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    Europe

    Réduire de 40% les gaz à effet de serre: «ambitieux, mais difficile»

    media Les émissions de CO2 sont en grande partie responsables du réchauffement climatique. Getty image/ Nello Giambi

    Les dirigeants européens se félicitent de l'accord sur le climat, obtenu au Conseil européen de Bruxelles dans la nuit de jeudi à vendredi, avec la réduction d'au moins 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. En tenant compte de la baisse, entre 1990 et 2012, il reste un effort de 27% à effectuer pour atteindre cet objectif. Samuel Furfari, professeur en géopolitique de l’énergie à l'Université libre de Bruxelles, revient sur cet accord qui intervient un an avant la conférence des Nations unies sur le changement climatique, prévue à Paris fin 2015.

    RFI : Les Vingt-Huit se sont mis d'accord sur une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030, sur la base de 1990. Pour vous, c'est un objectif ambitieux, raisonnable ou insuffisant ?

    Samuel Furfari : C’est un objectif ambitieux. Nous avons déjà un objectif ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20% pour 2020. C’est un défi pour l’atteindre. Nous sommes en bonne voie, mais c’est aussi grâce à la crise économique actuelle. Et donc, arriver à 40%, ou plus exactement « au moins à 40% » comme dit le Conseil, c’est certainement un objectif ambitieux. L’Europe est championne dans tous ces objectifs. Il n’y a aucun Etat au monde qui est en train de faire ce que nous faisons.

    Est-ce que tous les pays auront les moyens d’atteindre cet objectif ?

    C’est évident : c’est ambitieux mais difficile. C’est pour cela que le Conseil a longuement discuté pendant plusieurs heures pour trouver une décision. Cela implique que tout le monde devra mettre la main à la patte, y compris des pays pour qui cela est beaucoup plus difficile. C’est pour cela que le Conseil a trouvé un mécanisme de financement pour permettre de compenser le surcoût, parce que cet objectif ne s’atteindra pas sans effort financier. On évoque la Pologne, mais il n’y a pas qu'elle, il y a toute une série de pays qui sont en retard de développement économique.

    Les écologistes polonais, par exemple, ne sont pas contents. Ils estiment que le plan adopté va sceller la dépendance de leur pays au charbon. Le charbon entraîne pourtant de grosses émissions de gaz à effet de serre...

    Oui, mais il faut tenir compte de la réalité de chaque pays. La France a la chance d’avoir beaucoup de nucléaire, mais la Pologne est un pays où il n’y a pas de centrale nucléaire du tout. Et le pays a toujours fait sa production d’électricité avec du charbon. C’est historique : 80% de l’électricité polonaise provient du charbon des mines de Silésie. On ne peut pas changer ça du jour au lendemain. On ne peut pas dire qu'on n’arrête tout et qu'on va faire des énergies renouvelables ou bien du nucléaire, ce n’est pas possible, il faut du temps.

    Ce qu’on oublie trop souvent, et notamment ceux qui voudraient changer le monde d’un coup, c’est que l’unité de temps, en matière d’énergie, c'est la dizaine d’années. Et l’unité de compte, c’est le milliard d’euros. Donc, on ne peut pas simplement dire « favoriser le charbon ». On ne fermera pas les mines de charbon du jour au lendemain. D’ailleurs, vous avez vu qu'en France, ça a pris plus que deux décennies pour fermer les charbonnages.

    Donc, quand Greenpeace déclare que les dirigeants de l’Union européenne donnent un coup de frein à l’énergie propre, vous les trouvez un peu sévères ?

    Oui, parce qu'au contraire, les dirigeants sont très audacieux de fixer des objectifs ambitieux. Les environnementalistes devraient être très contents de ces objectifs, qui sont des objectifs à long terme, ambitieux et qui ouvrent des pistes pour l’avenir.

    Les Européens, poussés par l’Espagne et le Portugal, ont également décidé d’augmenter les interconnections entre réseaux électriques au sein de l’Union pour les porter à 15%. Ça veut dire quoi, concrètement ?

    Ça veut dire que dans le temps, il y avait déjà des accords pour avoir un minimum d’interconnections au niveau européen. Ça a été décidé au sommet européen de Barcelone de mars 2002. A l’époque, lorsque Jacques Chirac et Lionel Jospin dirigeaient la France, ils avaient dit : « On accepte qu’il y ait un accord européen pour le marché intérieur de l’électricité, mais il faut qu’il y ait au moins 10% de capacité de production installée qui puisse circuler d’un endroit à un autre de l’Europe. » Et c’était un objectif pour 2005. Aujourd’hui en 2014, on en est seulement à 8%. On n’a même pas atteint l’objectif de 2002.

    Donc, il faut rapidement se remettre à l’ouvrage de manière à créer un vrai marché de l’électricité en Europe, de manière à ce que l’électricité puisse circuler aussi librement que les voitures, et - hélas - que les trafiquants de drogue. On en est à seulement 8% de capacité d’interconnections. Donc, le Conseil a dit qu'il fallait au moins 15% d’interconnections en 2030. Ça aussi, c’est un objectif audacieux, mais qui est indispensable. Autrement, il n’y aura jamais de circulation d’électricité au sein de l’Europe.

    Le petit bémol, c’est que l’accord ne concerne évidemment que les Européens. Bruxelles se félicite de montrer l’exemple, mais les Etats-Unis et la Chine vont-ils suivre cet exemple selon vous ?

    C’est le leitmotiv de l’Union européenne. Nous voulons être les leaders. J’entendais ce matin (vendredi, NDLR) sur les ondes belges un industriel disant qu’il n’y a personne qui nous suit. C’est un vrai défi, mais l’Europe continue d'avancer avec détermination, continue à montrer l’exemple. Et il faudra voir d’ici un an environ ce que la Chine, l’Inde, l’Australie, le Canada, le Japon et les Etats-Unis bien entendu, feront pour emboîter le pas à l’Union européenne.

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