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    Europe

    Réformes économiques: «l’Allemagne s’inquiète pour la France»

    media Pour Bernard de Montferrand, photographié ici en 2007 alors qu'il était ambassadeur de France à Berlin, estime que la France doit poursuivre ses réformes économiques. AFP PHOTO BARBARA SAX

    La semaine dernière, la chancelière allemande Angela Merkel a épinglé les « réformes insuffisantes » de la France. Elle estime que les exigences de Bruxelles, qui attend des mesures supplémentaires, sont justifiées. Réponse du ministre français des Finances, Michel Sapin : « La France ne fait pas des réformes pour plaire à tel ou tel dirigeant européen ». Bernard de Montferrand était ambassadeur de France à Berlin entre 2007 et 2011. Il analyse pour RFI cet échange franco-allemand.

    RFI : Est-ce que cet échange entre Paris et Berlin marque une réelle crispation ?

    Bernard de Montferrand : Je crois que, comme toujours, les relations franco-allemandes sont extrêmement solides et fortes, puisqu’on a une interdépendance économique et politique extrêmement forte. Simplement aujourd’hui, il y a des grandes difficultés. Pourquoi ? Parce qu’il y a un déséquilibre profond, un peu l’inverse de ce qui existait en 2000. En 2000, la France était en bonne santé, avait une bonne compétitivité, avait une balance commerciale équilibrée, aujourd’hui, c’est l’inverse. A l’époque, c’est l’Allemagne qui ne marchait pas bien, et qui a dû faire des tas de réformes. Mais grâce à ces réformes, le pays a une excellente position en Europe. Nous, nous sommes aujourd’hui dans une position de faiblesse vis-à-vis de l’Allemagne et cela n’est pas bon pour le dialogue entre les deux pays.

    Quand on nous dit ‘c’est un diktat allemand’ ou je ne sais quoi, ce n’est absolument pas le cas, c’est du bon sens économique. On ne peut plus continuer à dépenser l’argent que l’on n’a pas dans le domaine social, dans le domaine budgétaire. Cela met en cause l’existence même de nos bons équilibres.

    Un porte-parole du gouvernement allemand a annoncé que « Berlin avait des contacts étroits avec le gouvernement français et soutenait les réformes du président Hollande ». Est-ce que l’on doit y voir un rétropédalage ?

    Je ne crois pas. Je crois que les Allemands sont très inquiets. En Europe, quand il n’y a pas une bonne coordination, une bonne entente, un bon dynamisme franco-allemand, on ne peut rien faire. Et là, les Allemands se disent : ‘si les Français continuent à avoir tous leurs comptes en déficit, une croissance zéro, et un chômage élevé, … il y a un risque que les marchés disent : ces gens-là ne sont pas sérieux, on va leur faire payer ce manque de sérieux puisqu’ils ne répondent jamais à ce qu’ils doivent faire’.

    A ce moment-là, il risque d’y avoir une crise extraordinairement grave et qui, par conséquent, touchera l’Allemagne. C’est pour cela, je crois, que nous avons intérêt, et le gouvernement en a pris tout à fait conscience, qu’il faut aller dans le sens des réformes. Mais aujourd’hui, à chaque fois que l’on veut diminuer les dépenses publiques, on nous dit que l’on est Attila parce qu’on veut détruire le système social ou que l’on est Laval parce que l’on veut faire de la déflation. Or si c’était ça, la France serait la championne d’Europe puisque nous avons les plus fortes dépenses publiques de toute l’Europe et les résultats les moins bons.

    Le problème, ce n’est pas de faire des économies mais de trop dépenser, ce qui met en danger à la fois notre situation, notre système social, et en même temps la stabilité de l’Europe. Et ce n’est pas bon. On va dans la bonne direction, mais on devrait en faire beaucoup plus. On a pris des engagements. Ces engagements ne sont pas anti-démocratiques, ce ne sont pas des diktats étrangers : le président Sarkozy a signé le traité, le président Hollande l’a ratifié.

    Nous sommes dans un club, il faut que l’on respecte les règles. Or cela fait trois fois de suite que nous ne respectons pas ces règles, ce qui, évidemment, mine notre crédibilité de façon extrêmement grave. Et à cause de tout cela, on n’a pas le poids aujourd’hui pour faire des propositions… On devrait s’occuper de beaucoup d’autres choses en ce moment en Europe : de la politique commune de l’énergie, de faire exister la France et l’Allemagne, mais aussi l’Europe, dans le domaine du digital. L’Europe est un vide absolu dans ce domaine, comme dans celui de l’industrie de défense...

    Vous regrettez en fait les fausses querelles qui masquent les vrais débats ?

    Mais c’est un vrai débat ! Est-ce que la France a envie de s’adapter au monde d’aujourd'hui, au lieu de dépenser l’argent que l’on n’a pas, de distribuer des revenus que l’on n’a pas ? Depuis 14 ans en France, les salaires ont augmenté plus vite que la productivité des entreprises. C’est extraordinairement grave parce que ça veut dire que les entreprises ont des marges qui diminuent, investissent moins, créent moins d’emplois et comme il y a trop de dépenses publiques, elles ont des charges qui pèsent essentiellement sur les salaires. L’économie française est donc alourdie par toutes ces charges et n’avance plus.

    Les critiques de la chancelière allemande visaient aussi bien Paris que Rome. Le ministre français a épinglé, en réponse, la baisse de la natalité allemande, un système défavorable aux mères qui travaillent. Rome de son côté regrette l’insuffisance des investissements. Est-ce que ces critiques en réponse sont fondées ?

    Je ne crois pas que l’on puisse critiquer son voisin pour des raisons démographiques. Si les Allemands sont très précautionneux sur les questions de leur tête, c’est parce qu’ils savent effectivement qu’ils font moins d’enfants, et que donc, ils pourront moins transférer la dette à leurs successeurs. Cela explique en grande partie cette affaire. Ils ont une politique de la famille qu’ils essaient d’améliorer et ils n’y arrivent pas. Mais je ne crois pas que l’on puisse se reporter sur la démographie allemande de nos insuffisances.

    Aujourd’hui le budget de l’Etat français est en déficit de 90 milliards d’euros ! Les Allemands regardent ça en disant 'on ne comprend pas'… Comment se fait-il que l’économie française puisse vivre avec des déficits pareils alors que les déficits sociaux allemands sont les mêmes ? La France a pratiquement les dépenses sociales les plus élevées d’Europe avec une efficacité qui est une des moindres. On s’aperçoit que dans tous les indices, que ce soit dans la santé ou dans l’éducation, nos résultats diminuent.

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