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    Europe

    Naufrage en Méditerranée: l'OIM dénonce un crime de masse

    media Cinq cents migrants sont portés disparus dans le naufrage d'un bateau en mer Mediterranée. Ici, un survivant pris en charge par les forces armées de Malte, le 15 septembre 2014. REUTERS/Justin Gatt/Armed Forces Malta Press

    Une enquête a été ouverte par l’Italie et Malte au lendemain de l’annonce par l’Organisation internationale pour les migrations du naufrage d'un bateau de réfugiés au large de Malte. Cinq cents migrants sont portés disparus, neuf auraient survécu. Christiane Berthiaume, porte-parole de l’OIM, livre les premiers témoignages des survivants de ce drame qui pourrait être le plus grave de ces dernières années.

    RFI : L'OIM a-t-elle pu recueillir plusieurs témoignages des survivants de ce nouveau drame ?

    Christiane Berthiaume : Ils nous ont dit qu’il y avait vraisemblablement près de 500 personnes à bord de ce bateau dont 300 qui se trouvaient dans la cale. Ils étaient partis de la côte égyptienne et étaient en mer lorsque le bateau a été abordé par des trafiquants, des passeurs. Ce n’était pas la première fois qu’on leur demandait de changer de bateau. Il semble qu’ils ont dû changer quatre fois de bateau. Et la dernière fois, c’était sur un bateau trop petit, trop dangereux, ils ont refusé. Les trafiquants se sont mis en colère, ont commencé à leur envoyer des bâtons, des objets et ont tout fait pour faire couler le bateau. Il y avait 200 personnes qui se trouvaient sur le pont, 300 personnes dans la cale. Les 300 personnes ont été noyées immédiatement. Les 200 personnes ont tenté de rester ensemble, accrochées les unes aux autres pendant trois jours en pleine mer. Au bout de trois jours, il y a eu des vents importants qui se sont levés, des vagues trop grosses. Et ils ont été dispersés. On a pu sauver 9 personnes seulement.

    C’est un récit effrayant. On a l’impression d’avoir assisté à un crime de masse...

    D’après les informations que l’on reçoit de plus en plus, les témoignages des rescapés et qui se trouvent en ce moment en Grèce, à Malte et en Italie, il semble effectivement que ça a été un acte délibéré pour noyer ces gens.

    Des gens qui venaient de Syrie, des Palestiniens aussi. Est-ce que l’on en sait plus sur l’origine de ces victimes ?

    Il y avait des Soudanais, des Egyptiens, des Syriens et des Palestiniens.

    Comment se sont passés ces entretiens ? Dans quel état se trouvent ces personnes rescapées ?

    Evidemment, elles sont en état de choc. Elles sont absolument traumatisées. Mais il y a des gens qui sont sur place, nous avons parlé à des gens qui sont en Grèce, à ceux qui se trouvent également en Italie. La police enquête aussi pour savoir exactement tout ce qui s’est passé. D’après ce qu’on entend, c’est vraiment quelque chose d’horrible.

    On garde en mémoire le terrible naufrage, il y a quelques mois, toujours dans cette zone, au sud de la Sicile, vers Lampedusa. Plusieurs centaines de personnes avaient péri. Depuis, il y a eu des mesures européennes, cette campagne Mare Nostrum pour venir en aide aux naufragés. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

    Mare Nostrum fait un travail extraordinaire. Grâce à eux, il y a des tas de gens qui ont été sauvés, qui ont été rescapés de la mer. Il faut que ce travail se poursuive. Qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? C’est qu’effectivement, il y a beaucoup plus de gens qui tentent cette très dangereuse aventure de traverser par la Méditerranée sur des bateaux de fortune pour tenter de rejoindre l’Europe. Il y a des criminels, c’est comme ça qu’il faut les appeler, des passeurs qui entassent les gens sur des bateaux qui ne peuvent pas tenir la mer. C’est des gens qui sont vraiment entassés comme des sardines. On ne leur donne même pas une veste de sauvetage, parce que ça prend de la place sur un bateau. C’est pour vous dire à quel point ils sont entassés. Ceux qui paient le moins cher, c’est quand même pas mal parce que ça varie entre 1 000 et 3 000 dollars pour obtenir une place sur ces bateaux, que je devrais peut-être appeler « les bateaux de la mort ». Ceux qui paient le moins, on les met à fond de cale. Et on a trouvé des bateaux où il y a des gens qui sont morts complètement asphyxiés parce qu’ils sont trop entassés. Il y a aussi beaucoup de crises qui font que les gens tentent de fuir. Il y a également le fait qu’en Libye, la situation est particulièrement difficile en ce moment. Le Libye connaît une insécurité semblable à celle qui prévalait au moment de la chute de Kadhafi. Donc, effectivement les passeurs là-bas ont les mains libres. Ils font ce qu’ils veulent et ils mettent les migrants sur des bateaux de plus en plus dangereux.

    Mare Nostrum, cette mesure de prévention, doit s’arrêter au mois de novembre. Vous plaidez pour qu’elle soit prolongée ?

    Il ne faut pas qu’elle s’arrête. Si Mare Nostrum s’arrête, ça va être l’hécatombe. Non, il ne faut pas que Mare Nostrum s’arrête. C’est très important. La première des priorités, c’est sauver des gens en mer. Il faut que Mare Nostrum continue. La deuxième, c’est de s’occuper des trafiquants et de mettre un terme à ces crimes. La troisième, c’est qu’il faut trouver des solutions à moyen et à long terme. On ne peut pas laisser les choses se détériorer ici. Il faut que les pays d’accueil, les pays de transit et les pays de départ s’assoient ensemble et trouvent des solutions.

    → Sur le même sujet, retrouvez la série de reportages de Cécile Debarge, Histoire de migrants morts en Mediterranée

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