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    Europe

    «L'Allemagne a gagné en poids avec la chute du Mur»

    media Une ouverture dans le Mur de Berlin à côté de la Porte Brandebourg, le 21 novembre 1989. AFP

    L’Allemagne est aujourd’hui la première puissance économique de l’Europe. La réunification est-elle directement ou indirectement responsable de cette situation ? Quel bilan économique vingt-cinq ans après la promesse d’Helmut Kohl d’un avenir meilleur à ses compatriotes ? Anne-Marie Le Gloannec, politologue et professeure à l’Institut d’études politiques de Paris, est l'invitée de RFI.

    RFI : Dans tous les livres d’histoire, c’est la chute du Mur qui marque la fin d’un monde divisé en deux camps. Avant de voir en quoi elle a modifié l’ordre géopolitique mondial, pourquoi en est-on arrivé là ? Est-ce que le bloc soviétique et surtout les Russes n’avaient finalement pas d’autres choix ?

    Anne-Marie Le Gloannec : On peut toujours dire que les Soviétiques avaient d’autres choix. Gorbatchev aurait très bien pu maintenir le pouvoir par la force et recourir aux militaires comme lui demandait Erich Honecker en octobre 1989. Donc des choix il y en a toujours, des choix multiples. Eût-ce été le bon choix, l’URSS ne serait-elle pas tombée minée de l’intérieur de toute façon quelques années après ? Toute la question est là.

    Donc c’est difficile à dire. Le bloc soviétique était en décomposition, miné de l’intérieur pour différentes raisons et notamment essentiellement économiques, puisque jamais des réformes n’avaient été introduites par crainte précisément, de mettre à bas le communisme, l’idéologie communiste. Donc il y avait effectivement des éléments de décadence profonds. Est-ce que la RDA et le bloc de l’Est auraient pu durer jusqu’en 1999 ou 2009 ? Point d’interrogation.

    Qu’est-ce qui a changé après le 9 novembre 1989 ? Quelles conséquences dans les relations internationales ?

    Les conséquences dans les relations internationales sont considérables ! Mais elles se combinent avec des facteurs extrêmement multiples. D’une part, il y a évidemment la réunification de l’Allemagne. Il y a d’une façon générale la transformation de la carte européenne. On assiste à une modification de la carte européenne telle qu’elle était issue non seulement de la Seconde Guerre mondiale, mais de la Première Guerre mondiale, avec le « Divorce de velours » en Tchécoslovaquie, la fin de l’URSS telle qu’elle était issue de l’après-Première Guerre mondiale, mais aussi la désintégration violente de la Yougoslavie.

    Mais d’une façon générale, on peut dire que cette transformation de la carte, hormis la Yougoslavie – et c’est tout à fait dramatique – mais hormis la Yougoslavie, cette transformation se fait de façon paisible. Alors qu’actuellement on voit au Moyen-Orient le renversement de la carte géopolitique issue de la Première Guerre mondiale précisément, et qui a lieu dans une violence extrême. Donc on a deux cas de figure différents.

    Outre les pays du bloc de l’Est, est-ce que cela a donné une impulsion à d’autres pour s’affranchir d'une domination, en tout cas changer l’ordre des choses ?

    Tout le bloc de l’Est effectivement s’est transformé. Mais ailleurs, est-ce que ça a donné une véritable pulsion ? Je ne pense pas qu’on puisse le dire véritablement. Ce qu’il y a, l’une de conséquences complexes et non pas directes de la chute du Mur, c’est la reconstitution d’une Russie impériale avec un discours extrêmement critique vis-à-vis de l’Ouest, qui aurait traité la Russie en vaincue avec beaucoup de mépris. Est-ce qu’on aurait pu s’y prendre autrement ? Marginalement probablement, mais non pas de façon extraordinaire. On ne peut pas dire que Poutine soit la conséquence de 1989, mais il en a beaucoup profité. Il a utilisé – il utilise – le mythe de la défaite de l’URSS en 1989 plutôt de la manière dont elle aurait été traitée par l’Occident.

    Aujourd’hui quand on voit les Etats-Unis, l’Europe, sans cesse opposés - en tout cas aux Nations unies - à la Chine, à la Russie, on est tenté de dire que finalement les oppositions sont toujours extrêmement fortes. Hier, Mikhaïl Gorbatchev estimait que le monde était au bord d’une « nouvelle guerre froide ». C’est aussi votre opinion ?

    Nouvelle guerre froide… Il ne faut jamais utiliser les mêmes concepts. On est dans une situation catastrophique. Et cette catastrophe – si l’on peut dire – les défis sont extraordinaires. Ils viennent de la Russie de Vladimir Poutine et ils viennent du Moyen-Orient. On a des défis extraordinaires… Enfin du Moyen-Orient, voire de la Libye. Il y a une ère d’insécurité là, qui est extraordinaire.

    Quel rôle a joué la chute du Mur dans la place de l’Allemagne aujourd’hui, sur la scène internationale ?

    Un rôle évidemment incontestable. L’Allemagne s’en est trouvée agrandie en quelque sorte, évidemment territorialement, mais elle a gagné en poids. Elle a eu des chanceliers pas tous extraordinaires, mais quand même d’une façon générale qui ont laissé quelque chose dans l’histoire. Heureusement que l'on a Angela Merkel pour diriger une politique, pour impulser une politique vis-à-vis de la Russie. C’est le principal pays en Europe. Ce n’est pas la conséquence unique, la seule conséquence de la chute du Mur ; il y a un autre facteur qui joue, c’est évidemment l’abaissement de la France.

    Pourtant l’Allemagne reste assez réfractaire, notamment aux politiques d’intervention militaire commune. Est-ce qu’elle est prête à évoluer sur cette question ?

    Il y a des éléments en ce sens, des discours pour l’instant. Tout commence par des discours en Allemagne, des débats publics… C’est une démocratie qui est vivante. Cela dit, je soulignerais volontiers que les défis actuels ne se résolvent pas tous seuls de façon militaire.

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