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    Europe

    Coalition internationale contre l'EI: la Turquie réticente

    media Le secrétaire d'Etat américain Kerry et le président turc Erdogan, le 12 septembre 2014. REUTERS/Brendan Smialowski

    Comme il était prévisible, la Turquie ne prendra pas une part active à la coalition entraînée par les Etats-Unis pour «éradiquer l'Etat islamique» en Irak et en Syrie. C'est ce qui ressort de la série d'entretiens que le secrétaire d'Etat américain John Kerry a eus à Ankara avec son homologue chef de la diplomatie turque, Mevlut Çavuşoğlu, le Premier ministre Ahmet Davutoğlu et le président Recep Tayyip Erdogan, avec lequel les discussions ont tout de même duré 2 heures et demie.

    Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

    Pas question de faire prendre le moindre risque aux 49 membres du Consulat turc de Mossoul, otages de l’Etat islamique depuis 3 mois maintenant. Ankara se contentera donc, officiellement, de « poursuivre sa coopération avec les Etats-Unis dans le domaine de la lutte antiterroriste ».

    Il est tout de même précisé que le partage d’informations et de renseignements sera renforcé pour mieux contrôler les passages illégaux de frontière et le transit des armes, indique-t-on, ce qui ressemble à une manière polie de prier la Turquie de mettre un frein à la libre circulation des militants islamistes vers la Syrie surtout. On n’en saura pas plus - pour l’instant du moins - sur les requêtes des Etats-Unis envers son allié stratégique au sein de l’Otan, notamment concernant l’utilisation de la base aérienne conjointe sur la côte méditerranéenne, à Incirlik.

    Mais Ankara a réaffirmé son s’engagement à apporter un soutien logistique et non militaire à la coalition et aux Etats-Unis, et qu’elle était disposée à poursuivre « son aide humanitaire à destination des populations syriennes en zone rebelle », au nord du pays.

    La Turquie se tient donc - pour l’instant et au moins aussi longtemps que ses otages sont aux mains des islamistes - loin de tout engagement militaire direct ou indirect en Irak et en Syrie, mais elle veut rester fidèle à son amitié avec les Etats-Unis et lui apporter un minimum de garanties de cette fidélité.

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