruxelles n’a pas réagi à ce discours pour l’instant. La Hongrie va être un vrai défi pour l’Union européenne. C’est l’avis du New York Time. Dans un éditorial très critique, le journal estime que la Commission européenne devrait arrêter de verser des fonds européens à la Hongrie et devrait lui retirer son droit de vote. Car ce pays viole systématiquement les valeurs européennes.

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