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    Europe

    Le coup anti-Gülen, une illustration de l'état de la presse en Turquie

    media Ekrem Dumanli, directeur de publication du quotidien turc «Zaman», a défié la police en direct à la télévision ce dimanche, avant d'être arrêté. REUTERS/Murad Sezer

    Au moins 27 personnes ont été arrêtées, dimanche 14 décembre en Turquie, au cours d'un vaste coup de filet ciblant les proches du prédicateur religieux Fethullah Gülen, grand adversaire du président Erdogan exilé aux Etats-Unis. Parmi les personnes arrêtées, beaucoup de journalistes liés au groupe de presse Zaman, proche de l'imam devenu la bête noire de Recep Tayyip Erdogan, après avoir été son allié. Les locaux de la chaîne de télévision Samanyolu ont également été perquisitionnés. Trois suspects ont été relâchés, mais au lendemain des faits, les réactions sont épidermiques dans le pays comme à l'étranger.

    Pour le leader de l'opposition, Kemal Kiliçdaroglu, la Turquie fait face à un « coup d’Etat civil ». Un bon exemple des réactions extrêmement virulentes observées dans le pays après la vague d'arrestations de dimanche.

    Au lendemain des faits, notre correspondant en Turquie Jérôme Bastion dresse un florilège des commentaires négatifs lus ou entendus sur place au sujet du pouvoir et de ses méthodes : « Etat policier », « pratiques fascisantes », « le pays va droit à la catastrophe », un « point de non-retour pour l’AKP », du nom du Parti de la justice et du développement du président Erdogan, et même : « Hitler aussi avait commencé ainsi ».

    « Rendre des comptes devant le peuple tôt ou tard »

    Les déclarations, hormis dans la presse pro-gouvernementale - qui jure que la procédure n’a rien à voir avec un délit d’opinion -, sont donc sans appel après ce « jour noir pour la démocratie », comme le titre le journal Zaman, au cœur du coup de filet.

    Une foule en colère s'est pressée, dimanche, devant les locaux du journal d'opposition «Zaman», dont les responsables ont été arrêtés. AFP/Ozan Kose

    Certes, personne n’est vraiment dupe au sujet de l’engagement démocratique de ce groupe de presse qui, alors qu’il était encore allié à l’AKP de M. Erdogan, ne se privait d’aucune campagne de diffamation contre les ennemis d’hier de ce dernier. Mais tous soulignent ici la nécessité vitale de défendre dans le pays ce qui peut encore l’être, en matière de libertés fondamentales et notamment de liberté de la presse.

    Car l’état des lieux est particulièrement préoccupant, relate notre correspondant. La virulence des propos du Premier ministre, dimanche en fin d’après-midi, n’a échappé à personne. Ahmet Davutoglu a en effet prévenu, en agitant son index dans l’air, que « quiconque s’attaquerait au gouvernement devrait rendre des comptes devant le peuple tôt ou tard ». Une déclaration qui n’augure rien de bon, dans ce pays où la liberté de la presse est la plus gravement bafouée au monde.

    « Coudées franches pour décupler sa politique de répression »

    « Cette opération avait été annoncée il y a quelques jours par un compte Twitter généralement bien informé sur les opérations policières que mène l'Etat turc, précise le secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes, Ricardo Gutierrez. On était préparé, on s'y attendait, et finalement ce n'est pas une première, puisque la Turquie s'est illustrée comme étant le pays au monde qui détenait le plus de journalistes en prison. Il y avait plus de journalistes emprisonnés il y a un an en Turquie qu'en Iran ou en Chine, pour donner des exemples assez percutants. »

    Une journaliste tient une pancarte où l'on peut lire: «Un média libre ne peut rester silencieux», au siège du journal «Zaman», dimanche 14 décembre 2014. REUTERS/Murad Sezer

    Et de donner son sentiment sur l'évolution de la situation à Ankara : « On a l'impression que la victoire de M. Erdogan à la présidentielle lui a donné les coudées franches pour décupler sa politique de répression à l'égard de la presse libre et indépendante.

    On sait que le journal et la télévision qui ont été visés sont proches d'un opposant, Fethullah Gülen, mais ce n'est pas une raison ! Que l'on soit opposant ou pas, la presse libre et indépendante est une donnée de tout Etat démocratique. Et là, c'est un Etat qui s'est illustré, ces dernières années, par la répression de la presse. »


    ■ RÉACTIONS INTERNATIONALES

    Dimanche, dans un communiqué signé par la porte-parole du département d'Etat américain Jennifer Psaki, les Etats-Unis ont exhorté la Turquie, membre de l'Otan, à respecter la liberté de la presse, l'indépendance de la justice et ses « fondations démocratiques ». « La liberté de la presse, le respect de la procédure et l'indépendance de la justice sont des éléments fondamentaux dans toutes les démocraties saines et sont consacrés dans la Constitution turque », rappelle la diplomatie américaine. Mme Psaki ajoute : « En tant qu'amis et alliés de la Turquie, nous pressons les autorités turques de faire en sorte que leurs actions ne violent pas ces valeurs clés et les propres fondations démocratiques de la Turquie. »

    Deux hauts responsables de l'Union européenne ont également pris position dans un communiqué, estimant que les arrestations de journalistes survenues en Turquie dimanche étaient contraires aux « valeurs standards » européennes que la Turquie, qui aspire toujours à rejoindre l'UE, est censée respecter. Les opérations de police constatées sont « incompatibles avec la liberté de la presse », écrivent conjointement la chef de la diplomatie de l'Union Federica Mogherini et Johannes Hahn, commissaire chargé de la Politique européenne de voisinage et des Négociations d'élargissement. Les deux responsables de l'UE, qui se sont rendus en Turquie début décembre, appellent au respect de la présomption d'innocence et à « une enquête transparente et indépendante », respectant « les droits des accusés ».

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