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    Consultation en Catalogne: «le gouvernement espagnol a la légalité pour lui»

    media Le président nationaliste catalan Artur Mas face à la presse, après la clôture du scrutin, le 9 novembre 2014. REUTERS/Gustau Nacarino

    Dimanche 9 novembre 2014 en Catalogne, près de la moitié des électeurs de la région espagnole ont dit « oui » à l’Indépendance à une très large majorité, plus de 80% des voix. Mais cette consultation n’a pas de valeur juridique. Madrid a privé Barcelone d’un véritable référendum d’autodétermination, ce qui n’empêche pas d’ailleurs le président de la région Artur Mas, initiateur de ce vote, de revendiquer un succès complet. Barbara Loyer, professeur à l’Institut français de géopolitique de l’Université Paris VIII, est l'invitée de RFI.

    RFI : Quel est l’enseignement majeur du vote de la consultation de dimanche ? Son résultat ou simplement sa participation ?

    Barbara Loyer : D’abord la participation, ils auraient préféré qu’elle soit encore plus importante puisque c’est plutôt un gros tiers qu’une moitié des gens qui avaient le droit de voter, puisqu’ils voulaient que puissent voter plus de 5 millions des résidants de plus de 16 ans. Et ils avaient même autorisé les étrangers à voter aussi. Donc en fait ils s’attendaient à plus de voix que ça. C’est-à-dire que plus de la moitié, ce n’est pas exactement le cas. Cela représente quand même une grosse mobilisation.

    L’enseignement c’est que la partie des Catalans mobilisés pour obtenir cette indépendance est extrêmement bien organisée et vraiment efficace. C’est une volonté de démocratie dans la rue et par la mobilisation des volontaires, pour faire voter tout le monde avec évidemment le soutien de la Generalitat [l'organisation politique de la communauté autonome de Catalogne, ndlr]. C’est vrai que cela révèle une polarisation de la société parce qu’on a une très importante partie de la population qui se mobilise pour l’obtenir.

    Est-ce que justement, au vu de ces différents chiffres, aujourd’hui Madrid reste en mesure de freiner la volonté d’Indépendance, sinon du moins d’organiser un référendum ?

    Madrid a la Constitution de son côté. Cette consultation qui a eu lieu est plutôt une grande enquête parce qu’il n’y avait pas non plus de recensement clairement établi. Les Catalans qui étaient dans d’autres régions d’Espagne n’étaient pas censés pouvoir voter. Sauf que comme il n’y avait pas un recensement clairement établi, on votait selon son adresse. Donc on pouvait en fait avoir une carte d’identité avec une adresse en Catalogne tout en étant à Madrid et voter quand même.

    Du point de vue légal, on ne pouvait pas se baser sur ce résultat. Il démontre une mobilisation, mais du point de vue légal on ne peut pas en tenir compte. Pareil pour les étrangers. On ne sait pas exactement ceux qui avaient vraiment le droit de résidence, qui a voté… Tout ça est quand même très, très flou.

    Donc le gouvernement espagnol a quand même la légalité pour lui et d’autant plus que l’argument pour l’instant, si jamais ils allaient dans le sens d’une reconnaissance de la possibilité d’un référendum, il n’est pas exclu à ce moment-là qu’on ait une mobilisation beaucoup plus forte de l’autre partie des Catalans, qui peuvent être catalanistes, mais qui ne veulent pas une séparation de l’Espagne, et une polarisation bien plus grande encore de la société qu’on ne l’observe depuis quelques années et un risque de désordre.

    Quand ils disent qu’ils défendent l’ordre constitutionnel, ils peuvent dire aussi qu’ils défendent l’ordre tout court. Moi je le vois vraiment comme une opération de communication. Et notamment à l’international, pour essayer aussi de diffuser une sorte d’opinion publique internationale qui verrait comme une évidence cette forme de revendication démocratique, alors qu’elle est loin d’être simple et évidente, parce que vous avez une très grosse partie de la population qui ne s’est pas déplacée, qui ne s’est pas exprimée.

    En tout cas la presse ce lundi matin à Madrid se prononce pour une reprise de contact, une reprise du dialogue ?

    Oui, parce que vous avez aussi pas mal d’Espagnols ou de partis espagnols ou d’intellectuels, qui pensent qu’il faut le faire, ce référendum, comme ça on en sortira. Il y a une possibilité non négligeable comme en Ecosse, que les partisans du maintien dans le sein de l’Espagne l’emportent. Parce que vous avez beaucoup de socialistes catalanistes par exemple, qui ne voteraient pas forcément indépendantiste ou pour une séparation, parce que vous avez toute une partie des milieux des entrepreneurs qui sont quand même vraiment sur la réserve. Parce que les liens entre la Catalogne et l’Espagne, notamment les liens économiques sont quand même extrêmement étroits.

    La Catalogne c’est quand même une des régions les plus endettées d’Espagne. C’est celle qui fait le plus massivement appel au fonds espagnol pour justement payer les fournisseurs quand la Generalitat ne peut pas les payer, pour payer les dettes de la Catalogne… Enfin si voulez, il y a quand même pour l’instant en matière de dettes et de crise économique, des liens qui se sont vraiment resserrés en coulisse, on va dire du point de vue économique. Et les caisses d’épargne catalanes sont aussi dépendantes de leurs marchés en Espagne. Si vous voulez, ce ne serait absolument pas simple d’un point de vue économique...

    De se séparer malgré tout ? Le président de région garde un discours très déterminé. Il parle d’un succès complet pour les indépendantistes. On est très loin de l’analyse de Madrid.

    Il joue forcément son avenir politique. Il ne peut pas dire que c’est un succès. D’autant plus que les prochaines élections autonomiques, il en fera un référendum aussi. Chaque élection sera une forme de nouveau référendum ou sera interprétée comme une forme de référendum. Artur Mas ça fait trois, quatre ans qu’il joue son avenir politique là-dessus. Donc c’est très difficile pour lui de revenir maintenant en arrière, d’arrêter le processus parce qu’il n’est pas sûr de le perdre non plus. On est dans une vraie partie de bras de fer.

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