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    Europe

    Ukraine: «Les séparatistes commencent à se structurer»

    media Des combattants pro-russes en position près de l'aéroport de Donetsk. Ukraine, le 26 mai 2014. FP Photo/ FABIO BUCCIARELLI

    En Ukraine, le Parlement a adopté mardi 16 septembre la loi sur l‘autonomie des régions de l’Est. La loi prévoit l'amnistie de certains combattants de l'Est, un statut spécial aux régions séparatistes russophones et la perspective d’un vote dans ces zones le 7 décembre. Ces textes sont inclus dans l’accord du cessez-le-feu du 5 septembre dernier. Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), est l’invité de RFI. Il revient sur l'adoption de cette loi et impact sur l'avenir de l'Ukraine.

    RFI : le Parlement ukrainien accorde plus d’autonomie aux autorités locales pour Donetsk ou Lougansk. Comment cette mesure pourrait-elle être accueillie?

    Arnaud Dubien : Je crois qu’elle sera accueillie assez négativement, en réalité pour une raison très simple. C’est qu’il s’agit de mesures unilatérales votées par le Parlement ukrainien mais qui sont évidemment très loin des revendications des forces séparatistes, mais surtout qui sont assez éloignées de ce qui était envisagé jusqu’au printemps, c’est-à-dire une grande réforme constitutionnelle qui aurait accordé non pas seulement à quelques districts des régions de Lougansk et Donetsk une large autonomie, mais à l’ensemble des régions russophones de l’est et du sud de l’Ukraine. Donc le gouvernement ukrainien a décidé d’aller vite, mais d’aller de façon unilatérale hors négociation. C'est là la limite de l’exercice. Et on voit déjà que les autorités séparatistes ou les représentants séparatistes ont fait savoir qu’il n’y aurait pas d’élection dans les districts qu’ils contrôlent le 7 décembre comme prévu dans le texte voté à Kiev. Et là, on entre dans le dur. C’est-à-dire la question du statut de ces territoires et de la réalité du pouvoir sur place ne pourront pas être occultés plus longtemps.

    Il faut aussi compter avec certaines réticences du côté de ceux qui s’étaient rangés justement dans les rangs du pouvoir. Il y a ces bataillons qui sont actifs dans l’est de l’Ukraine. Là aussi, on sent de leur côté certains regrets ?

    Le président Porochenko est pris entre deux feux. Il est pris d’une part par l’aile radicale à Kiev - ce qu’on appelle le Parti de la guerre, en tout cas les gens qui ne souhaitent pas faire des compromis avec ceux qu’ils qualifient de « terroristes » -, et d’autre part, par la réalité militaire qui est celle d’une défaite. Donc Petro Porochenko, qui est modéré et responsable, est contraint de naviguer à vue et ce n’est pas simple parce qu’il y a des élections législatives en Ukraine le 26 octobre.

    Ces élections qui se profilent pour l’Ukraine et ce vote programmé pour le 7 décembre au niveau des districts de l’Est, c’est donc infaisable?

    Il s’agit encore une fois des districts qui sont contrôlés aujourd’hui par les séparatistes. En toute franchise, j’ai beaucoup de mal à imaginer que les séparatistes acceptent d’organiser des élections et reconnaître l’autorité au gouvernement de Kiev sur ces régions alors qu’ils viennent de l’emporter militairement. Donc je suis très sceptique sur la perspective d’un vote au mois de décembre dans ces régions.

    Un autre élément dans ces lois qui ont été adoptées hier par Kiev, c’est l’amnistie pour certains combattants, ceux qui ne sont pas responsables de meurtres ou de prises d’otages. Est-ce que cette mesure de grâce était attendue ?

    Oui, et en même temps, je crois que personne ne nourrit beaucoup d’illusions, ne serait-ce que parce que le même jour, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk annonce qu’une loi de lustration [ qui limite les droits des fonctionnaires qui ont travaillé sous la présidence de Viktor Ianoukovitch, ndlr] a été adoptée. Elle concerne un million de fonctionnaires ukrainiens. Donc ce qu’il faut bien voir, c’est qu’aujourd’hui il y a une situation militaire sur le terrain qui fait que Kiev n’exerce plus son autorité sur un certain nombre de districts des régions de Lougansk et de Donetsk. Et qu’à vrai dire, personne n’imagine très bien comment l’Ukraine pourrait y restaurer son autorité, sauf à reprendre les combats. Ce qui n’est pas un scénario très acceptable pour les Européens, pas très réaliste. C’est ça la réalité, c’est une sécession de fait qui ne peut être remise en question que par un scénario encore une fois sanglant. Pourra-t-on trouver un habillage diplomatique à cette réalité ? Ou va-t-on vers une reprise des hostilités ? On ne sait pas très bien mais Kiev en tout cas n’exerce plus son pouvoir sur ces districts, et encore une fois je vois mal comment les gens qui ont gagné la guerre accepteraient de rendre leurs prises de guerre.

    Est-ce que malgré tous ces bémols, ces lois sont de nature à consolider le cessez-le-feu?

    Oui et non. Disons que cette loi entretient une dynamique plutôt positive observée depuis le 5 septembre : un cessez-le-feu qui tient globalement malgré quelques accrochages autour de l’aéroport de Donetsk. Il y a eu aussi, et c’est très important, des échanges de prisonniers. Il y a un début de reconstruction. On voit qu’à Lougansk, qui a vécu sans eau, sans électricité, sans téléphone pendant un mois, il faut le rappeler, on voit que des choses commencent à évoluer positivement. Mais il n’y a évidemment aucune confiance entre les belligérants, c’est-à-dire entre le gouvernement ukrainien et les autorités séparatistes.

    En tout cas, un terme qui n’est pas utilisé dans les lois et qui a été voté hier, c’est bien celui de désarmement?

    Désarmement, bien sûr. D’abord, ce n’était pas vraiment l’objet de la loi mais c’est la seule vérité.

    On ne voit pas l’organisation de ces élections sans des mesures de désarmement ? Ça paraît assez étonnant?

    Oui, mais qui peut imposer le désarmement aux séparatistes ? L’armée ukrainienne ? Cela veut dire une reprise des hostilités. Est-ce que ce sont des casques bleus de l’ONU? Encore une fois, à l’inverse, on voit que les séparatistes commencent à se structurer. Ils évoquent des livraisons de gaz direct en provenance de Russie. Ils évoquent la création d’une armée du Donbass. Je crains encore une fois que la réalité s’éloigne un peu plus des pronostics positifs et optimistes que l’on entend à droite et à gauche.

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