GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 17 Août
Dimanche 18 Août
Lundi 19 Août
Mardi 20 Août
Aujourd'hui
Jeudi 22 Août
Vendredi 23 Août
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Europe

    Conflit ukrainien: Moscou exige un dialogue entre partenaires égaux

    media Un séparatiste prorusse, au nord de la ville de Donetsk en Ukraine, le 22 juillet 2014. AFP / BULENT KILIC

    Le spectre d’une escalade militaire plane sur l'Ukraine. Les troupes loyalistes perdent du terrain. Kiev se serait retiré d’une large zone de l'Est. L’Union européenne brandit la menace de nouvelles sanctions contre la Russie. Pour en parler, Philippe Migault, directeur de recherches à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).

    RFI : Sur le terrain les séparatistes prorusses marquent des points. Cette déroute, si on peut parler de déroute pour les forces loyalistes, est-elle une surprise ?

    Philippe Migault: Oui et non. Oui parce qu’il y a encore de cela deux semaines, chacun assurait que la fin était proche pour les séparatistes et non parce que l’on observait sur le terrain le déroulé des combats, on se rendait bien compte qu’il y avait des combats extrêmement durs à la frontière russo-ukrainienne, que l’armée ukrainienne n’est jamais parvenue à couper les séparatistes de cette frontière russe. Elle n’est jamais parvenue à interrompre le flux des volontaires et de l’aide en provenance de Russie.

    Et à partir du moment où ce flux n’est pas interrompu, il était bien évident qu’à un moment ou un autre, l’armée ukrainienne, qui est une armée de mauvaise qualité, qui est profondément divisée, allait s’user dans une guerre pour laquelle elle a des moyens lourds mais où finalement, elle a relativement peu d’hommes. Et puis quand vous êtes sur la défensive, vous avez les moyens de durer avec peu de moyens, ce qui était le cas des séparatistes. Alors que quand vous êtes à l’offensive, il faut beaucoup plus de moyens que la partie adverse. Donc, finalement, ce retournement de situation était prévisible, oui.

    La Russie réagit et dit réviser sa stratégie militaire en tenant compte des nouvelles menaces dues notamment à l’élargissement de l’Otan en Europe de l’Est. Qu’est ce qu’il faut penser de cette déclaration des Russes ?

    Je pense surtout qu’il ne faut pas s’alarmer, il n’y a rien de nouveau sous le soleil dans les faits. Quand on regardait quelle était la doctrine de défense russe dans sa mouture de 2010, on voyait bien que l’Otan et l’élargissement de l’Otan étaient déjà considérés comme une menace par la Russie et que l’Otan figurait parmi les grands dangers que la Russie considérait planer sur elle. Aujourd’hui, l’Otan se propose d’installer des bases militaires permanentes en Europe orientale à proximité de la frontière immédiate de la Russie. Il est bien évident que la Russie, comme elle l’a toujours fait, comme elle le fera toujours, va riposter du tac au tac et va vraisemblablement accroître son dispositif militaire dans sa partie occidentale.

    Qu’est ce que recherchent les Russes aujourd’hui en Ukraine ?

    Je crois que ce qu’ils recherchent n’a pas varié depuis le début. Ils veulent s’assurer que l’Ukraine qu’ils considèrent comme un de leurs intérêts vitaux, ne bascule pas dans le camp de l’Union européenne et dans le camp de l’Otan donc ne bascule pas en gros dans le camp des Etats-Unis, et qu’il n’y ait pas un pouvoir russophobe, hostile à Moscou qui s’installe durablement à Kiev. Je pense que c’est aussi simple que ça.

    Est-ce qu’il y a une stratégie même encore plus large d’intégrer de nouveaux Etats au sein de la Grande Russie ? Est-ce que c’est quelque chose que Vladimir Poutine a en tête cela ?

    Il est bien évident que compte tenu des fluctuations de la situation et compte tenu du fait qu’on n’arrive pas à sortir de cette crise, on peut tout à fait envisager une fédéralisation de l’Ukraine. On peut imaginer aussi une partition pure et simple du pays avec un Dombass qui prendrait son indépendance et qui serait un Etat plus ou moins vassal de la Russie, totalement assujetti à Moscou comme l'est l’Abkhazie ou l’Ossétie du Sud, soit au contraire, il demanderait même carrément son annexion (son intégration) dans la Russie. Tous les formats sont encore imaginables dans la mesure où personne ne veut s’assoir autour d’une table des négociations avec l’ensemble des parties prenantes pour discuter réellement.

    L’Union européenne brandit à nouveau le spectre de sanctions contre la Russie. Est-ce que vous trouvez que c’est la bonne voie à adopter ?

    Je vous enverrai aux déclarations récentes du ministre polonais des Affaires étrangères alors que la Pologne est en flèche contre la Russie dans cette affaire ukrainienne. Lui-même doute de la pertinence de ces sanctions, qui certes impactent l’économie russe mais nous impactent aussi. Et vous avez aussi le Premier ministre slovaque qui a annoncé tout à fait récemment qu’il était hors de question que la Slovaquie continue comme çà à appliquer des sanctions qui desservaient lourdement son économie. Donc les sanctions, il y a quand même une forte division dans le camp de l’Union européenne pour savoir quelle est leur pertinence.

    Et les Russes qui accusent les Occidentaux d’escalade dans cette crise ukrainienne ?

    Le problème c’est qu’on est comme dans toutes les guerres modernes, dans une guerre de communication permanente. Alors effectivement, vous avez des déclarations occidentales qui sont extrêmement musclées et qui font le jeu des Russes dans la mesure où elles peuvent être considérées comme des provocations. Et bien entendu, tout ce qui peut être considéré comme une provocation de la part des Russes est aussitôt réutilisé contre la politique de communication du Kremlin.

    Il y aura une nouvelle réunion de l’Otan d’ici quelques jours. Est-ce que vous pensez qu’un dialogue pourrait à nouveau s’établir entre la Russie et les Occidentaux ?

    J’ai le sentiment, pour faire une parabole, qu’en ce qui concerne le dialogue avec la Russie c’est à peu près la même chose qu’avec le cas de l’économie française. Tout le monde est d’accord sur un fait, c’est que ça ne fonctionne pas mais personne n’est prêt à faire les réformes qu’il faut. Le souci est le suivant : la Russie quand elle veut un dialogue, elle exige un dialogue entre partenaires égaux. Elle exige un dialogue, où en gros, on ne lui impose pas un certain nombre de résolutions qu’elle est censée admettre avec le petit doigt sur la couture du pantalon.

    Cela, c’est la vision qu’ont les Russes. Ils ont cette vision qu’on les traite avec arrogance, à tort ou à raison d’ailleurs ! Mais, c’est la vision qu’ils ont. Je pense que tant qu’on n’aura pas révisé notre logiciel et qu’on n’aura pas compris que la Russie des années 1990, la Russie de Boris Eltsine a disparu, et que la Russie de Vladimir Poutine, elle, ne vit plus aucune concession, et tant qu’on ne rentrera pas dans une vraie négociation, on ne s’en sortira pas.

    Chronologie et chiffres clés
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.