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    Législatives ukrainiennes: le point sur des élections charnières

    media A Sloviansk, samedi 25 octobre. REUTERS/Vasily Fedosenko

    L'Ukraine renouvelle son Parlement, dimanche 26 octobre, sur fond de crise persistante dans l'est du pays. Cette consultation, qu'appelaient de leurs vœux les manifestants de Maïdan, risque de se solder par une large domination des partis pro-occidentaux, et en particulier de la formation du président Porochenko, crédité de 30 % d'intentions de vote.

     

    • Le taux de participation devrait être entre 50 et 60 %

    De nombreuses personnes s'apprêtent à jouer les observateurs volontaires dans les bureaux de vote. Comment réagir si vous êtes témoin de fraudes dans votre bureau de vote ? Que dit le code électoral ? Anastasia Krasnosilska, du parti Alliance démocratique, a donné des cours du soir à une centaine de personnes réunies dans une salle de conférence d'un hôtel du centre-ville de Kiev. Nos envoyés spéciaux Boris Vichith et Anastasia Becchio l'ont rencontrée. « L’intérêt des électeurs est plus élevé que lors des législatives de 2012, estime la militante. Les gens fondent beaucoup d’espoir dans cette élection. Ils veulent avoir un scrutin propre et honnête. Et en même temps, ils sont devenus plus exigeants vis-à-vis du pouvoir. »

    Pour autant, les spécialistes ne s’attendent pas à un taux de participation plus élevé que lors des précédentes consultations. La large domination des partis pro-occidentaux dans les sondages y est pour beaucoup, selon le sociologue Andreï Bytchenko. « Pour une partie des électeurs, le plus important, c’est que de nouvelles forces politiques s’imposent. Or, ils savent d’ores et déjà que ce sont ces nouvelles forces qui vont s’imposer. Après, que ce soit le Bloc du président Porochenko ou le Front populaire du Premier ministre Iatseniouk, ça ne fait pour eux aucune différence. Et c’est pourquoi le taux de participation risque de baisser. »

    • Une étape importante dans le renouvellement du pouvoir

    En acceptant de convoquer ces législatives anticipées,  le gouvernement a répondu à l'une des attentes des manifestants de l'hiver dernier, explique Volodymyr Fessenko, politologue du centre Penta à Kiev : « Cette élection est une étape importante dans le renouvellement du pouvoir après Maïdan. En réalité, ce scrutin se déroule parce que ces législatives anticipées étaient une demande des manifestants de la place de l’Indépendance. Mais il était impossible de tout changer immédiatement. Avant d’organiser ces législatives, il a d’abord fallu élire un président. »

    Derniers préparatifs dans un bureau de vote à Kiev, ce samedi. REUTERS/Valentyn Ogirenko

    Et de continuer : « Le deuxième point important, c’est que ces élections se déroulent dans un contexte de guerre. La guerre dans l’est pèse sur ce scrutin. Le thème principal de cette campagne, c’est le thème de la guerre et de la paix au sens large, avec des questions du type : quelle relation faut-il avoir avec la Russie ? Que faire avec le Donbass ? Plusieurs partis comptent dans leurs rangs des candidats qui sont considérés comme des héros de guerre. Ils figurent dans les 5-10 premières places sur les listes. C’est une façon d’utiliser l’élan patriotique de la population à des fins électorales. »

    •  Les attentes des réfugiés du Donbass

    Si le contexte est délicat, c'est parce que la guerre bat toujours son plein dans les régions séparatistes de Donetsk et Lougansk, dans l'est russophone du pays. En dépit d’un cessez-le-feu signé au début du mois dernier, les combats se poursuivent. Selon l'ONU, les hostilités ont fait plus de 3 700 morts depuis le mois d'avril. Rien que pour le Donbass, depuis le début du conflit, 430 000 habitants ont fui la région pour s’installer ailleurs en Ukraine, selon le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). Ils sont plus de 824 000 dans toutes les régions secouées du pays depuis le début de l'année. Une partie d’entre eux se sont retrouvés dans la capitale ukrainienne. Nos envoyés spéciaux en ont rencontré dans un café du centre-ville. Oksana, ancienne chef d'entreprise, échange les dernières nouvelles avec un couple de réfugiés de Donetsk.

    «Où sont les députés criméens?», interroge cet habitant de la péninsule réfugié à Kiev, devant le Parlement le 5 juin dernier lors d'une manifestation. AFP PHOTO/ SERGEI SUPINSKY

    Elle-même a quitté la capitale du Donbass, qui est aux mains des séparatistes, en juin dernier. Reconvertie dans l’aide aux réfugiés, elle constate amèrement que l’Etat ukrainien ne fait rien pour accueillir dignement ces dizaines de milliers de personnes. Pour elle, l’élection d’un nouveau Parlement n’arrangera aucunement les choses. « Aucun des partis politiques n’a consacré une seule ligne de son programme à l'intégration des 4 % de la population d’Ukraine qui ont dû fuir leur région, déplore Oksana. Or, ces gens vivent dans la précarité et cette absence de perspective a même poussé certaines personnes à rentrer. Elles développent alors un sentiment de haine vis-à-vis du gouvernement ukrainien et ça, c’est très dangereux. »

    Dans l'assistance, Guennadi aussi regrette que l’Etat ne tienne pas ses engagements. Dirigeant d’une entreprise dans les nouvelles technologies à Donetsk, il n’a pas encore retrouvé d’emploi à Kiev. Mais il votera quand même pour un parti proche du pouvoir : « J’aimerais qu’au Parlement, on ait enfin une majorité constitutionnelle pro-ukrainienne, parce que sans ça, il est impossible de transformer le pays. On a vu où nous a menés la majorité pro-russe. »

    • Une carte électorale chamboulée par la guerre

    La domination attendue des partis pro-européens est une conséquence de la guerre. Près de cinq millions d'électeurs ne pourront en effet pas voter dimanche. Cela concerne les habitants de la péninsule de Crimée, rattachée à la Russie depuis mars, mais aussi les personnes résidant dans les zones contrôlées par les séparatistes du bassin minier du Donbass. Nul doute : le conflit va contribuer à redessiner complètement la carte électorale de l'Ukraine, comme l'explique le politologue Volodymyr Fessenko : « La moitié des électeurs du Donbass, et peut être même plus, ne pourra pas voter à cette élection. Le résultat, c’est que l’ancien parti au pouvoir, le Parti des régions, a perdu au moins la moitié de ses électeurs. »

    « Formellement, précise M. Fessenko, ce parti ne prend pas part au scrutin, mais ses anciens membres se sont regroupés au sein d’autres formations en lice. Néanmoins, on peut dire sans même attendre le résultat que les forces politiques liées à Maïdan, qui soutiennent une intégration européenne pour l’Ukraine, décrocheront une écrasante majorité de mandats. Avant, on avait quasiment une parité entre les forces politiques pro-russes et pro-ukrainiennes. Et celui qui remportait l’élection était celui qui avait réussi à séduire l’Ukraine centrale. Mais aujourd’hui, le rapport de forces a changé. Aujourd’hui, il penche en faveur des forces pro-européennes. »

    • Le Donbass, bien loin de se préoccuper du scrutin

    A Donetsk, un hommage a été rendu ce samedi, aux soldats tombés durant les combats contre l'armée ukrainienne. REUTERS/Maxim Zmeyev

    Dans l'est du pays, les séparatistes ont décidé d'organiser leurs propres élections le 2 novembre prochain. En attendant, samedi 25 octobre à Donetsk, on rendait hommage aux soldats tombés durant les combats contre l'armée ukrainienne. Notre envoyé spécial sur place, Laurent Geslin, y était, malgré un vent glacial soufflant sur l'esplanade de l'immense monument dédié aux libérateurs du Donbass (en 1943 durant la Seconde Guerre mondiale). Sur l'estrade, Alexander Zakharchenko, Premier ministre de la République populaire autoproclamée de Donetsk, a honoré la mémoire des combattants : « La victoire ne sera pas facile, il nous faudra payer un prix élevé, mais elle arrivera. Elle est venue en 1945, elle viendra aussi maintenant. »

    Katia, 19 ans, est elle aussi venue se recueillir. Elle ne votera pas pour les élections ukrainiennes, mais elle se prépare pour le scrutin organisé dans une semaine à Donetsk par les séparatistes. « Cela m'est égal, ce qui se passe en Ukraine. Ce qui m'importe, c'est que ma terre connaisse l'ordre et la paix. Je soutiens les élections, j'y participerai de toutes les façons que je peux », affirme-t-elle. Les dirigeants séparatistes se présentent comme des démocrates. Mais dans les rues de Donetsk, on croise plus d'hommes en armes que de civils. Les magasins, les restaurants et les banques sont fermés. La ville semble se recroqueviller pour une longue hibernation.


    ■ ENTRETIEN

    Florent Parmentier, maître de conférence à Sciences Po Paris, auteur en 2014 de Les chemins de l’Etat de droit. La voie étroite des pays entre Europe et Russie (édition Presses de Sciences Po, 2014). Voir son blog en cliquant ici.

    Quel sens ont ces élections alors que des millions de personnes ne pourront pas voter ? En quoi le scrutin peut-il faire évoluer les relations entre Kiev et Moscou ? Dans une Ukraine minée par la corruption, l'arrivée probable de députés issus de la société civile pourra-t-elle changer la donne ? Si le parti du président Porochenko doit former une coalition avec les nationalistes opposés à tout compromis avec Moscou, cette coalition peut-elle vraiment aider à un règlement politique de la crise ?

    Florent Parmentier, maître de conférence à Sciences Po Paris, sur RFI samedi 25 octobre 2014 26/10/2014 - par Chantal Lorho Écouter

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